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01/06/18 | 14 h 46 min

L’appel de nomades tibétains pour que leurs pâturages ne soient pas confisqués en vue d’en faire une zone touristique

Une soixantaine de familles nomades vivant dans le comté tibétain de Nyemo dénoncent la saisie par le Gouvernement chinois de pâturages en vue d’une utilisation touristique, selon des sources tibétaines.

Ces terres, qui ont permis la subsistance des familles du village de Lhadul de la ville de Marthang à Nyemo, une zone située à l’ouest de Lhassa, étaient déjà clôturées dans le but de promouvoir une agriculture sans récoltes, nous informe un tibétain riverain.

« Maintenant les Chinois ont lancé un projet pour développer le tourisme dans la région » nous déclare une source sous couvert d’anonymat.

« Environ soixante familles tibétaines nomades dépendent de ces pâturages pour nourrir leurs troupeaux. Et avec la saisie de ces terres, elles sont privées de leur principale source de nourriture. » Ajoute-t-il.

A présent les familles, dans une vidéo filmée sur place et qui circule sur internet, appellent les autorités chinoises d’un échelon supérieur à leur rendre justice.
Les autorités chinoises avaient fait d’autres tentatives ayant pour but de sédentariser les familles nomades et qui consistaient déjà à clôturer des pâturages, le résultat ayant été la disparition d’une grande partie de leurs troupeaux, ajoute notre source.

« L’année dernière, plusieurs milliers de moutons et de chèvres et plus d’une centaines d’animaux domestiques étaient morts de faim ce qui leur avait causé une énorme perte financière. Cela s’est produit sans aucune contrepartie du gouvernement chinois. » continue la source.

« Et aujourd’ hui, sans animaux domestiques et sans troupeaux, les Tibétains locaux ont toutes les peines du monde à survivre » poursuit-il.

Menacés d’arrestation

Parce que les chefs des villages et les chefs de canton sont directement nommés par les autorités chinoises, les Tibétains locaux n’ont aucun poids ni aucun rôle dans les décisions qui affectent leurs vies, nous informe RFA.

Et lorsque les responsables chinois de plus haut niveau se rendent dans la région, les chefs locaux empêchent les Tibétains de s’adresser directement à eux et les menacent d’arrestation s’ils venaient à désobéir.

« Ils avancent que les terres appartiennent au Parti Communiste Chinois, et qu’en accord avec les promoteurs, ils peuvent en faire ce qu’ils veulent. » déclare-t-il.

« Les habitants ont donc réalisé un film sur les terres saisies pour en appeler aux autorités chinoises supérieures pour qu’elles se préoccupent de leur bien être. »

Les projets de développement chinois dans la zone tibétaine ont très souvent mené à des impasses dans lesquelles les Tibétains accusaient les responsables locaux et les entreprises chinoises de s’approprier les terres sans se préoccuper de la vie des populations locales et des conséquences que ces saisies pourraient avoir sur leurs vies.

Ces impasses aboutissent presque toujours aux mêmes débouchés : incarcération des opposants, répression violente et pression intense sur la population locale pour qu’elle se plie aux souhaits du Gouvernement.

Rapporté par Dolma pour le service tibétain de RFA. Traduit par Dorjee Damdul et Tseten Namgyal.

Rédigé en anglais par Richard Finney, traduction France Tibet