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10/10/17 | 21 h 39 min

DHARAMSALA : Munie d’une paire de ciseaux, une touriste chinoise provoque une esclandre… lors d’une exposition de photos commémorant les 30 ans du soulèvement du 27 septembre 1987

Au monastère de Jokhang à Dharamsala, dans le nord de l’Inde, le 1er octobre 2017.Une femme chinoise attaque une parlementaire tibétaine après avoir arraché des photos d’une exposition installée à l’occasion du 30 ème anniversaire de la répression sanglante des manifestations de 1987 à  Lhassa. Photo gracieusement offert par un auditeur RFA.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La police de la ville de Dharamsala, dans le nord de l’Inde, a intensifié la sécurité autour d’un temple bouddhiste après qu’une femme chinoise ait attaqué, Lhagyari Namgyal Dolkar, députée du Parlement Tibétain en exil – TPE – et tenté de détruire des photographies lors d’ une exposition.

Des témoins ont déclaré à RFA qu’une vingtaine de policiers ont été dépêchés sur les lieux près du Temple de Tsuklakhang dans la ville, siège du Gouvernement tibétain en exil, dimanche dernier.

La femme chinoise a été identifiée par les médias locaux tibétains comme étant détentrice d’un passeport américain et nommée Zhu Wenqi. Elle s’est attaquée,  en lui  saisissant le visage, à la Présidente du Mouvement et responsable de l’exposition, la députée tibétaine en exil Lhagyari Namgyal Dolkar,

Cette femme  a également utilisé des ciseaux pour endommager des photos lors de cette  exposition organisée par des militants du Mouvement Guchusum, ONG regroupant des ex-prisonniers politiques tibétains libérés qui se sont exilés. Ils commémoraient les 30 ans de lutte non-violente du peuple du Tibet à Lhassa.

“Elle est soudainement apparue  dans l’événement, et en plus d’avoir agressé un vidéaste tibétain de VOA,  cette femme chinoise  a pris quelques photos, déclarant qu’ il s’agissait de vieilles et fausses photos, et a demandé pourquoi nous les exposions”,  déclarait Lhagyari Namgyal Dolkar.

“Elle s’est saisie d’ une photo et l’a détruite à coups de ciseaux. Elle refusait de quitter les lieux. Elle était enragée et arrogante. Nous craignions qu’elle puisse utiliser les ciseaux pour attaquer l’un de nous”.

La rencontre est devenue virale sur les sites web centrés sur le Tibet et les réseaux sociaux.

 https://youtu.be/7X7ssYU5DHQ

Le député a affirmé que rien dans cet incident n’était clair : cette femme agissait-elle de son propre chef, ou était-elle aux ordres de quelqu’un d’autre?

“ Néanmoins, c’est certainement un signal d’avertissement très sérieux ,  écrivait Lhagyari Namgyal Dolkar. « La chose la plus effrayante était  que cette femme utilisait le nom de Sa Sainteté le Dalaï Lama et prétendait être l’une de ses disciples”.

L’ancien directeur du mouvement, Lukar Jam Atsock,  déclarait à RFA: “ Tout à coup, cette dame non identifiée est venue et a commencé à tirer sur les photos en disant qu’elles étaient fausses”.

Lhagyari Namgyal Dolkar du Mouvement Gu-Chu-Sum a essayé de lui expliquer mais elle n’a pas écouté.

  L’ histoire du Tibet magnifiée par la propagande chinoise…

Il affirme que beaucoup de Chinois n’ont connu que la propagande officielle sur le Tibet émise par le PCC (Parti Communiste Chinois ) au pouvoir.
“Le point de vue idéologique de ces gens est le résultat de la tyrannie totalement unilatérale du Parti Communiste Chinois », a-t-il commenté. « Il semble qu’ils ne puissent pas connaître ce qui se passe au Tibet depuis 87 ans.”

Très peu d’informations, de photos ou d’images sont parvenues de Lhassa lors de la répression sanglante des manifestations pro-indépendance, le 1er octobre 1987,  les médias occidentaux avaient pourtant largement couvert les événements.

Six personnes ont été déclarées mortes après que la police chinoise ait tiré sur des manifestants tibétains pro-indépendantistes devant Temple du Jokhang à Lhassa. Le New York Times avait rapporté que des manifestants avaient jeté des pierres sur la police et mis le feu à un poste de police.

La poètesse et auteure tibétaine Tsering Woeser vient d’ indiquer sur son compte Twitter que la femme était “une poissonnière créée par la dynastie actuelle”, dans une référence satirique au Parti Communiste Chinois.

“Elle a dissimulé des ciseaux pointus en pénétrant dans l’enceinte du Temple où Sa Sainteté le Dalaï Lama enseignait le Dharma”, écrit Woeser. “Elle a brandi les ciseaux pour détruire une photographie prise lors de la  manifestation  réprimée de 1987 à Lhassa, en criant que c’était faux, et que les Tibétains n’avaient aucune compassion”.

Elle a frappé la caméra de sécurité, puis attrapé un Tibétain exilé qui essayait  de la raisonner”, explique Woeser. “Elle a également proféré un flot d’ordures envers certains bouddhistes venus de Hong Kong pour étudier le Dharma à Dharamsala. Ils ont tenté en vain, eux aussi, de la raisonner”.

Le Tibet Express, qui a identifié la femme comme Zhu Wenqi, a déclaré que les Tibétains concernés ont rapporté l’incident aux autorités indiennes. Zhu a été interrogée par la police indienne et est maintenant interdite d’assister à tout enseignement religieux du Dalaï-Lama, selon ce journal.

La militante démocrate basée aux Etats-Unis Rose Tang a déclaré que la femme pourrait être à la solde du Gouvernement chinois.

“Son comportement est  différent de celui d’un touriste chinois à l’étranger”, déclarait Tang.

“Nous n’excluons pas la possibilité qu’elle ait été embauchée par le Parti Communiste en tant que nationaliste ou espion », a-t-elleajouté. “Elle est là pour créer des problèmes et des malentendus et créer la haine entre les Tibétains et les Chinois.”

Tang, qui s’est rendue à Dharamsala deux fois ces dernières années, a dit qu’un nombre croissant de Chinois découvrent le bouddhisme tibétain et l’histoire non censurée du Tibet sous la domination du Parti Communiste, exposée par les Tibétains exilés en Inde.

En février 2016 , les médias d’Etat chinois ont fustigé la chanteuse et actrice de Hong Kong Faye Wong, ainsi que l’acteur l’acteur Tony Leung alors qu’ils s’étaient  assis près de deux personnalités-clés de l’entourage du Dalaï-Lama lors d’un événement bouddhiste tibétain en Inde.

Rapporté par Ng Yik-tung et Sing Man pour le service cantonal de la RFA, et Sangay Dorjee pour le service tibétain .

Traduction tibétaine par Dorjee Damdul.

Traduit et édité par Luisetta Mudie.

Traduction pour France Tibet : Laetitia Fromenteau