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15/02/16 | 13 h 20 min

La Commission électorale tibétaine accusée de vouloir évincer le candidat pro-Indépendance

Mr Lukar Jam Atsok. (Source: RFA)

(TibetanReview.net, Le 7 février) – La Commission électorale tibétaine en exil a décidé de limiter la course électorale finale du Sikyong (Premier Ministre),  pour le poste de responsable exécutif en exil de l’Administration tibétaine à Dharamshala, en Inde. À la place, il y aura seulement deux candidats.  Ils ont déjà été critiqués par le candidat sortant lors du sondage précédent. En effet, ce candidat avait remporté plus d’un tiers des votes lors de ce sondage, en octobre 2015.

Le sondage final aura lieu le 20 mars et les deux candidats feront campagne contre l’autonomie du Tibet, en accord avec l’autorité chinoise. À contrario, le candidat évincé M. Lukar Jam Atsok, défend le combat pour l’indépendance du Tibet sous l’emprise de la Chine.

Tandis que la première élection du Sikyong, tenue en 2011 avait eu lieu avec plusieurs candidats, la commission électorale a décidé qu’il y aurait seulement deux candidats à l’élection actuelle à moins que le nombre de votes remportés lors du sondage précédent par un troisième candidat ne soit dans une marge de 20% du deuxième candidat gagnant la plupart de nombre de votes. Le sondage précédant contenait alors cinq candidats à Sikyong.

Après la déclaration de la commission électorale des listes finales de candidats au Sikyong ainsi que le 16ème Parlement tibétain en exil, M. Lukar Jam s’est adressé à la presse lors d’une conférence le 3 février, pour alerter sur son évincement des élections, selon un démenti politique pour le mouvement de pro-indépendance. Il a aussi suggéré que la commission électorale avait abusé de son pouvoir en voulant restreindre le nombre de candidats au Sikyong d’une façon arbitraire.

Ainsi, M. Lukar Jam est actuellement le président du Mouvement Gu-Chu-Sum, une association d’anciens prisonniers politiques dans le Tibet gouverné par la Chine.

Le membre du Congrès américain et le Co-président du Comité électoral tibétain du Congrès Dana Rohrabacher ont aussi critiqué la commission électorale tibétaine qui selon eux,  « ne respectaient pas les règles » mises en place pour cette élection.

En écrivant au Secrétaire d’État John Kerry et à l’Administrateur USAID Gayle Smith le 1er février, Rohrabacher s’exclama: « J’écris pour exprimer mes préoccupations à l’encontre des règles bafouées lors de cette élection. Ces règles semblent avoir pour effets de limiter le pouvoir démocratique, la liberté d’expression et la libre association, au même moment où le mouvement CTA souhaite une réélection. »

« Étant donné l’assistance continue (19 millions de dollars en 2014 et 6 millions de dollars en 2016), je crois que le gouvernement américain continue aussi à contrôler comment le CTA fonctionne y compris si sa direction actuelle respecte les règles standards démocratiques. »

Ceci a mentionné le fait que la Commission électorale avait aussi été critiquée par des Tibétains et des partisans du Tibet à propos des règles mises en place pour la Campagne électorale, qui ont été conçues pour favoriser les candidats sortants.

Traduction de Marie CLERGEAU pour France Tibet