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26/08/15 | 13 h 53 min

La Chine prêche pour un combat sans répit face au séparatisme tibétain

Le Président chinois Xi Jinping applaudit lors de la cérémonie d’ouverture du championnat du monde d’athléthisme à Pékin, 22 août 2015. Reuters/Damir Sagolj

La décision d’accorder les Jeux d’hiver à la Chine n’a fait que conforter Pékin dans sa politique, non seulement le Gouvernement autoritaire déclare qu’il autorisera Twitter et Facebook sur son réseau internet national uniquement le temps des JO, mais sa politique au Tibet reste inchangée ; au contraire elle se sent pousser des ailes ( peut-être même du fait des troubles économiques en cours.

Que la Chine cherche l’uniformisation est le propre de la dictature. Le Gouvernement montre ici ses ambitions de contrôle de la religion, ce qui contredit sa déclaration réitérée d’une autonomie réelle et actuelle de la région chinoise du Tibet. De plus notons que le Président chinois utilise les mots indépendance et autonomie sans les différencier, ce qui prouve s’il en était besoin que Pékin veut un contrôle total du Tibet, ainsi le Dalaï Lama et les Tibétains insoumis – malgré ces 50 ans de dictature – représentent des obstacles à abattre. Dans les faits, cette « autonomie réelle » consiste en des lois différentes appliquées au Tibet et aux Tibétains, lois qui permettent une présence paramilitaire plus lourde, une exploitation du sol et du sous-sol sans réserve, permettant même une présence encouragées de prostituées sur Lhassa alors que ce « commerce » apparaît interdit partout ailleurs en Chine. Au Tibet et dans les autres préfectures ou régions autonomes, la constitution chinoise ne s’applique pas.

Alors Merci citoyens des démocraties – plus spécifiquement aux citoyens engagés en politique – de ne jamais interpréter au pied de la lettre les déclarations du gouvernement chinois.

 

France Tibet

 

Le Président Xi Jinping a déclaré que la Chine va s’engager dans un combat sans répit contre le séparatisme dans la région agitée du montagneux Tibet, ainsi que si souvent répété par Gouvernement : les propositions d’autonomie du leader spirituel tibétain en exil, le Dalaï Lama ne seront jamais acceptées jamais.

Cette année 2015 est celle de plusieurs commémorations sensibles au sein de la région reculée que la Chine contrôle d’une main de fer depuis 1950, quand les troupes communistes ont pris possession [ du Tibet ] dans un mouvement que Pékin appelle une « libération pacifique ».

Il s ‘agit des 50 ans de la création par la Chine de la Région Autonome du Tibet ; il s’agit aussi des 80 ans du Dalaï Lama, qui vit en exil en Inde depuis 1959 à la suite de l’échec du premier soulèvement des Tibétains.

Lors des deux jours de conférence des leaders réunis au sujet du Tibet, seulement la sixième en 50 ans, M. Xi réaffirme l’opposition du Gouvernement à l’indépendance tibétaine, précisant mardi soir, selon les médias officiels, qu’il mènerait un « combat inébranlable contre le séparatisme ».

Les médias citent M. Xi : «  Nous devrons mener une bataille contre les activistes séparatistes de la bande du Dalaï Lama. »

Quant au Dalaï Lama, il nie toute recherche d’indépendance, affirmant qu’il souhaite uniquement une simple autonomie pour le Tibet, ce qu’il appelle la Voie du Milieu ; mais Pékin considère celle-ci comme un simple écran de fumée, considérant que le Tibet jouit déjà d’une autonomie réelle.

Un commentaire complémentaire publié par l’United Front Work Department, qui conduisit à l’échec des négociations avec les envoyés du Dalaï Lama, répète que le gouvernement n’a pas accepté, et n’accepterait jamais la Voie du Milieu.

Sur son compte WeChat le département officiel déclare que la Voie du Milieu cherche, en prenant en compte le Tibet historique s’étendant dans les provinces chinoises voisines, à reprendre un quart du territoire chinois.

« La soi-disant Voie du Milieu est une demande d’essence politique et séparatiste, continue l’UFWD. »

Les activistes [ pro-Tibet ], de leur côté, affirment que la Chine tente violemment de réprimer les libertés religieuses et culturelles au Tibet. La Chine rejette toute critique en affirmant qu’elle a mis fin au servage et apporté le développement à une région rétrograde.

M. Xi appelle à faire des efforts pour promouvoir « le patriotisme parmi les bouddhistes tibétains et souhaite la gestion des monastères sur le long terme, encourageant les interprétations des doctrines religieuses compatibles avec la société socialiste », selon les médias officiels, ajoutant : « il devrait aussi y avoir davantage de campagnes afin de promouvoir l’unité ethnique et l’appartenance à une même nation chinoise. »

Le Tibet est toujours soumis à un très important dispositif sécuritaire, avec de sévères restrictions concernant la visite des journalistes étrangers, ce qui rend difficile toute déclaration indépendante sur la situation.

(Reporting by Ben Blanchard; Editing by Clarence Fernandez / Traduction France Tibet )