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20/11/20 | 15 h 14 min par Liberté pour les prisonniers tibétains

LE CRI DE « FREE TIBET » DE JIGME / Takna Jigme Sangpo : Décès du plus vieux prisonnier politique tibetain à l’âge de 91 ans

Après avoir passé 41 ans dans une prison chinoise, Takna Jigme Sangpo était le plus ancien prisonnier politique tibétain.
Il a été arrêté pour la première fois en 1960 alors qu’il enseignait à l’école primaire de Lhassa et accusé de «corrompre l’esprit des enfants avec des idées réactionnaires» .
En 1964, il a été condamné à 3 ans d’emprisonnement dans la prison de Sangyip pour commentaires concernant la répression chinoise des Tibétains puis envoyé au camp de travail de Lhassa.
Il a de nouveau été condamné en 1970 à 10 ans d’emprisonnement dans la prison de Sangyip pour propagande «contre-révolutionnaire» . Il avait été surpris en train de tenter d’envoyer un document rapportant des atrocités chinoises à Sa Sainteté le Dalaï Lama via sa nièce, qui tentait de fuir le Tibet.
À l’âge de 53 ans, Takna Jigme Sangpo a été libéré de prison en 1979 et transféré à l’unité 1 de « Réforme par le travail » de Nyethang, à l’ouest de Lhassa, mais il a été de nouveau arrêté le 3 septembre 1983 par des fonctionnaires du Bureau de la sécurité publique de Lhassa pour avoir collé une affiche « écrite personnellement » protestant contre les autorités chinoises à l’entrée principale du temple du Jokhang, à Lhassa.
Le 24 novembre 1983, il a été condamné à 15 ans d’emprisonnement pour «diffusion et incitation à la propagande contre-révolutionnaire» et à 5 ans de privation de ses droits politiques. Le 1er décembre 1988, sa peine a été augmentée de 5 ans supplémentaires pour «diffusion et incitation à la propagande contre-révolutionnaire».
Le 6 décembre 1991, Takna Jigme Sangpo a fait une autre tentative audacieuse de manifestation individuelle. Lors d’une visite officielle d’une délégation suisse, Jigme a crié «Free Tibet !» en anglais, une phrase qu’il avait spécialement apprise pour l’occasion, et des slogans en chinois et en tibétain, depuis sa cellule. Les autorités ont tenté d’expliquer l’incident en affirmant aux délégués qu’il était «fou».
Takna Jigme a par la suite été condamné le 4 avril 1992 à 8 ans d’emprisonnement supplémentaires et à 3 ans supplémentaires de privation de ses droits civils et politiques, portant sa peine à 28 ans.
Il a perdu la vue en raison des travaux forcés, des atrocités en prison et des dures conditions de détention. «La torture et les mauvais traitements dégradants, les interrogatoires inhumains, l’isolement cellulaire, le travail forcé et les séances d’endoctrinement sont des pratiques courantes utilisées par les autorités chinoises dans les prisons du Tibet» , a-t-il déclaré en 2003.
Libéré le 31 mars 2002 pour raison médicale, arrivé aux Etats-Unis le 13 juillet. Il y fait une déclaration dans laquelle il dit : « Au moment où je jouis d’une vie de liberté et de bonheur, je suis inquiet du sort de mes anciens copains prisonniers qui continuent à souffrir et à attendre dans les sombres prisons. C’est pourquoi, je demande avec insistance l’immédiate libération de tous les prisonniers politiques tibétains. Par-dessus tout, je demande expressément de continuer à soutenir la cause tibétaine jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée pour notre juste cause» (29 juillet 2002) .
Il avait obtenu le statut de réfugié en Suisse.
Takna Jigme Sangpo est décédé à l’âge de 91 ans à Turbenthal, le 17 octobre 2020.
Il était parrainé par les villes de Liévin et Ramatuelle.
CENTRAL TIBETAN ADMINISTRATION : Traduction en français :