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22/06/16 | 14 h 06 min

Le Dalaï Lama a déclaré au Congrès américain que son pays était occupé, mais qu’il ne cherche pas son indépendance

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Sa Sainteté le Dalaï Lama avec le Président de la Chambre des représentants Paul Ryan et le chef de la minorité à la Chambre Nancy Pelosi, tenant une boîte avec une montre offerte lors des dix ans du Dalaï Lama par le président Franklin D. Roosevelt lors de sa visite au Capitol Hill à Washington DC, Etats-Unis le 14 Juin 2016. (photo / Sonam Zoksang / OHHDL)

Dans une forte réaction à une simple affirmation de la Chine du droit historique de la propriété du Tibet, son chef spirituel, le Dalaï Lama, a indiqué le 14 juin que son pays était « une terre occupée » tout en précisant que néanmoins, il ne cherchait pas l’indépendance pour celle-ci.

Lors de la réunion avec les leaders du congrès américain, après avoir été escorté avec le Comité des relations étrangères du Sénat par le chef parlementaire démocrate Nancy Pelosi et le sénateur Patrick Leahy, le Dalaï Lama a déclaré : «Nous considérons le Tibet comme une terre occupée, mais nous ne recherchons pas l’indépendance. Cependant, en même temps, c’est une réalité, le Tibet ne fait pas partie de la Chine. Continuez s’il vous plaît à nous soutenir. Nous vous sommes très reconnaissants « .

Il a exprimé sa gratitude pour le soutien que le Congrès américain avait donné sur les problèmes liés au Tibet au cours des années et il a dit : «Le Congrès a exprimé son soutien indéfectible à notre cause. Nous ne cherchons pas l’indépendance parce que nous ne voulons pas entrer en confrontation avec nos frères et sœurs chinois. Toutefois, les documents chinois révèlent que dans les 9 siècles d’indépendance tibétaine, les empires chinois et mongols ont prospéré. Ce que nous cherchons maintenant c’est une solution mutuellement bénéfique pour résoudre ce conflit.  »

Il a conclu en résumant ses trois engagements, à savoir de diffuser la conscience des valeurs humaines fondamentales comme source de bonheur véritable, la promotion de l’harmonie respectueuse interreligieux, et la protection de l’identité du peuple tibétain, ainsi que la culture, la langue et l’environnement du Tibet.

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Le Dalaï Lama a ensuite été convié à un déjeuner par le président de la Chambre des représentants des États-Unis Paul Ryan et la chef parlementaire démocrate Nancy Pelosi, au cours duquel cette dernière a déclaré : «Notre déjeuner bipartite avec le président Ryan est un hommage au profond respect dont Sa Sainteté bénéficie de part et d’autre pour le message de paix, de compassion et de responsabilité qu’il apporte au monde. Chaque fois que Sa Sainteté visite le Capitole, il nous rappelle que « le changement vient par l’action», et que le Congrès doit faire sa part pour aider les Tibétains dans leur lutte pour préserver leur langue, leur culture et leur religion.  »

Dans une brève remarque, le Dalaï Lama a déclaré : «Les deux Chambres du gouvernement américain sont une source d’espoir et d’inspiration. Le Président est jeune et compétent et je connais Nancy Pelosi depuis de nombreuses années ; notre amitié est immuable. Comme je l’ai déjà dit, nos supporters ne sont pas tant pro-Tibet que pro-justice ».

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Plus tard dans l’après-midi, le Dalaï Lama a assisté à une réunion avec les membres de la Campagne internationale pour le Tibet (ICT), qui, fondée en 1988, travaille à promouvoir les droits de l’homme et des libertés démocratiques pour le peuple Tibétain. Il a donné un bref récit des événements et des expériences depuis son enfance qui avaient façonné la personne qu’il était devenu, répondant à une invitation du président du conseil de ICT Richard Gere.

Richard Gere a demandé au Dalaï Lama une série de questions, dont l’une était sur les perspectives de dialogue avec les autorités chinoises, à laquelle il a répondu : « La dernière réunion était en 2010. Depuis lors, la partie chinoise a rendu clair qu’ils n’ont que peu d’intérêt à traiter avec notre organisation. Certains rapports disent que, après la crise de 2008, Hu Jintao a été conseillé de ne jamais laisser le Dalaï Lama revenir. Depuis, nous avons attendu 57 ans, nous pouvons attendre un peu plus longtemps. La détermination du peuple du Tibet est intacte.  »

Traduction France Tibet