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29/09/19 | 17 h 43 min par Nina Pareja

La Chine et le marché du prélèvement forcé d’organes

Le pays est régulièrement accusé de pratiquer le prélèvement d’organes sur ses prisonniers et prisonnières.

Une table d'opération | sasint via Pixabay
Une table d’opération | sasint via Pixabay

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Lors d’un événement réunissant les enfants de victimes de prélèvement forcé d’organes en Chine, Yan Lu témoigne de la découverte du corps de son père: «Il y avait des points au niveau de sa gorge, réalisés avec du fil noir très épais. L’incision se prolongeait mais était couverte par ses vêtements.» En voyant les sutures, elle réalise que les organes de son père ont été prélevé suite à sa mort dans une prison chinoise, et cela sans son constentement, indique le magazine américain Quartz.

Le père de Yan Lu est mort en 2004, depuis, le gouvernement chinois s’est engagé à arrêter de prélever des organes sur les prisonnier·es exécuté·es (2015). Cependant, des éléments prouvent l’inverse insiste quartz. Il y a beaucoup plus de transplantations nécessaires que de donneurs et donneuses, laissant place à un immense marché macabre.

En juin, le China Tribunal, une organisation indépendante de lutte contre le prélèvement forcé d’organes, a montré que certain·es prisonnièr·es issu·es de minorités religieuses en Chine étaient victimes de vol d’organes –parfois même de leur vivant. En 2013, des spécialistes estimaient que 65.000 membres de la communauté spirituel des Falunn Gong avaient été assassinés pour leurs organes en douze années. Il est très probable que de nombreux Ouigours et tibétains aient subi le même sort.

«Une des pires atrocités de masse de ce siècle»

Au mois de septembre 2019, un avocat membre du China Tribunal, Hamid Sabi, a demandé au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH), d’enquêter sur le sujet: «Une victime pour une victime et un mort pour un mort, prélever les cœurs et autres organes sur un être vivant, inoffensif et pacifique constitue l’une des pires atrocités de masse de ce siècle.»

En Chine, la récolte d’organes grossit un marché global d’un milliard de dollars -un foie sain peut être vendu jusqu’à 160.000 dollars. Avec une grande réserve d’organes, la Chine attire également les étrangers qui voient leur délai d’attente se réduire drastiquement.

Une seule solution pour David Kilgour, auteur d’un rapport sur le trafic d’organes paru en 2016: bannir le «tourisme d’organes» en suivant l’exemple de nombreux pays qui ont interdit à leurs ressortissants d’aller en Chine pour bénéficier d’une transplantation.