Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

17/05/15 | 12 h 04 min

Les 20 ans de l’arrestation d’un enfant de 6 ans au Tibet, Gendhun Choekyi Nyima

panchen_lama_20_ans

voir dans l’agenda aujourd’hui rassemblement à Paris de soutien pour la libération du XIème Panchen Lama et de tous les prisonniers politiques au Tibet

Au Tibet, il y a 20 ans, un enfant âgé de 6 ans, reconnu comme Panchen Lama était mis derrière les barreaux le 17 mai 1995. Depuis, le Parti communiste chinois a désigné un autre enfant à sa place, tandis que l’enfant emprisonné n’a jamais pu s’exprimer depuis. La Communauté tibétaine en exil appelle à une Journée Internationale de Solidarité pour le Tibet le 17 mai 2015.

Gendhun Choekyi Nyima est né le 25 avril 1989 à Lhari dans le district de Nagchou au Tibet. Il a été reconnu officiellement le 14 mai 1995 par le Dalaï Lama suivant une méthode traditionnelle comme la réincarnation du Xème Panchen Lama, mort à Shigatse d’une crise cardiaque dans des circonstances troubles.

Cette reconnaissance va entraîner la fureur du gouvernement chinois, qui arrêtera trois jours plus tard l’enfant alors âgé de 6 ans, et sa famille. Le gouvernement chinois fit nommer à sa place un autre enfant, fils d’un membre du parti communiste, le reconnaissant officiellement comme réincarnation. Pourtant, les dirigeants chinois ont longtemps dénoncé la religion comme un “poison”, et présenté le Bouddhisme tibétain comme une “superstition féodale” et la “foi aveugle d’un peuple arriéré ”. La République populaire de Chine détruisit la plupart des monastères tibétains, et fit disparaître des générations de moines, dont nombre d’entre eux furent contraints de renoncer à leur vœux en prison… quand ils n’y sont pas morts.

En désignant son propre Panchen Lama, la Chine a politisé une question purement religieuse, espérant ainsi contrôler les déclarations d’une des plus hautes personnalités du Bouddhisme tibétain. En effet le Panchen Lama, traditionnellement, a son importance dans la confirmation de la réincarnation du Dalaï Lama.

Ainsi, le Dalaï Lama semble avoir anticipé. Non seulement, il s’est retiré de la vie politique en 2011 à la faveur d’une démocratie, suivant son souhait exprimé dès son exil en Inde en 1959, mais encore, il a annoncé qu’il pourrait mettre fin à l’institution des Dalaï Lama, laissant cependant le choix aux Tibétains, suivant la prééminence qu’il accorde à la démocratie. Et une fois de plus la Chine chercha avec véhémence à intervenir dans ses décisions.

Gendhun Choekyi Nyima a eu 26 ans le 25 avril 2015 et aura passé près de la totalité de sa vie en prison. Il représente le symbole de la violation des droits de l’enfant par le gouvernement chinois et de l’impossibilité d’un dialogue avec un régime au comportement dictatorial et violent.

A l’occasion des 20 ans de la disparition de Gendhun Choekyi Nyima, les Tibétains en exil appellent à une Journée Internationale de Solidarité pour le Tibet. Un rassemblement aura lieu le dimanche 17 mai 2015 de 16h à 19h Place du Trocadéro à Paris. Soyons nombreux à venir démontrer une solidarité si importante pour les Tibétains en exil comme pour ceux restés au Tibet.