Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

11/10/16 | 8 h 10 min par Claude Arpi

La Chine renforce le réseau ferré tibétain

reseau_ferre_tibet

Le nouveau tronçon en bleu

Mauvaise nouvelle pour l‘Inde : si l’on en croit l’agence Xinhua, les travaux préliminaires concernant la ligne de chemin de fer reliant le Yunnan au Tibet ont débuté. Le 20 septembre dernier, l’agence de presse chinoise a en effet annoncé le lancement des travaux de la ligne ferroviaire Yunnan-Tibet qui passera par Shangri La et le district de Dechen dans la province du Yunnan ainsi que par les districts de Markam et de Dzogong situés dans la préfecture de Chamdo de la région autonome du Tibet.
Longue de 415 km, cette ligne ferroviaire parcourra la région autonome du Tibet sur 265 Km, le reste du tracé s’effectuant dans le Yunnan. Le coût de ces travaux est estimé à 43,6 milliards de yuans soit plus de 6 milliards d’euros. La partie tibétaine représentera quant à elle 27,8 milliards de yuans. Les travaux préliminaires qui comprennent différentes enquêtes, ainsi que la réalisation du tracé, ont d’ores et déjà débuté. L’agence Xinhua a précisé que le service tibétain des chemins de fer « hâtera les travaux afférents et s’efforcera de débuter la phase de construction au cours du 14ème plan quinquennal [2020-2025] ».
Le site « China-Tibet Online « a indiqué quant à lui que « le réseau ferroviaire tibétain se rapproche pas à pas de la perfection (sic) grâce aux programmes Qinghai-Tibet et Lhasa-Shigatse et au tronçon Lhasa-Nyingchi » avant d’ajouter que « depuis sa mise en service, la ligne Qinghai-Tibet avait connu une croissance rapide en terme de transport de marchandises et était même devenue l’axe principal pour le fret ».

Markam_County_Tibet

Bien qu’il n’en soit pas fait mention, la Chine projette vraisemblablement de prolonger la ligne Lhasa-Shigatse-Kyirong en direction du Tibet occidental et jusqu’au Xinjiang dans un futur proche (en longeant l’autoroute 219 à travers l’Aksai Chin). À propos de la ligne Yunnan-Tibet, China-Tibet Online a exprimé que « les restrictions saisonnières, touchant le transport routier, et climatiques affectant le transport aérien seront sans incidence sur la ligne ferroviaire Yunnan-Tibet qui apportera alors, après sa mise en service, des solutions en matière de transport de marchandises et de voyageurs plus adaptées entre la région autonome du Tibet et le Yunnan. Le développement rapide du trafic pourra alors entraîner la réduction des coûts de transport et permettre l’essor économique de l’industrie manufacturière ».

Comme il en a déjà été fait mention sur le blog par le passé, toute création d’infrastructure nouvelle en Chine doit respecter des normes d’utilisation tant civiles que militaires. Voilà probablement à quoi le site internet faisait référence en précisant : « en plus de cela la ligne ferroviaire Tibet-Yunnan représente un aspect fondamental dans le développement du flanc ouest de la Chine ce qui s’avère important pour la mise en œuvre d’une stratégie de développement économique dite de «leapfrogging»* et l’instauration d’un ordre public pacifié au Tibet.

« La paix sur la frontière » signifie en réalité le renforcement des infrastructures situées face à l’Arunachal Pradesh oriental alors que dans le même temps l’Inde ne reste pas non plus inactive.
D’après le Business Standard en effet « l’Armée de l’Air indienne est prête à rendre opérationnelles sept pistes d’atterrissage avancées dans l’Arunal Pradesh. Après plus de deux années de travaux de remise en état, ces pistes seront mises en service et sont destinées à accroître les capacités opérationnelles du pays. Ce projet à sept milliards de roupies a été lancé en 2009 ».
La piste avancée de Tawang, pour l’heure loin d’être achevée, rendra possible à terme l’atterrissage d’Hercules Super C130J, le tout dernier avion de transport de l’Armée de l’Air indienne.

Traduit par Éric Pegorer pour France-Tibet

*Littéralement, le « leapfrogging » fait référence au jeu de saute-mouton. Le « leapfrogging » est un concept qui permet aux pays qui se développent d’éviter de reproduire les erreurs du passé.