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10/06/16 | 20 h 40 min

Le Premier Ministre tibétain souligne le caractère pacifique des protestations contre les exploitations minières à Minyak et Amchok, et nie toute implication de l’Administration Centrale Tibétaine

Sikyong_Dr_Lobsang_Sangay

Le dirigeant politique tibétain Dr Lobsang Sangay et M. Tempa Gyaltsen, chercheur au Département de l’environnement et du développement à l’Institut Politique du Tibet, ont organisé une conférence de presse à Gangchen Kyishong, afin de condamner le décret officiel publié par le Gouvernement chinois dans la ville d’Amchok ; ce décret  prétend que l’Administration Centrale Tibétaine est impliquée dans les manifestations contre l’exploitation minière dans le Nord-Est du Tibet.

En réponse à ces allégations, le dirigeant politique tibétain, le Dr Lobsang Sangay réplique : « La déclaration des autorités chinoises locales que l’Administration Centrale Tibétaine est liée aux manifestations contre l’exploitation minière au Tibet est non-fondée et tout simplement inacceptable. Ces manifestations ont lieu à cause de l’occupation du pays, de la répression subie par le peuple tibétain et de la destruction de l’environnement. »

« Dans le même décret, il est dit que toute association ou toute réunion de ce genre sera punie et que les participants seront arrêtés, battus et torturés.
D’après les lois des Droits de l’Homme, tout être humain a le droit à la liberté de réunion, si cette réunion de personnes est pacifique.
Ce droit s’applique à des protestations et des manifestations pacifiques, à des associations privées ou publiques, etc.
L’association de personnes à tout niveau est un droit inhérent pour chaque individu. Par conséquent, avoir un décret officiel qui encourage le châtiment de personnes pacifiques est contraire aux Droits de l’Homme et donc inacceptable. »

Au sommet des abus commis envers les Droits de l’Homme, le dirigeant politique tibétain déplore fortement les dégâts sur l’environnement causés par les exploitations minières illégales dans les environs de Minyak et Amchok.

« En ce qui concerne l’Administration Centrale Tibétaine, notre politique et nos principes environnementaux sont suivis : tout projet doit être écologique, et ne doit pas aller à l’encontre de la sensibilité religieuse ou culturelle du peuple du Tibet, mais aussi être lucratif pour les Tibétains locaux. Enfin, le projet doit être légal et obtenir le consentement des habitants des environs.
Par conséquent, les exploitations minières de Minyak et Amchok sont des violations des lignes de conduite environnementales du Gouvernement chinois et du 4 ème article de la Charte de l’Administration Centrale Tibétaine. »

« Premièrement, les extractions minières sont illégales. Il y a aussi eu une augmentation du nombre de dégradations de l’environnement causées par les activités minières de la Chine, par le Gouvernement chinois en général, par les autorités locales et par les entreprises privées engagées dans l’exploitation minière des zones tibétaines.
Ils n’ont pas sollicité le consentement des populations locales ni respecté leurs croyances religieuses, d’autant plus que les tibétains n’en ont tiré aucun profit » révèle-t-il en exhortant avec force le Gouvernement chinois à mettre en place des lois gouvernementales pour ces projets et à réévaluer la manière dont sont traitées les contestations pacifiques au Tibet.

Le chercheur Tempa Gyaltsen a fourni un rapport détaillé sur les dégradations environnementales résultant de deux exploitations minières, trois cas d’auto-immolation pour protester contre l’activité relative aux mines ainsi que sur les traitements injustes infligés aux protestataires par les autorités chinoises locales.

« Depuis 2009, il y a eu 30 cas recensés de protestation diverses contre l’activité minière au Tibet en 2016, l’année qui a vu le plus grand nombre de protestations par rapport aux années précédentes.
Il y a peu de temps, à Lhagang, dans la région de Minyak du Comté de Dartsedo de la Préfecture de Karze, les habitants ont organisé une manifestation de deux jours pour protester contre la contamination de la rivière Lichu, causée par l’extraction de lithium dans cette zone. La mine a temporairement cessé de fonctionner, invoquant des « problèmes environnementaux », et avec le but de « résoudre des problèmes déjà existants ».
La semaine dernière, environ 2 000 Tibétains ont manifesté à Amchok contre l’extraction d’or sur la montagne sacrée Gong-Ngong Lari, dans la ville d’ Amchok du Comté de Sangchu, dans la préfecture autonome tibétaine de Kanlho. »

Le Gouvernement chinois et les autorités locales devraient prendre en compte le nombre croissant de manifestations des Tibétains contre les exploitations minières et devraient changer de méthode de répression et ce au profit d’une approche plus pacifique.

Deux Tibétains d’Amchok, Tsering Dhondup et Kunchok Tsering, se sont auto-immolés sur le site de la mine pour protester contre les extractions minières allant à l’encontre de toute éthique. Comme eux, un autre Tibétain qui s’est auto-immolé  nommé Tsultrim Gyatso, a dénoncé dans son testament les activités minières chinoises sur les lieux sacrés des Tibétains.

Le chercheur Tempa Gyaltsen soutient l’idée que c’est la suppression de la liberté de conscience ainsi que le non-respect des croyances religieuses du peuple tibétain qui ont engendré ces protestations.

Traduction France Tibet