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19/10/15 | 10 h 00 min

La Chine expulse des nonnes, interdit les études bouddhistes et détruit des maisons au Tibet

Les autorités chinoises ont démoli  nombre de maisons appartenant à des Tibétains,  se sont approprié leurs terres, ont interdit les études bouddhistes qui se déroulaient dans un monastère Bön et ont expulsé   une centaine de nonnes de leur nonnerie dans le Comté de Driru  situé à l’est du Tibet, afin de continuer à renforcer le contrôle chinois sur la religion tibétaine et les institutions monastiques.

« Sangye Tashi, un officiel du gouvernement local a visité la commune de Pekar dans le Comté de Driru dela Région Autonome Tibétaine (RAT) pendant 3 jours » précisait ce  9 septembre Tenzin Rabten,  Tibétain exilé   au Tibet Post International (TPI).

Des sources rapportent que « le chef du gouvernement local a expulsé  cent  nonnes tibétaines de la nonnerie Gaden Khachoeling dans la commune de Pekar du omté de Driru, où deux cents nonnes reçoivent leurs enseignements.

«Seulement 49 des  cent  nonnes restantes sont inscrites. Les 51 autres n’ont légalement pas le droit d’étudier et travaillent maintenant dans des boutiques ou des petits hôtels » déclare Rabten.

«Approximativement 26 nonnes ont été expulsées l’année dernière. Aucune nonne âgée de plus de 50 ans n’a été autorisée à rester dans la nonnerie, même si l’une d’elle était déjà inscrite, elles doivent rejoindre des maisons de retraite, » rapporte Rabten, citant des contacts présents dans la région.

«Les  cent nonnes expulsées de la nonnerie ne sont pas autorisées à voyager dans d’autres régions et sont considérées comme illégales » a informé le TPI, ajoutant que « si cela est considéré comme un acte illégal, le chef du village ou les membres de la famille pourraient être passibles d’emprisonnement, ainsi que de se voir interdire la cueillette des caterpillar fungus – « yartsa gundu en tibétain – pour une durée de trois ans ».

« Les officiels locaux ont déclaré durant leur visite du Comté qu’ils avaient déjà adopté  la réglementation selon laquelle « Toute nonne inscrite ayant plus de 50 ans n’est pas autorisée à rester dans la nonnerie », nous apprend un source anonyme.

Ngotsar Phunstokling, un très vieux monastère Bön dans la commune de Pekar a aussi été attaqué par les autorités locales. « Ils ont maintenant interdit l’étude de la philosophie bouddhique, qui préfigure la pratique méditative au monastère, où environ soixante  étudiants reçoivent de hautes études tibétaines » déclare Rabten, ajoutant que « cela cause beaucoup de douleur et de souffrances  parmi les Tibétains qui viennent étudier dont le nombre n’a cessé de grandir durant ces derniers mois ».

« Le monastère a mis en place une classe de philosophie bouddhique, qui obtient un grand succès en invitant des érudits tibétains venant de différentes localités  du Tibet, du Comté de Khyungpo par exemple, » nous apprennent des sources du TPI.

« La fermeture de monastères, d’ écoles et de nonneries n’est pas un fait nouveau dans la région. Une école de médecine tibétain construite dans le même Comté par un moine tibétain  Nyandak, en 2000, a été fermée  par les autorités chinoises en 2007 », rapportent les sources, ajoutant que « c’est aussi parce que l’école enseignait la langue  tibétain eaux jeunes Tibétains. »

« Les terres agricoles de Sentsa ou Yangshoe, d’autres communes du Comté de Driru, appartenant à des Tibétains, ont été saisies, et beaucoup de maisons appartenant à des Tibétains ont été démolies sur les ordres du gouvernement local, » nous informe Rabten, ajoutant que « les familles propriétaires des plus grandes maisons sont sujettes à de sévères critiques. »

Selon une source du TPI, « Le Gouvernement chinois a demandé aux Tibétains de reconstruire leurs maisons selon un modèle standard imposé, ils doivent également payer pour la destruction de leurs maisons.»

Les Tibétains disent que cette politique a pour but d’amener plus de Chinois dans ces régions et de renforcer le conversion du comté tibétain en comté chinois, le tout sous le joli nom de développement économique » rapportent les sources.

« En août cette année, le gouvernement local a ordonné à tous les Tibétains de porter des vêtements avec de la fourrure d’animaux sauvages et de participer au festival de courses de chevaux dans la commune de Yanshoe. Mais les Tibétains n’ont pas répondu à cet appel. En réponse, les autorités chinoise les ont forcés à porter des habits en fourrure lors du festival. » ajoute Rabten.

«Tashi, originaire du Comté de Chamdo, est responsable de la crise actuelle, ensemble avec Damchoe Rinchen, chef de la commune de Yangshoe,  ils ont averti les Tibétains que s’ils ne respectaient pas ce décret, ils seraient emprisonnés et le récolte des caterpillar fungus leur serait interdite»  rapportent  les sources du TPI.

La situation dans le comté de Dritu s’est détériorée avec la campagne de«ré-éducation patriotique» depuis la multiplication de manifestations pacifiques à travers tout le Tibet en 2008.  Les Tibétains sont arbitrairement arrêtés, sévèrement battus  et emprisonnés par les forces de police chinoises pour avoir participé à des manifestations pacifiques ou même pour avoir exprimé leur point de vue en faveur des droits de l’Homme, y compris à propos de la liberté religieuse.

Selon les sources, tous les moyens de communication, y compris Internet dans le comté et les régions alentour sont sévèrement réduits et souvent bloqués, sauf pour les bureaux et les institutions du Gouvernement chinois.

Traduction France Tibet