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19/01/17 | 13 h 39 min

La Chine qualifie le Kalachakra du Dalai-Lama « d’illégal », et menace de sanctionner ceux qui y participent

Le Dalai-Lama observant des danses rituelles à BodhGaya, Inde, 3 Janvier, 2017

Les autorités de la région peuplée de Tibétains au Sud-Est de la Chine lancent un avertissement aux habitants contre leur engagement à un rassemblement majeur en Inde mené par le leader spirituel exilé le Dalai-lama. Qualifiant le rassemblement « d’illégal » et menaçant de sanctions ceux qui propageraient des informations sur l’événement ou organiseraient des cérémonies locales en soutien.

Plus de 100 000 fidèles venant de 80 pays se sont déjà rassemblés à BodhGaya en Inde – lieu de l’illumination du Bouddha historique – pour participer à la transmission de pouvoir du Kalachakra de cette année, qui s’est déroulé du 11 au 13 Janvier, avec des enseignements et événements qui l’ont  précédés.

Des milliers de pèlerins des zones tibétaines de l’Ouest de la Chine qui avaient espéré pouvoir y assister ont été forcés de retourner chez eux, alors que d’autres ont été empêchés de quitter la Chine.

En ce moment, des affiches circulent dans la région de Dechen- en chinois, Deqin – dans la province du Yunnan. Des copies de ces tracts ont été obtenues par le service tibétain  de Radio Free Asias dans lesquelles apparaissent des menaces de 10 jours à 5 années de prison les personnes impliquées dans l’événement.

Une affiche qui n’est pas datée est distribuée à tous les « départements appropriés » de villes, régions et préfectures, avertit les Tibétains de ne pas partager d’informations – y compris messages audio et videos – au sujet du Kalachakra sur internet ou un média social.

Est écrit sur l’affiche : « D’autres activités associées, telles que l’organisation de célébrations soutenant le Kalachakra sont également interdites »

 » Toute personne impliquée dans ces actions sera en violation de l’article 55 de la loi sur la sécurité publique chinoise et devra en subir de lourdes conséquences. Le tract poursuit ensuite avec les pénalités allant de 10 à 15 jours de détention provisoire jusqu’à 5 ans de prison pour les « cas les plus graves »

L’article 55 concerne les risques spécifiques à la sécurité nationale.*

Les familles averties

Il y a eu un avertissement envoyé en décembre à des foyers de Dechen et également des ordres du gouvernement à appeler immédiatement les familles de tout résident déjà présent en Inde, menaçant les familles que toute personne prise à avoir participé aux enseignements du Kalachakra perdra son passeport et sa carte de rationnement après son retour.

« S’il y a des moines ou des nonnes, leur droit à étudier le Bouddhisme tibétain sera révoqué » poursuit le tract.

Kalachakra, qui signifie Roue du Temps, est un rituel qui prépare les fidèles à renaître à Shambala un royaume céleste qui – est-il dit – vaincra les forces du Mal dans une bataille mystique à venir.

La cérémonie et les enseignements sont souvent conduits en dehors du Tibet par le Dalai Lama qui est largement considéré par les dirigeants de la Chine comme « séparatiste », cherchant l’indépendance du Tibet envahi en 1950 par les communistes chinois sous le contrôle de Pékin.

Dans une tentative de réduire la participation à la cérémonie de cette année, les officiels chinois ont commencé en novembre à confisquer les passeports des Tibétains autorisés à voyager à l’étranger, et en même temps donner l’ordre aux Tibétains déjà présents en Inde et au Népal de rentrer chez eux.

Beaucoup se sont entendus dire que leurs familles seraient violentées s’ils ne parvenaient pas à revenir, selon les sources de la RFA dans leurs premiers communiqués.

Rapporté par le Tibetain Service RFA.

Traduit par Dorjee Damdul. Ecrit en anglais par Richard Finney.

Traduction en français France Tibet