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02/11/18 | 15 h 18 min par Tenzin Dechen et Tenzin Saldon

MADRID / EXPOTURAL ( Salon international du commerce de Madrid ) : Présence du Tibet, en dépit des pressions de la Chine … qui se retire !! Bye Bye !

Le Président Lobsang Sangay, de l’Administration centrale tibétaine, a assisté hier à la cérémonie d’ouverture d’ Expotural 2018, la foire du commerce durable et de la montagne, à l’IFEMA (Foire internationale du commerce de Madrid). Il a été invité à parler de l’environnement du Tibet à l’Expotural 2018. Le vénérable Thupten Wangchen, membre du Parlement tibétain en exil, a dirigé la séance de prière lors de l’ ouverture du Salon.

Les exposants chinois présents au Salon ont immédiatement fait pression sur Expotural et l’IFEMA pour qu’ils retirent l’invitation adressée au président Sangay et au député Ven Thupten Wangchen. Lorsque les organisateurs ont refusé, les exposants chinois se sont retirés de l’IFEMA 2018.

Avec plus de 30 ans d’expérience dans l’organisation de foires commerciales, IFEMA, en tant qu’organisateur de salons, en a fait l’opérateur numéro un en Espagne et l’un des leaders en Europe. Les effets financiers de l’activité d’IFEMA sur la ville et la région de Madrid en tant que moteur du tourisme d’affaires représentent 2 milliards d’euros par an, soit environ 1% du PIB de la région, et environ 40 000 emplois directs et indirects.

Le salon Expotural est un salon du tourisme qui exalte les montagnes et les espaces naturels de la planète et se targue d’être le dernier héritage d’Edmund Hillary. Sa mission première est de sensibiliser à la conservation de notre planète.

Dans son discours, le président Sangay, avant tout, tenant à remercier les organisateurs, et en particulier la Maire de Madrid, Manuela Carmena, a déclaré: «À une époque où de nombreux dirigeants du monde craignent de me rencontrer à cause de la pression chinoise, vous m’avez très courageusement invité pour parler ici, lors de cet événement. Je vous remercie de m’avoir reçu dans ce Salon. Les Tibétains du monde entier saluent votre position morale.  »

image : Le Président du CTA, le Dr Lobsang Sangay, parle de l’environnement du Tibet et de son importance mondiale à Expotural 2018, la foire de la montagne et du commerce durable à l’IFEMA (Foire internationale du commerce de Madrid), le 1er novembre 2018. Photo / Bureau Sikyong

Au sujet du Tibet, le Président Sangay a commencé par décrire la relation unique que les Tibétains partagent avec l’environnement physique et  déclaré: «Pendant des siècles, les nomades tibétains du plateau tibétain étaient attachés à un mode de vie où ils pouvaient se déplacer librement dans les pâturages avec leurs tentes et leur bétail et pratiquer la gestion responsable de l’environnement. La relation intime de nos ancêtres avec l’environnement était si profonde qu’en grandissant en Inde comme exilés, nos aînés nous conseillaient, enfants, de ne pas cueillir de fleurs. Ils disaient que cueillir une fleur n’est pas différent de nuire à une autre personne.

«De même, certains touristes qui ont visité le Tibet se sont plaints auprès de moi de leur impossibilité de conduire sur la route principale au Tibet, car des familles tibétaines locales, y compris des enfants, bloquent la route afin de prendre les insectes et de les placer dans l’herbe à proximité, afin qu’ils ne soient pas tués.  »

Concernant le Bouddhisme, le Président Sangay expliquait : «En tant que bouddhistes tibétains, nous croyons au principe d’interdépendance. Nous nous définissons par la terre et les lieux sacrés qui façonnent notre monde. De nos jours, où le «je» est si important – de l’iPhone à l’iPad en passant par les selfies – le «je» en tant qu’entité singulière n’existe pas dans le bouddhisme et est défini par la nature et l’environnement dans lequel vous vivez. Il n’est pas étonnant que Bouddha soit né sous un arbre, ait atteint l’illumination sous un arbre, donné son premier enseignement sous un arbre, puis décédé plus tard sous un arbre. ”

Le Président Sangay informait ensuite le public des graves menaces auxquelles le plateau du Tibet est actuellement confronté, commentant les menaces auxquelles la communauté nomade du Tibet était confrontée, en particulier la réinstallation forcée de nomades causée par le nombre croissant de projets de développement menés par la Chine au Tibet.

«Selon le rapport 2007 du PNUD, les prairies tibétaines se transforment en désert à un rythme de 2 330 km2 par an. Malgré le ressentiment généralisé qu’elle provoque, la Chine investit dans l’accès aux terres nomades pour l’extraction des ressources. Cela nous amène à la question de savoir pourquoi la Chine a envahi le Tibet. Ce n’est pas un hasard si en chinois, le Tibet s’appelle Xizang, ce qui signifie littéralement « Maison des Trésors de l’ Ouest». L’une des raisons précises de l’invasion du Tibet par la Chine.

image : Ven Thupten Wangchen, membre du Parlement tibétain en exil, dirige la séance de prière de la cérémonie d’ouverture d’Expotural 2018, foire de la montagne et du commerce durable à l’IFEMA (Foire internationale du commerce de Madrid), le 1er novembre 2018. Photo / Bureau de Sikyong

« Les réserves du  plateau tibétain sont estimées à environ 30 à 40 millions de tonnes pour le cuivre, 40 millions de tonnes de zinc et plusieurs milliards de tonnes de fer. Avec plus de 7,8 millions de tonnes, la mine de cuivre de Yulong est en fait  la deuxième plus grande mine de cuivre en Asie. Le Tibet détient également plus de 90% des réserves de lithium de la Chine. Les communautés tibétaines locales ne tirent aucun avantage de ces extractions, tandis que les entreprises chinoises continuent de s’ enrichir dans ces régions du Tibet.

Il  ajoutait : «Les téléphones portables fabriqués en Chine ne coûtent pas cher car les Tibétains ne sont pas indemnisés pour les ressources qui leur appartiennent. Les Tibétains locaux se voient refuser le droit fondamental de déterminer comment leurs ressources économiques devraient être utilisées. Les opérations minières sont menées sans le consentement et l’implication du peuple tibétain local et, dans certains cas, même à son insu.  »

Le président Sangay  souligne aussi l’importance de l’écologie du Tibet à l’échelle mondiale en citant des scientifiques de l’Université de San Francisco qui  déclarent que l’étude du changement climatique  est impossible sans l’étude du Tibet. De même, selon les environnementalistes canadiens, la température au Canada, qu’il fasse chaud ou froid, dépend du climat au Tibet. La saison de la mousson en Asie est générée et régulée par le plateau tibétain.

«En outre, des scientifiques ont désigné le Tibet comme le château d’eau de l’Asie. Environ 1,4 milliard de personnes en Asie, soit un tiers de la population mondiale, dépendent de l’eau provenant du Tibet », a déclaré le président.

En conclusion, le président Sangay faisait observer avec humour le symbole diplomatique de la Chine : le panda géant.  «Qui n’aime pas les pandas ? La Chine utilise les pandas comme symbole diplomatique auprès d’autres pays. Cependant, le panda géant est un ours tibétain. Le plus grand laboratoire de pandas est situé dans le nord du Sichuan dans une région peuplée de  75% de Tibétains. Alors, la prochaine fois que vous voyez un panda géant au zoo local, rappelez-vous que c’est un ami du Tibet. J’ai lu des rapports selon lesquels les fossiles de panda les plus anciens ont été découverts en Espagne, ce qui suggère que l’origine de la lignée des pandas géants pourrait être située en Espagne. Il semble que le lien entre l’Espagne et le Tibet soit bien plus fort qu’aucun d’entre nous n’aurait imaginé. »

Le discours très  bien accueilli était salué par une salve  d’ applaudissements et  suivi d’une séance de questions-réponses.

– Déposé par Tenzin Dechen, chargé de communication, bureau de Sikyong

 Echange entre  Dr Lobsang Sangayl, Président du CTA et des membres des médias lors du Salon Expotural 2018,le 1er novembre 2018.

Photo / Bureau Sikyong

Le Président du CTA, le Dr Lobsang Sangay, au Salon Expotural 2018, Salon de la Montagne et du Commerce durable à l’IFEMA (Salon international de Madrid), le 1er novembre 2018. Photo / Bureau Sikyong

2 novembre 2018