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03/11/18 | 13 h 29 min par FreeTibet / TRaduction France Tibet

Larung Gar : festival bouddhiste interdit pour la 3ème année de suite

Interdiction pour les résidents de Larung Gar de célébrer le Festival bouddhiste.

Larung Gar est considéré comme la plus vaste institution du bouddhisme tibétain dans le monde.

Chaque année depuis 2016, les autorités chinoises interdisent aux résidents de l’Institut bouddhiste de Larung Gar de se rassembler pour la célébration du Detchen Shingdrup, un des plus importants festivals bouddhistes.

Larung Gar est situé dans la région de Serthar à l’est du Tibet. Il a été l’objet de la répression chinoise ces dernières années : programme de démolition et de déplacements forcés, au cours desquels des milliers de résidents ont été contraints de partir. C’est la troisième année de suite que les célébrations du Detchen Shingdrup sont interdites.

La notification officielle a été signifiée le 16 octobre par le Comité directeur du Monastère de Larung Gar, le Comité officiel de l’Institut bouddhiste de Serthar et le Bureau des Affaires religieuses et ethniques de la Région du Serthar. Une traduction a été réalisée par notre partenaire Tibet Watch. La notification statuait que le festival ne se déroulerait pas au monastère. Les moines qui vivent dans le monastère ont reçu l’autorisation de chanter pendant cette période. Toutefois  » les moines et les autres pratiquants religieux d’autres monastères sont interdits de visite à Larung Gar « .

Les maisons de Larung Gar

Detchen Shingdrup se déroule le vingt-deuxième jour de la neuvième lune chaque année. Il dure huit jours et commémore le jour où, selon les textes bouddhistes, Bouddha est descendu du paradis sur la terre.

Les années précédentes, les autorités avaient interdit les rassemblements pour célébrer le festival, invoquant des raisons de sécurité à cause de la surpopulation et des travaux de construction. Les résidents auraient, selon nos sources, prié dans leur chambre.

Cependant, les touristes chinois ont été autorisés à visiter le site toute l’année.

La notification des autorités locales du 16 octobre 2018

Plus de 4 800 moines, nonnes et étudiants ont été forcés de quitter Larung Gar entre juillet 2016 et le milieu de l’année 2017. Ces mesures faisaient partie d’un plan des autorités locales et du gouvernement central de Chine pour réduire drastiquement le nombre de résidents. 4 700 logements ont été détruits durant cette période.

Beaucoup de résidents ont été forcés de partir et de signer des documents promettant qu’ils ne retourneraient pas à Larung Gar.

Des grilles de sécurité ont été depuis installées et les résidents qui restent ont l’obligation de passer à travers des détecteurs de métaux  et de faire viser leur carte de résidence. Les autorités ont tenté de réduire la diffusion des informations depuis Larung Gar, en conséquence Free Tibet a dû recourir à des images-satellite du site avant et après les démolitions de 2016 et 2017. Les images montraient que les logements avaient été démolis pour élargir les routes et créer de nouvelles voies d’accès, alors que l’on pouvait observer  hôtels et parkings autour du site.

Au vu des images, on peut penser que la principale raison des démolitions, des déplacements de populations, des restrictions, a été motivée par la nécessité de faciliter l’accès à Larung Gar pour les touristes, aux frais des moines et des nonnes résidents.