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03/01/18 | 0 h 13 min par Vinayak Bhat / ThePrint

L’alibi de Pékin au sujet de la pollution du Brahmapoutre remis en question

Darkening Brahmaputra

Assombrissement du Brahmapoutre :

L’ étude précise des photos satellitaires montre qu’il est temps de remettre en question l’alibi de la Chine sur la pollution du Brahmapoutre : les explications données comme conséquences d’un séisme qui s’est produit le mois dernier ne seraient que fumisterie.

La Chine a prétendu que l’eau du Brahmapoutre est devenue sombre en raison du tremblement de terre qui s’était produit dans la région du Tibet, le mois dernier. Mais au vu des dernières images par satellite, cette explication pourrait bien ne pas tenir la route.

Une analyse de ces  images suggère que la construction de barrages sur la rivière pourrait en être la véritable cause. Les images montrent que la largeur de la rivière a considérablement diminué au Tibet, ce qui témoigne des activités de construction de barrages du côté chinois.

Le séisme cité par Pékin s’est produit dans le district de Nyingchi au Tibet à la mi-novembre. La turbidité, même causée par ce tremblements de terre, n’aurait pas duré plus d’une semaine ou une quinzaine de jours, compte tenu du temps d’écoulement d’environ sept jours de cette  zone sismique vers les zones indiennes de Tuting (Arunachal) et plus au sud.

L’Inde a besoin de poursuivre ses relations diplomatiques avec la Chine afin de partager des données ou permettre à ses scientifiques de l’ Etablissement SASE – Snow and Avalanche Studies Establishment- Etablissement pour l’ Etude de la Neige et des Avalanches  afin   de se rendre dans  la région et d’étudier ce phénomène sans précédent.

EAUX NOIRES 
Les eaux des rivières frappées par le séisme deviennent brunes et non noires, comme l’explique la partie chinoise.

 

@Vinayak Bhat / ThePrint

La couleur du Brahmapoutre devient plus sombre à mesure qu’elle coule vers le sud. La couleur a été analysée à trois endroits différents le même jour – le 6 décembre. Les images satellites du 1er novembre 2014 et du 6 décembre 2017 montrent clairement que la largeur de la rivière a diminué de 10 à 12 m par rapport aux images plus anciennes à deux endroits.

La construction de barrages sur le Brahmapoutre au Tibet, en particulier celui construit en amont du barrage de Tsangmo, est la seule explication possible à ce phénomène.

 

@Vinayak Bhat / ThePrint

Des rumeurs au sujet de barrages naturels :
Il y eut des rumeurs selon lesquelles trois barrages naturels se seraient formés en amont sur du Brahmapoutre, dans le district de Nyingchi sur une distance de 12 km. Ces barrages naturels auraient engendré des réservoirs de différentes longueurs, sur une distance de 6 km, selon une analyse préliminaire de deux chercheurs indiens.

Le rapport a bien  évidemment été piqué  par les médias contrôlés par le Gouvernement chinois pour leur propre convenance. La même information fut ensuite utilisée par les médias indiens.

Il semble qu’ il y ait un grand nombre d’incohérences dans l’analyse préliminaire.

Taille des barrages : La taille indiquée est de 0,76 km ² + 0,1 km ² + 0,85 km ² = 1,71 km ². La largeur de la rivière mesurée sur Google Earth aux sites Dam 1 et 2 est en moyenne de 40 m et au site Dam 3 est de 110 m.

Compte tenu de ce qui précède, le réservoir devrait avoir une longueur d’au moins 17-18 km aux sites de barrage n ° 1 et n ° 2 et de 8 km au barrage n ° 3. Le rapport, cependant, ne mentionne que 6 km, ce qui est incorrect.

Eau endiguée :
La quantité d’eau à ces trois endroits est censée être de 1 milliard de mètres cubes. Le chiffre, cependant, ne peut être justifié par aucun des faits disponibles.

Considérant la largeur de la rivière (probablement évaluée de façon erronée par les chercheurs) comme 100 m, et la longueur des réservoirs comme 6 km, un volume  de 1 milliard de mètres cubes nécessiterait une profondeur de 1666,6 mètres, ce qui n’est pas possible.

 

@Vinayak Bhat / ThePrint

Dates erronnées :

Le rapport affirme que la couleur bleue de l’eau du Brahmapoutre  était observable sur des images satellitaires du 10 décembre 2017 et qu’une turbidité était constatée la première fois le 20 décembre.

En réalité, la turbidité avait été constatée dans la rivière depuis la première semaine de décembre, une simple recherche sur Google aurait pu le révéler.

Les images satellitaires du 6 décembre montrent clairement les eaux noires du Brahmapoutre.

Le colonel Vinayak Bhat (ret) est un vétéran du renseignement militaire de l’armée indienne avec une vaste expérience de l’analyse d’images satellitaires. Il a travaillé comme interprète chinois et est spécialiste de l’APL et des forces armées pakistanaises. Il tweete @rajfortyseven

Les photos montrent qu’il est temps de  se poser des questions sur l’alibi de la Chine à propos de la pollution du Brahmapoutre.
COL. VINAYAK BHAT (RETD) 29 Décembre 2017