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30/11/15 | 16 h 39 min

Les Tibétains à Conflans – une situation dramatique

Tentes

Sous la pression des associations et de citoyens, le Maire de Conflans, Laurent Brosse, avait finalement accepté l’année dernière qu’une cinquantaine d’entre eux puissent passer la nuit (uniquement pour la nuit, ils devaient quitter la salle dans la journée ) au chaud et à l’abri dans la salle Eugène Lecorre pour désengorger la péniche « Je sers » dont les capacités d’accueil sont limitées.

Cette ouverture avait été obtenue après l’arrêté municipal d’interdiction de l’ utilisation de la passerelle, qui ne se préoccupait pas de ce qu’allaient devenir les personnes qui y étaient. La mairie ayant fait détruire la salle Eugène Lecorre cet été, cette solution provisoire n’est donc plus possible.

D’autre part, le maire de Conflans a publiquement refusé d’accueillir les migrants et réfugiés sur la commune, sous prétexte que c’est à l’Etat d’intervenir.

Le nombre de 25 000 migrants que la France s’est engagée à accueillir, rapporté à la population de Conflans, représente à peine 20 personnes. 20 personnes pour une ville de plus de 30000 habitants, est-ce déraisonnable de penser que l’on puisse trouver des solutions de logement ?

Des citoyens de Conflans, devant les conditions épouvantables dans lesquelles vivent ces Tibétains, en accueillent certains chez eux, ne se cachant pas devant des arguments du type « ce n’est pas à moi de m’en occuper », mais tout simplement par souci d’humanité. Ils se substituent au devoir premier et non tenu de tout responsable digne de ce nom : protéger les plus démunis.

La mairie de Conflans n’a apparemment pas la même logique : quand on interroge le Maire, il nous est répondu « j’ai alerté la préfecture », lorsqu’il nous répond… Quand on voit quelqu’un de blessé au bord d’une route, on ne se dit pas « c’est aux pompiers d’intervenir, je les alerte et je m’en vais », on lui porte déjà secours et assistance. L’alerte est une chose, mais en attendant des gens dorment dehors sous des tentes en hiver, chez nous à Conflans.

Est-ce acceptable et tolérable ? : NON

S’il se produit un accident grave ou un décès, entendra-t-on « j’avais alerté la préfecture » ?

Depuis  la situation n’a cessé de se dégrader : des Tibétains dorment sous des tentes en face de Conflans dans des conditions indignes d’un pays qui est parmi les plus riches de notre planète, et d’un département qui est le deuxième le plus riche de France.

Il est vrai qu’ils sont moins visibles que lorsqu’ils étaient sur la passerelle et que les Conflanais ne sont pas forcément au courant de cette ignominie : nous conseillons à Monsieur le maire de traverser la Seine et d’aller voir les conditions dans lesquelles vivent actuellement ces personnes.

Avec les conditions climatiques extrêmes (froid, vent), il y a déjà eu des dégâts : branches tombant sur les tentes, blessant certaines personnes, un cas de tuberculose…. Sans compter les agressions dont ils pourraient être victimes.

Nous considérons qu’il s’agit de non-assistance à personnes en danger.

Il y a pourtant des locaux libres, non utilisés depuis des années, qui pourraient être mis à disposition pour l’hiver : aux Boutries, sur le site Thalès, des centaines de m2 de bureaux non utilisés.

Monsieur le maire et conseiller départemental : il y a des possibilités de logements, c’est juste une question d’humanité et de volonté politique : ouvrez les bâtiments publics, faites appliquer la loi de réquisition, c’est une urgence absolue !