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21/03/16 | 13 h 23 min

Le Sikyong (Premier Ministre) tibétain idéal pour Dicki Chhoyang

Tibet-Dicki-2013

Suite à sa démission Dicki Chhoyang s’est adressée dans une lettre ouverte aux tibétains pour évoquer les raisons de son départ, et partager son avis sur les élections à venir :

« Ce 28 février 2016, j’ai démissionné de mon poste de Kalon de l’administration centrale tibétaine afin de pouvoir participer au débat sur les élections générales du 20 mars prochain. En effet ma position ultérieure au sein du gouvernement ne me permettait pas d’exprimer pleinement mes opinions personnelles. Mon renoncement au poste de Kalon n’est pas le fruit d’une pression externe ni celui d’être incluse ou non dans le prochain Kachag (gouvernement), et je reste entièrement dévouée à l’Administration Centrale et à la cause tibétaine.

Sa sainteté le Dalai Lama a 80 ans, et il a travaillé toute sa vie et travaille encore pour le bien des tibétains. Sa présence est une bénédiction en ce moment charnière de notre histoire. Dans l’avenir de grands défis nous attendent et le prochain Sikyong (Premier Ministre) y jouera un rôle clef. Cette fonction est le plus grand honneur offert par le peuple tibétain à un individu, et voici les traits de caractère que j’aimerai voir en lui :

  • Un Sikyong doit être une personne dont la motivation et le dévouement à l’intérêt collectif est indubitable.
  • Quelqu’un qui a une compréhension d’ensemble et une vision à long terme.
  • Quelqu’un d’honnête, qui dit la vérité et répond aux questions de manière directe et transparente.
  • Une personne ayant l’esprit d’équipe. Qui fait ressortir le meilleur de chacun à travers la collaboration, le support mutuel , les encouragements et les conseils.
  • Quelqu’un qui sait que les apparences sont trompeuses et que ce qui compte c’est se qui se trouve à l’intérieur.
  • Un individu respectueux des autres, qui reconnaît les mérites de ses collègues et de ses prédécesseurs.
  • Quelqu’un d’humble, qui reconnaît ses limites et n’hésite pas à consulter les autres et demander conseil.
  • Un individu confiant. Confiant en sa valeur et qui n’utilise pas les louanges de personnages respectés comme le Dalai Lama ou Samdhong Rinpoche comme moyen de gagner le respect et la confiance du public.
  • Quelqu’un qui peut s’élever au dessus du régionalisme, qui saura dépasser les sources traditionnelles de tensions dans la communauté telles que le régionalisme et qui ne les exploitera pas pour un gain personnel comme des voies électorales.

J’aimerais élaborer d’avantage sur ce dernier point. Bien que nous ayons fait de grands progrès la campagne électorale actuelle reste fortement marquée par le régionalisme : Ceci est contre productif.

Nous devons apprendre à nos enfants à se considérer comme des tibétains avant tout et exercer leur droit de vote non pas en fonction de leur identité régionale, mais des problèmes qu’ils souhaitent régler. Espérons que nous démontrerons une plus grande maturité collective en 2021 .

Durant cette campagne les problèmes débattus étaient désespérément éloignés de la situation actuelle au Tibet et de notre mouvement politique . Nous avons un devoir moral de traiter en priorité les problèmes qui affectent les 98% de tibétains qui vivent au Tibet. Les auto immolations au Tibet et les récent décès de Dorgee Tsering en Inde et de Kalsang Wangdu à Kardze en sont le funeste rappel.

Ce 20 mars 2016 les tibétains iront exercer leur droit au bureau de vote. Et je leur demande de ne pas prendre ce devoir à la légère et de faire un choix réfléchi, en pensant aux tibétains résidant au Tibet. Je suis confiante de notre capacité à affronter les défis à venir ensemble mais pour cela nous devons choisir le bon meneur. »

Et qui serait un bon meneur pour Dicki Choyang? Il semblerait que son candidat soit tout trouvé comme elle a pu le déclarer dans une interview pour Radio Free Asia :«Il est très clair pour moi que le 20 Mars, je voterais pour Penpa Tsering. La raison en est que, pendant quatre ans et demi à travailler avec les deux candidats, j’ai pu voir leur façon de travailler et de penser et cette expérience me fait pencher en faveur de Penpa Tsering ».

Traduit par Maxime Belhache pour France Tibet

Sources : Tibetanreview.net et Radio Free Asia