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21/08/16 | 12 h 53 min

LARUNG GAR : Déploiement des forces de sécurité, interdiction des rituels traditionnels et expulsions des familles des villages voisins

troupe armée

Alors que les autorités chinoises poursuivent leur entreprise de destruction de l’Acafémie Bouddhiste de Larung Ga, dans le Comté de Serthar, les Tibétains  résidant dans la ville voisine sont contraints d’ abandonner leurs habitations et leurs terres, ce afin de faire place nette en  vue du développement commerciat planifié.
Les résidents expulsés de leurs  terres dans la ville de  Nubsursont tout aussi les familles relativement bien installées que  les moins bien loties. Les familles tibétaines les plus pauvres ont résisté en tentant d’installer des tentes de fortune sur leurs terres maiselles  viennent d’être  forcées à dégager et leurs tentes enlevées.
Les terres confisquées aux Tibétains de Nubsur se situent à moins d’un demi mile de l’Acafémie Bouddhiste de Larung Gar, où les équipes  chinoises de démolition sont occupées  à détruire  de larges parties du Centre d’ études bouddhistes, forçant ainsi des milliers de résidents, moines et laîc, à évacuer leurs habitations.

Les rituels bouddhistes, qui se déroulaient normalement à cette époque de l’année, sont strictement interdits, par crainte des habituels et immenses  rassemblements de foules lors de ces festivités.

Traduction France Tibet

Poursuite de la démolition du centre bouddhiste de Larung Gar, expulsion de ses occupants et vente forcée de terres à proximité dans un objectif touristique

mercredi 24 août 2016 par Monique Dorizon , Rédaction

Alors que la démolition des résidences pour étudiants de l’Académie bouddhiste de Larung Gar [1] dans le Comté de Serthar [2] se poursuit, la Chine oblige les moines et les nonnes qui, à l’origine, étaient venus des villes et préfectures de Lhassa (ལྷ་ས་), Ngari (སྒར་), Nagchu (ནག་ཆུ་རོང་) et Chamdo (ཆབ་མདོ་), dans la « Région Autonome du Tibet« , à rentrer chez eux.

Les membres des familles des moines et des nonnes de ces régions ont reçu l’ordre de venir à Larung Gar afin de reprendre leurs parents chez eux. Les habitants avaient déjà été soumis à de constantes restrictions de la part des autorités. Ils avaient été convoqués et « harcelés avec des questions et des cours « d’éducation politique »« . Cela avait duré pendant des semaines, voire des mois dans certains cas.
Les moines et les nonnes venus du Sichuan, du Qinghai et du Gansu sont encore à expulser, bien que cela ne soit qu’une question de temps puisque le plan du gouvernement chinois est de réduire le nombre de nonnes et de moines à un maximum de 5 000 avant septembre 2017. Le nombre d’occupants avant la démolition était estimé à plus de 10 000.

Les propriétés démolies appartiennent principalement à des religieuses et des personnes âgées. À ce jour, plus de six cents moines et nonnes ont été laissés sans abri.

La nonne bouddhiste Rigdzin Dolma s’est donné la mort le 20 juillet 2016 pour protester contre la destruction de l’Académie de Larung Gar.
Rigdzin Dolma était étudiante à l’institution lorsque ces événements ont commencé. Elle a laissé une note dans laquelle elle écrit qu’elle ne pouvait plus supporter de regarder le harcèlement chinois contre des bouddhistes innocents qui étudiaient tout simplement au monastère.

Pour les moines et des nonnes de Driru [3], parmi les premiers à être expulsés, leurs familles ont été averties des conséquences graves s’ils ne respectaient pas l’ordre d’expulsion, y compris la menace d’interdiction de prendre part, lors de la saison estivale, à la cueillette du champignon cordyceps [4], source majeure de revenus pour les populations locales.

Les cérémonies annuelles de 10 jours se déroulant à l’Académie bouddhiste de Larung Gar ont été interdites par les autorités chinoises par crainte de grands rassemblements à proximité du site de démolition en cours.
Selon une source, les cérémonies ont été déplacées au monastère de Shoru et ont été autorisées pendant une journée seulement, le 15 août.
« Ces cérémonies destinées à dissiper les obstacles se déroulaient pendant dix jours à Larung Gar, mais elles y ont été interdites cette année en raison des démolitions en cours et des tensions dans la région« , a déclaré la source.

La source a également ajouté que, dès que les cérémonies ont été terminées, les moines et les nonnes ont reçu l’ordre de retourner à Larung Gar, qui, selon de nouvelles vidéos sur les médias sociaux, est encore en cours de démolition.

Les Tibétains vivant dans la municipalité de Nubsur, à moins d’un kilomètre de l’Académie de Larung Gar, ont été obligés de vendre leurs terres en échange d’une compensation symbolique.
« Les Tibétains ne voulaient pas vendre leurs terres, mais ont été contraints de s’en séparer et ont ensuite été expulsés de la région« , a déclaré la source en ajoutant que les autorités chinoises ont planifié la construction d’un complexe touristique sur les terres confisquées.
Toutefois, ces futurs hôtels et restaurants ne pourront être tenus que par les Chinois hans, et non les Tibétains.

Les États-Unis, l’Administration Centrale Tibétaine, et Human Rights Watch ont condamné le gouvernement chinois pour la démolition de l’institution bouddhiste.

Sources : The Tibet Post, 10 août 2016, Tibetan Review, 13 août 2016, Phayul, 18 août 2016.