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01/06/18 | 15 h 54 min par Marie Colmant

LONDRES / Coupe du Monde Football Conifa : L’équipe du Tibet est allée recevoir la bénédiction du Dalaï Lama avant de partir pour Londres.

 A Londres, une Coupe du monde de football alternative avec des pays qui n’existent pas toujours.

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Aujourd’hui, l’organisation d’une Coupe du monde indépendante de la Fifa, avec des équipes de minorités, d’exilés ou d’autonomistes.

C’est une Coupe du monde de football un peu particulière dont le coup d’envoi sera donné jeudi 31 mai à Londres. Le premier match opposera l’équipe d’Elan Vannin à celle de la Cascadia. Ce n’est une blague. Cette Coupe du monde de football est organisée par la Conifa, la confédération des fédérations de football indépendantes. Une association créée en 2013, qui regroupe des équipes indépendantes, et qui s’est donné pour mission d’organiser cette Coupe du monde du troisième type.

Les 16 équipes qui se retrouveront à partir de jeudi à Londres, pour la troisième édition de cette Coupe du monde, viennent de tous les pays, de toutes les régions et elles ont toutes en commun de n’être pas reconnues par la Fifa. Par exemple, ce match d’ouverture : Ellan Vannin c’est l’équipe de l’île de Man, privée de Fifa parce qu’elle n’est pas une nation souveraine. Face à l’île de Man, l’équipe de Cascadia, une région du Canada qui rêve de faire sécession et de constituer un Etat indépendant avec l’Oregon.

La Padanie parmi les favoris

Ce sont donc 16 équipes de minorités, d’exilés ou d’autonomistes de tout poil, qui s’affronteront dans des petits stades jusqu’au 9 juin, jour de finale qui sera disputée dans le stade d’Enfield à Londres. Cette année, le grand favori est l’équipe de Padanie, une région du nord de l’Italie qui rêve de faire sécession avec le reste du pays, et qui affrontera dès jeudi après-midi le Matabeleland, autres sécessionnistes, du Zimbabwe ceux-là. La minorité hongroise en Roumanie a aussi son équipe, ainsi que la Kabylie, l’île de Tuvalu, l’Arménie de l’Ouest, les Coréens unis du Japon, et Chypre du Nord, occupée par les Turcs. N’oublions pas l’équipe du Tibet qui est allée recevoir la bénédiction du Dalaï Lama avant de partir pour Londres.

Comparée à la puissance de feu financière de la Fifa, la coupe de la Conifa fait figure de parent (très) pauvre. Seul le séjour des joueurs est assuré, ils doivent se payer le voyage et pour tout le reste, notamment l’accueil, les stadiers, etc., la Conifa fait appel à des bénévoles. Le but est de donner une chance à ces joueurs, explique l’association, leur offrir une exposition, qui les amènera peut-être vers une sélection dans la maison mère. La coupe de la Conifa sera diffusée en streaming à partir de jeudi.

Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Aujourd’hui, l’organisation d’une Coupe du monde indépendante de la Fifa, avec des équipes de minorités, d’exilés ou d’autonomistes.

Dans « Le monde de Marie ».

image : Le match Panjab-Jersey, en préparation pour la Coupe du monde de la Conifa, le 19 mai 2018. (CONIFA)

 et  l’équipe tibétaine : source phayul.com

Royaume Uni : La Coupe de l’autre monde

Les joueurs du Tibet remercient leurs fans. ben stansall/AFP
Les joueurs du Tibet remercient leurs fans. ben stansall/AFP

Le Mondial de football a commencé, loin de la Russie et sans Messi ni Cristiano Ronaldo. Celui de la Conifa, Confédération des associations de football indépendantes, non reconnues par la Fifa. Seize équipes le disputent actuellement à Londres. Le Matabeleland (région du Zimbabwe), le Pendjab (sous-continent indien), l’Abkhazie (région autonomiste de Géorgie), le Tibet (l’équipe a été bénie par le dalaï-lama) ou les Zainichi, les Coréens du Japon. Le premier match a opposé le Barawa à l’Ilam Tamoul, deux diasporas représentant une ville côtière de la Somalie et une région autonomiste du Sri Lanka. La Cascadie (biorégion de l’Ouest canado-américain) joue contre Ellan Vannin (l’île de Man en gaélique).

Les 47 membres de la Conifa représentent aussi bien des Etats souverains (Tuvalu, Monaco), des minorités ethniques (Araméens) ou religieuses (Rohingyas), des régions culturelles (Occitanie) ou des territoires revendiquant leur indépendance (Kurdistan). « Nombre de nos membres ont une histoire assez tragique », dit le président. « Il y a donc un respect et une compréhension mutuels ». Faute de moyens, des équipes ont recouru au financement participatif pour venir à Londres. Particularité sur le terrain : outre les cartons jaunes et rouges sont distribués des cartons verts en cas de triche ou contestation.