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14/06/15 | 7 h 41 min

La Chine ne veut pas que les Tibétains fêtent les 80 ans du Dalaï Lama

Si la Chine souhaite que le Dalaï Lama se réincarne au Tibet ( à l’opposé des inspirations du dit Dalaï Lama), elle ne souhaite vraiment pas que les Tibétains fêtent les 80 ans du « loup dans une robe de moine » ( dixit la dictature communiste ).

Par anticipation du 6 Juillet, date anniversaire du Dalaï Lama, les autorités chinoises augmentent encore d’un cran la répression des régions habitées par les Tibétains. Ainsi, elles ont fait placardé des messages prévenant de la charge politique de telles célébrations et que les rassemblements publiques sous ces augures sont interdits (quitte à contredire la constitution chinoise elle-même et à renier les engagements internationaux, NdT).

Le Dalaï Lama, bientôt âgé de 80 ans, a pris la route de l’Inde et de l’exil en 1959 à la suite de l’échec du soulèvement des Tibétains contre le pouvoir chinois. Depuis, toute détention d’une photo du leader spirituel tibétain ou la célébration de son anniversaire peut-être sévèrement puni (arrestation, torture, séances de rééducation, NdT).

Un rassemblement religieux interdit

Les autorités chinoises du Sichuan ont, quant à elles, interdit un évènement religieux qui devait durer deux semaine au sein du monastère de Jonang, dans le comté de Dzamthang (Rangtang en chinois) (préfecture tibétaine autonome de Ngaba (Aba, en chinois). Le rassemblement devait débuté le 8 juin, les moines auraient soutenu des débats religieux mais les autorités locales ont décrété l’interdiction de l’évènement.

Notons que le monastère de Jonang a déjà été la scène de plusieurs auto-immolations mettant en cause la politique de Pékin dans les régions tibétains. Depuis, le bâtiment et ses moines sont sous étroite surveillance.

Quand la répression mène à une immolation

Pour le gouverneur chinois de Tawu, séparatisme et anniversaire du Dalaï Lama vont de paire. Après des semaines de répression à l’encontre des Tibétains, Tenzin Gyatso s’immola par le feu le 21 mai 2015.

Une course hippique interdite

Dans la province de Gansu, comté de Machu, deux Tibétains sont accusés d’être les principaux organisateurs d’une course hippique tenue en l’honneur des 80 ans du Dalaï Lama.
Les autorités chinoises les ont arrêtés le 5 juin 2015 et ont annulé l’évènement.Les fonctionnaires zélés avaient menacé organisateurs et spectateurs qu’ils seraient arrêtés si l’évènement avait lieu.
Free Tibet souligne l’allergie de ces autorités (dans le sens le plus autoritaires du terme) pour les courses de chevaux puisque l’une d’elles avait déjà été interdite l’année dernière dans le sud du Tibet. Suite aux protestations locales, les autoritaires autorités avaient arrêté le chef du village et tiré sur les protestataires, faisant au moins 10 blessés graves.

Quatre moines de Labrang en détention

Le 5  juin 2015, 3 moines du monastère de Labrang ont été emprisonnés.
 Chunggey Jinpa et ses collègues, Kalsang et Jamyang, sont tous de la commune de Bora dans la préfecture tibétaine autonome de Kanlho ( province chinoise de Gansu). Nous ignorons la raison de leur arrestation et où ils se trouvents.

Des policiers en civil arrêtent un moine

Le même jour, dans un autre incident (pas indépendant puisque les bouddhismes croient à l’interdépendance de toutes choses, NdT), le moine Kalsang Monlam, aussi du monastère de Labrang, était aussi arrêté.

Les policiers chinois s’étaient rendus chez Kalsang, se présentant comme des électriciens. Après qu’ils aient inspectés son téléphone et fouillés sa maison, ils l’ont menotté et emporté. Pour autant Free Tibet ne connaît pas les raisons de l’arrestation.

Alors que les Tibétains veulent marquer les 80 ans du Dalaï Lama, des contrôles plus stricts encore sont mis en place à travers tout le Tibet (et pourtant depuis 2008 et les Jo de Pékin, la situation s’était déjà agravée, NdT ).

Comportement bannis

Dans au moins un comté, dans la préfecture tibétaine autonome de Golog ( province de Qinghaï ), une liste de comportements interdits fait force de loi. Ainsi, les autorités du comté de Pema (Banma en chinois) ont rendu public listant les « 20 points pour la Stabilité de la région. »

Parmi d’autres interdictions, les Tibétains n’ont pas le droit de scander des slogans indépendantistes, de brandir le drapeau tibétain ni de chanter ou de composer des chansons évoquant la liberté du Tibet.

Il est aussi interdit aux Tibétains d’organiser des activités liées à l’anniversaire du Dalaï Lama. Ils ne peuvent pas non plus brandir des photos du Dalaï Lama

Il s’agit bien sûr d’une piqûre de rappel, mais depuis les soulèvements de 1959, les Tibétains n’ont eu de cesse de défier les autorités d’une manière ou d’une autre, toujours selon les préceptes de non-violence. Les Chinois cherchent, eux, à éteindre cette flamme de la liberté. Plus de 50 ans que cet affrontement entre David et Goliath perdure. Les paroxysmes sont atteints des deux côtés : rééducation et tortures chinoises, auto-immolations tibétaines.

Prenez par l’action pacifique

Les Tibétains sont constamment sous surveillance et peuvent être arrếtés à n’importe quel moment. Par exemple, un homme a partagé son imagination avec un groupe :  voir le Dalaï Lama sur la surface de la lune, suite à une délation, l’un deux a été arrêté.

Si vous voulez aider, participez à des actions en faveur des Tibétains.