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24/04/18 | 19 h 31 min par ZACH DORFMAN traduction @FranceTibet

« Les disparus »

…partie deux de quatre …

M. Chen,  au Consulat chinois de Sydney avant le momentde sa défection, affirme que des officiels chinois ont enlevé M. Lan dans le but de forcer son père, Lan Fu, à revenir en Chine pour faire face à une accusation de corruption, – Lan Fu est retourné en Chine en 2 000 et sert une peine de prison à vie -.  Les officiels australiens ont nié la déclaration de M. Chen et la victime supposée, comme de nombreuses autres, a apparemment réfuté la version de l’ex-diplomate devant la police fédérale d’Australie.

Mais M. Chen maintient sa position. Joint par téléphone, il confirme sa version du rapatriement de Lan Meng, citant de nombreuses conversations sur de tels enlèvements avec les militaires, les espions et les diplomates chinois, lors de son mandat au Ministère des Affaires Etrangères. Il explique qu’alors en fonction, il a entendu parler d’au moins un autre enlèvement en Australie, ainsi que d’un autre en Nouvelle-Zélande. Il rapporte que des agents chinois ont également procédé, dans la même période, à de semblables kidnappings au Vanuatu et aux Fidji – M. Chen affirme que le cas néo-zélandais implique une femme nommée Xie Li, kidnappée à Auckland en 2004 et rapatriée en Chine via un bateau appartenant à l’état chinois.

Bien que les officiels australiens mettent en doute les paroles de M. Chen exprimées il y a une dizaine d’années, les rapatriements chinois de plus en plus agressifs et parfois en public les rendent de plus en plus crédibles. En 2014, Pékin annonçait officiellement étendre sa campagne anticorruption, connue sous le nom Skynet* ou Fox Hunt  – la chasse au renard -, pour cibler des officielschinois vivant à l’étranger. Dans le cadre de ces efforts, la Chine déclare avoir rapatrié plus de 3 000 personnes depuis la fin des années 2012.

Des critiques contestent le Gouvernement chinois, déclarant que certaines de ces personnes sont revenues de leur plein gré. « Aucun fugitif ne s’est porté volontaire pour revenir »  déclarait Huang Ciping, dissident de premier ordre et directeur de la Fondation Wei Jingshen, basée aux Etats-Unis, association à but non lucratif pour une Chine démocratique respectant les droits de l’Homme.

Sur le sol chinois, l’utilisation du kidnapping et de la détention illégale est à ce point devenue partie prenante des procédures disciplinaires du Parti Communiste, qu’elle porte un nom : shaunggui. Pour isoler les suspects dans une affaire de corruption – souvent intimement mêlée aux luttes de factions au sein du Parti – les agents de sécurité les appréhendent, les détiennent en un lieu non divulgué et les torturent pour obtenir rapidement une confession. L’usage du shuanggui a drastiquement augmenté depuis le lancement de la campagne anticorruption par le Président chinois Xi Jinping.

Ces techniques sont désormais appliquées à l’étranger et chez les alliés des Etats-Unis. Parmi ceux-ci, l’Australie semble prendre de plein fouet les efforts actifs de la Chine. D’ après un ancien membre des Renseignements états-uniens, les kidnappings suspects dans ce pays approchent le nombre à deux chiffres et inclus de multiples affaires où les personnes ont été battues ou droguées puis embarquées sur un bateau en partance pour la Chine.

Dans d’autres cas, selon un ancien membre du Renseignement australien, les agents chinois détiennent des personnes sur le sol australien et utilisent la menace pour les forcer à quitter volontairement le pays. Il précise que le nombre de personnes forcées à retourner en Chine est largement supérieur à la dizaine.

* Skynet n’étant pas un substantif, voyez la page wikipedia à ce sujet, NdT

A suivre…Trois sur quatre la semaine prochaine …merci de votre intérêt.

Traduction France Tibet