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27/06/19 | 18 h 31 min

LA CHINE et les terres à blé françaises : Le propriétaire chinois de presque 2000 hectares de terres agricoles dans l’Indre et de 900 hectares dans l’Allier en faillite …

Mais finalement rien de tout cela ne s’est produit. Car Reward (« Luowa » en chinois), fondé en 1995 et spécialisé à l’origine dans le lait maternisé et les produits d’entretien, a été mis en faillite le 13 mai, selon un avis publié en ligne le 2 juin sur le registre chinois des faillites consulté par l’AFP.

La Chine convoite des fermes dans l’Allier

En janvier, l’agence de notation financière Fitch avait déjà tiré la sonnette d’alarme, expliquant que Reward avait été dans l’incapacité de s’acquitter d’une dette de 300 millions de yuans (38 millions d’euros) début décembre, alors qu’il assurait disposer fin septembre de… 4,15 milliards en numéraire (530 M EUR).

Fitch déplorait au passage l’opacité entourant les comptes des firmes chinoises, la non-publication d’informations « pertinentes » et des audits notoirement incomplets…

Du pain au pays du riz

Et Monsieur Hu, qui annonçait à l’AFP il y a un an environ vouloir ouvrir 1.500 boulangeries en Chine en cinq ans, approvisionnées en farine française, n’a finalement ouvert que trois boutiques « Chez Blandine » à Pékin. Et elles ont déjà fermé, d’après Dianping.com, principal site de référencement de commerces et services.

« Il y a un réel attrait pour la France parce que les produits sont bons, jouissent d’une bonne image. Ils veulent les importer en Chine mais sans doute vont-ils trop vite pour se faire une part de ce marché très concurrentiel », analyse Jean-Marc Chaumet, agro-économiste et spécialiste de la Chine à l’Institut de l’élevage.

 

Avant Reward, il y avait eu le fiasco du lait. Synutra, numéro trois de la nutrition infantile en Chine, avait retiré tous ses pions l’an dernier, plongeant dans les difficultés ses partenaires, le groupe coopératif normand Les Maîtres laitiers du Cotentin et la coopérative bretonne Sodiaal, qui a dû reprendre le site construit par le Chinois à Carhaix (Finistère).

« On ne peut toutefois pas généraliser », insiste Jean-Marc Chaumet, car il y a « une volonté chinoise d’investir dans l’agroalimentaire à l’étranger » et ça peut aussi « très bien se passer » comme dans le cas de l’usine financée au tiers par le hongkongais H&H (propriétaire des laits infantiles Biostime) avec la coopérative normande Isigny-Sainte-Mère.

Quel sort pour les fermes en France ?

Le groupe chinois n’était pas joignable mardi pour répondre à des questions sur le sort de ses actifs à l’étranger. Reward possède aussi une usine de cosmétiques aux Etats-Unis et un fabricant de produits à base de lavande dans la Drôme, le Châtelard 1802.

Dans les fermes françaises de Hu Keqin, l’activité semble suivre son cours. Dans l’Allier, rien n’a changé, le travail dans les champs est toujours effectué par les anciens employés, selon la mairie de Thiel-sur-Acolin et un agriculteur du coin.

Pourquoi la Chine s’intéresse à l’Auvergne

Dans la Drôme, les actionnaires familiaux historiques du Châtelard 1802 ont claqué la porte en septembre. Car « rien de ce qui avait été évoqué à l’époque en matière d’investissements dans l’outil de production, le développement de la gamme ou bien encore l’ouverture de nouvelles boutiques n’a été réalisé », expliquaient alors les frères Montaud dans la presse locale.

Mais en avril, dans le quotidien régional Le Dauphiné Libéré, la nouvelle direction assurait tenir le cap: « outre le fait de continuer à développer l’export et le grand export, nous commençons à distribuer nos produits dans les canaux du groupe en Chine ».

Depuis cet épisode, l’État français a promis des verrous réglementaires pour éviter que des terres stratégiques ne passent aux mains de puissances étrangères. Mais le secteur attend toujours une loi foncière qui les mettra en place.

https://www.lamontagne.fr/moulins-03000/actualites/le-proprietaire-chinois-de-900-hectares-de-terres-agricoles-dans-l-allier-en-faillite_13592516/

image : Moissons © Pascal PROUST

Terres agricoles chinoises de l’Indre : la retentissante faillite de l’investisseur

Publié le  25/06/2019 à 17:22 | Mis à jour le  26/06/2019 à 15:41

Selon nos informations, l’activité semble suivre son cours dans les fermes indriennes de Reward.
© (Archives NR)

Le conglomérat Reward, appartenant au milliardaire Hu Keqin, avait acheté 1.700 hectares de terres agricoles dans l’Indre en 2016. Il a été mis en faillite à la mi-mai suivant une information de nos confrères de l’AFP.

© (Archives NR)

« Où s’arrêtera l’appétit agricole des Chinois ? »

La question avait été posée en février 2016 lorsque nous avions révélé les premiers achats de terres céréalières indriennes par de mystérieux investisseurs de l’Empire du milieu. La réponse vient donc d’être apportée : le conglomérat Reward appartenant au milliardaire Hu Keqin, a visiblement eu les yeux beaucoup plus gros que le ventre. La société tentaculaire spécialisée à l’origine dans le lait maternisé  et les produits d’entretien, a été mise en faillite le 13 mai dernier.

Pourquoi acheter des terres agricoles dans l’Indre ou l’Allier ? Pour fabriquer du pain, avait affirmé Hu Keqin. Le PDG de Reward annonçait l’an dernier sa volonté d’ouvrir 1.500 boulangeries de l’enseigneChez Blandine en Chine au cours des cinq années à venir, justement approvisionnées par de la farine produite dans le centre de la France. Seules trois d’entre elles avaient finalement vu le jour. Elles sont fermées depuis la mise en faillite.

Reste à savoir ce que deviendront les actifs étrangers de Reward. Personne ne semble actuellement en mesure de répondre. Rappelons que ces achats de terres agricoles avaient suscité de grosses inquiétudes sur le devenir du grenier à grains hexagonal. L’Etat français avait alors promis des verrous réglementaires pour éviter que ces terres stratégiques ne passent aux mains de puissances étrangères. Le secteur agricole attend toujours une loi foncière qui les mettra en place.

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre/terres-agricoles-chinoises-de-l-indre-la-retentissante-faillite-de-l-investisseur