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14/01/16 | 14 h 20 min par Guru Choegyi et Lhuboom

L’usage de la langue tibétaine devient l’ équivalent de celui de la langue chinoise dans un Comté du Qinghai suite aux protestations tibétaines.

Note de France Tibet : Fin heureuse pour les Tibétains qui avaient dénoncé l’hôtel qui tentait d’empêcher les travailleurs tibétains de parler leur langue maternelle. À force de persévérance et de luttes, les lignes bougent et on ne peut que se réjouir de cette avancée unique et que nous ne pouvons que saluer.

 Cependant notons cette curiosité administrative :  l’ annonce n’est publiée pour l’heure qu’en langue chinoise… Cherchez l’erreur!

Les langues tibétaine et chinoise vont maintenant avoir un statut équivalent à Rebgong (en chinois, Tongren) dans le Comté de Malho (Huangnan) de la Préfecture autonome tibétaine du Qinghai, après qu’une tempête de protestations ait éclaté en ligne suite à la tentative d’un hôtel local d’empêcher les travailleurs tibétains de parler leur langue maternelle.

Dans un avis du 11 janvier écrit en chinois, les autorités du Comté ont ordonné aux administrations du Gouvernement, aux écoles et entreprises appartenant à l’Etat d’utiliser les deux langues : tibétain et chinois sur les sceaux officiels, les enseignes, les en-tête de lettres, et toutes autres formes de communication.

Selon l’avis, dont une copie a été obtenue par RFA, la langue tibétaine devra également être mise en évidence dans certains cas, par exemple lorsqu’il est utilisé sur une lettre ou un panneau officiel. L’avis indique également que les caractères chinois et tibétains devront être imprimés de la même taille.

L’action locale du Gouvernement intervient après que, le 7 janvier, l’hôtel Shang Yon à Rebgong  interdisait aux travailleurs tibétains de parler leur propre langue sur leur lieu de travail, les menaçant d’ une amende de 500 yuans (70€ env.) pour non-conformité, selon les informations diffusées sur les réseaux sociaux.

Plainte en ligne

La douche à été froide lorsque rapidement les autorités locales ont ordonné la fermeture temporaire de l’hôtel après que des Tibétains furieux se soient plaints de cette atteinte à leur droits dans des messages sur les réseaux sociaux comme WeChat.

L’hôtel n’a eu que très peu de soutien face à ce scandale qui a touché également les Chinois Han qui en grand nombre ont pris part au débat sur internet pour soutenir les Tibétains dans ce différend.

Vendredi dernier l’hôtel a publié des excuses publiques adressées à la communauté tibétaine, en disant que ses actions avaient violé les privilèges culturels garantis par la politique de la Chine sur les groupes de nationalités minoritaires.

Bien que l’hôtel ait renoncé à sa réglementation, les mesures locaesl du gouvernement sont entrées en vigueur ce mercredi semblant aller bien plus loin que ne l’aurait espérer les Tibétains, car il s’appliquera à l’ensemble des administrations et des entreprises…

Une culture marginalisée

Les Tibétains souffrent depuis plus d’un demi siècle de la marginalisation des traditions religieuses, culturelles et linguistiques et les droits linguistiques sont devenus un point focal sur lequel les Tibétains luttent pour réaffirmer leur identité nationale.

Le 9 novembre 2012, plusieurs milliers d’étudiants à Rebgong étaient descendus dans les rues pour réclamer plus de droits, y compris le droit d’utiliser le tibétain à la place du chinois mandarin comme langue d’enseignement dans les écoles.

Les groupes formés pour promouvoir l’étude de la langue  tibétaine ont été interdits car considérés comme  « associations illégales » à Rebkong, cependant, en raison de la préoccupation des Chinois han sur ces questions qui peuvent constituer une menace pour le régime de Pékin.

Rapporté par Guru Choegyi et Lhuboom pour le service tibétain de RFA. Traduit par Dorjee Damdul. Rédigé en anglais par Brooks Boliekn

Traduction en Français par France Tibet.