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11/05/18 | 12 h 53 min par Catherine Blanjean,

« Liu Xia. Lettres à une femme interdite » : Le cri d’une femme pour une femme. Et pour l’humanité.

Depuis que le prix Nobel de la paix a été décerné en 2010 à son époux Liu Xiaobo, Liu Xia, poétesse et photographe chinoise, est assignée à résidence, soumise à un étroit contrôle policier. Son seul « crime » : s’être proposée pour représenter son mari emprisonné lors de la remise du prix. Liu Xiaobo est mort en juillet 2017, des suites d’une longue maladie. Liu Xia, elle, n’a toujours pas retrouvé sa liberté et, depuis, on est presque sans nouvelles d’elle.

Quand elle a appris le sort fait à Liu Xia, Catherine Blanjean a entrepris de lui écrire des lettres dont elle savait pourtant qu’elles ne pourraient jamais lui parvenir. Pour tenter de comprendre ce qui la fait tenir au bord du gouffre, et pour pénétrer l’intensité de son amour pour Liu Xiaobo. Catherine Blanjean est alors allée à la rencontre des rares personnes capables d’évoquer Liu Xia ; elle s’est aussi plongée dans des textes qui parlent de la Chine et de son régime. Il en ressort le portrait bouleversant d’une femme « interdite ».

Ce livre est le journal de cette correspondance à sens unique.

Une découverte par l’intime de ce que signifie cette terrifiante « réduction au silence ».

Le cri d’une femme pour une femme. Et pour l’humanité.

Catherine Blanjean, musicienne et comédienne, dirige un lieu culturel dans la campagne wallonne.

MISE À JOUR SUR LA PÉTITION

« Liu Xia, Lettre à une femme interdite », de Catherine Blanjean

Béatrice DESGRANGES

France

10 MAI 2018 — « Liu Xia, Lettre à une femme interdite », qui vient de paraître aux éditions François Bourin, est la chronique d’une « rencontre » entre Catherine Blanjean, que rien, apparemment ne prédestinait à cette plongée dans le cauchemar chinois, et Liu Xia, la veuve de Liu Xiaobo.

Rencontre singulière ou plutôt rencontre au singulier puisque Liu Xia, soustraite au monde des hommes par le Parti communiste chinois, destinataire de cette « lettre à une femme interdite », reste condamnée au silence et à l’absence.

Catherine Blanjean, alertée par un ami sur le sort de l’épouse de Liu Xiaobo, part donc en quête de l’absente et de l’univers orwellien qu’elle habite à son corps défendant. La découverte des « vilains bébés » de Liu Xia, motifs privilégiés des photos que Guy Sorman a fait connaître au monde, est la première étape de son parcours initiatique. Des livres et des impressions de lecture jalonnent son itinéraire comme autant de chemins de traverse (Simon Leys, François Jullien et Thierry Marchaise, Hu Ping, « un ouvrage de Fabienne Verdier sur […] la calligraphie chinoise » et, bien sûr, Liu Xiaobo) mais aussi des rencontres, bien réelles : celle de Marie Holzman, la bonne fée qui héberge chez elle les dissidents chinois dans le « lit de la démocratie », celle de Jean-Philippe Béja, le traducteur de Liu Xiaobo, qui lui raconte l’amour de Liu Xia pour le réprouvé, celle de Liao Yiwu, l’auteur de « Dans L’Empire des ténèbres », qui a goûté par le menu les supplices de la Chine communiste pour avoir eu, dans « Massacre », la prémonition des horreurs de Tian’Anmen, Bei Ling, auteur d’une biographie de Liu Xiaobo et Philippe Grivon d’Amnesty International qui lui explique comment la Chine, en créant des valeurs originales, « délivrées » de l’universalisme occidental, pourrait bien attirer dans son sillage de nouvelles dictatures….

Mais voilà que le voyage est tout à coup interrompu par un coup de tonnerre, un mail de Marie Holzman qui annonce le cancer du foie dont se meurt le Prix Nobel…. « l’arbre seul, dressé, ne reverra pas le retour de l’oiseau », écrit Catherine Blanjean en évoquant deux des plus beaux poèmes de Liu Xia (vous avez pu les lire ici sous les titres « D’Un Oiseau l’autre » et « Comme Un Arbre en hiver »).

Le voyage initiatique de Catherine Blanjean épouse alors le chemin de croix de Liu Xia avec une nouvelle urgence, le désir de « partager » l’absence :

« De partager mon manque de toi 
Pour que tu manques à d’autres »

écrit-elle, tissant ses propres poèmes en prose à ceux de Liu Xiaobo et de Liu Xia…

Ceux qui liront ce livre découvriront en effet « le manque » de Liu Xia, un manque poignant ; ils joindront alors peut-être leurs voix aux nôtres pour exiger de nos politiques qu’ils fassent enfin entendre de Xi Jinping la voix du pays des droits de l’homme :

« Libérez Liu Xia, Monsieur le Président ! »

Autour de l’ouvrage

  • Liu Xia

    Lettres à une femme interdite
    Catherine Blanjean
    Date de parution:
    03/05/2018
    Format:
    14 x 20,5 cm
    Pages:
    144
    ISBN:
    979-10-252-0405-4
    Prix TTC:
    16 €

    Préface de Liao Yiwu