Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

08/05/19 | 13 h 03 min par Marie de Vergès

La Chine priée de revoir ses prêts aux pays vulnérables …

FILE — A security guard at Hambantota Port, which the Sri Lankan government handed over to China when it couldn’t repay its debt, in Hambantota, Sri Lanka, March 5, 2018. Pakistani economists say that Imran Khan, once he becomes prime minister, will have no choice but to ask the International Monetary Fund for a bailout, because the country has borrowed heavily from China. (Adam Dean/The New York Times) *** Local Caption *** HAMBANTOTA SRI LANKA PAKISTAN CHINA ECONOMY SEA PORT INTERNATIONAL MONETARY FUND RUPEE TAXES TERRORISM INTERNATIONAL RELATIONS IMRAN KHAN CHINA-PAKISTAN ECONOMIC CORRIDOR INFRASTRUCTURE DEFICIT DEBT UNITED STATES ASIA

Une conférence internationale, mardi, à Paris doit se pencher sur les risques de surendettement menaçant les économies en développement.

Officiellement – et diplomatiquement –, il n’est pas question de pointer la Chine du doigt. Les pratiques du géant asiatique seront pourtant la toile de fond des débats prévus à Paris, mardi 7 mai, lors d’une conférence internationale consacrée au financement des pays en développement.

Organisé au ministère de l’économie et des finances, l’événement mobilise largement, avec plus de 45 pays représentés, Chine incluse. Une trentaine de ministres étrangers, les patrons des principales institutions multilatérales et de grandes banques privées doivent faire le déplacement.

Cette participation témoigne, selon Bercy, d’un intérêt planétaire, alors que l’endettement atteint des niveaux historiques partout dans le monde, notamment dans les économies émergentes ou à faible revenu. D’après le Fonds monétaire international (FMI), 40 % des pays pauvres (soit 24 sur 60) sont désormais surendettés ou en voie de l’être.

La pression s’accroît sur Pékin qui a prêté à tout-va

Dans ce contexte, la pression s’accroît sur Pékin qui a prêté à tout-va ces dernières années, en Afrique, en Asie et jusqu’en Amérique latine. Une « générosité » prodiguée sans trop se soucier de la capacité des pays à rembourser ni de la bonne gouvernance des dirigeants. Pour l’Occident, il est temps de définir des règles communes sur le financement des investissements.

« L’objectif n’est pas de stigmatiser un pays, mais, bien sûr, la Chine est un acteur-clé de cette discussion », précise au Monde le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Lire aussi Négociations commerciales : Washington reproche à Pékin d’avoir reculé sur certains engagements

La Chine n’est pas insensible aux critiques. Fin avril, lors du sommet de Pékin, le président Xi Jinping a promis des investissements plus « transparents », « viables » et « de qualité ». Une inflexion pourrait être dans l’intérêt de Pékin, ses moyens n’étant pas illimités pour faire face aux risques financiers.

Or ceux-là sont bien réels. Une étude publiée le 26 avril par le cabinet américain Rhodium Group montre qu’au moins 38 emprunts labellisés BRI : Belt and Road Initiative, – l’autre nom des « nouvelles routes de la soie »,- ont donné lieu à des renégociations ces dernières années.

Dans 14 cas, ces opérations se sont conclues par des annulations de dette, et dans 11 cas, par le rééchelonnement des paiements.

« Un très bon signal »,

Cette donne poussera-t-elle la Chine à jouer le jeu ? A s’associer davantage à la communauté internationale dans la définition d’un cadre clair pour les investissements ? « Son discours a évolué et sa participation à cette conférence [de Paris] est un très bon signal », considère Bruno Le Maire.

Le ministre rappelle qu’il en va aussi, pour l’Occident, d’un principe d’« équité commerciale » : « Nos entreprises perdent des marchés parce qu’elles s’obligent à respecter un certain nombre de règles auxquelles ne se soumettent pas les entreprises de pays émergents. »

Aucune naïveté n’est pourtant admise.

Les membres du G20 ont déjà adopté, en 2017, certains principes de « financement soutenable ».

Or la Chine rechigne à les mettre en œuvre, bien qu’elle appartienne à ce groupe réunissant les vingt principales puissances de la planète.

La France aimerait aussi convaincre le grand asiatique de rejoindre le Club de Paris, ce cénacle de créanciers publics – essentiellement des pays riches – où se négocient des opérations de restructuration de dette.

En attendant ce « grand soir », c’est l’Inde qui vient d’annoncer qu’elle se rapprocherait du Club comme membre observateur.

Marie de Vergès