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17/12/16 | 16 h 24 min par Silvana Grasso

Matthieu Ricard : « La photographie est une source d’espoir »

Matthieu

Jusqu’au 21 mai 2017, le moine bouddhiste tibétain Matthieu Ricard présente ses photographies dans le cadre de l’exposition De Foudre et de Diamant au musée Paul Dupuy à Toulouse.

Le musée Paul Dupuy expose une trentaine de vos photographies. Que représente pour vous cette discipline artistique ?

Une source d’espoir qui redonne confiance dans la nature humaine et ravive notre émerveillement face aux splendeurs de la nature.

Cette exposition présente une ambiance sereine et bienveillante. Que pensez-vous des images de violence désormais quotidiennes ?

Je dis que ces images sont nécessaires pour éveiller les consciences et inspirer notre détermination à intervenir et aider les autres. Sans jamais perdre de vue le potentiel de beauté intérieure que chacun possède en soi. Pour ma part je préfère montrer la réalité du bien et le fait que la plupart du temps les sept milliards d’êtres humains se comportent de façon décente les uns envers les autres

C’est le moine bouddhiste qui parle. D’ailleurs comment êtes-vous parvenu à ce niveau de spiritualité ?

J’ai rencontré de grands maîtres spirituels bouddhistes dans le nord de l’Inde en 1967. Je ne suis qu’un simple pratiquant qui doit encore beaucoup apprendre. Je pense que cela vaut la peine de faire son maximum pour devenir un meilleur être humain.

Que dites-vous à ceux qui prétendent que la méditation est réservée aux doux rêveurs ?

Chacun d’entre nous dispose du potentiel nécessaire pour trouver la paix intérieure et contribuer au bien d’autrui. Nous trouvons normal de passer des années pour apprendre à marcher, lire, écrire, à pratiquer du sport. Pourquoi des qualités humaines comme l’altruisme, l’attention et la paix intérieure ne demanderaient-elles aucun effort ? Si nous transformons notre façon de percevoir les choses, nous transformons la qualité de notre vie. Quant aux doux rêveurs… ils agissent aussi. Par le biais de l’association humanitaire Karuna que j’ai fondée il y a dix-sept ans, nous avons pu aider 400 000 personnes en Inde, au Népal, au Tibet. Au Népal après les deux tremblements de terre de 2015, nous sommes venus en aide à 200 000 personnes dans 620 villages.

Selon vous, l’homme nait-il bon ou fondamentalement égoïste ?

Je suis quelques mois par an en retraite dans un ermitage. Un besoin pour être ensuite plus proche des autres et éviter les conflits d’ego et les corruptions fréquents dans le monde de l’humanitaire. Selon des études, l’homme naît bon. Dès l’âge d’un an, les bébés manifestent des comportements d’entraide sans l’intervention des adultes. Tout dépend ensuite des valeurs que nous cultivons au fil de notre vie.

Comment peut-on vivre en 2016 sans portable ni machine à laver ? Je n’ai que deux vêtements. Que ferais-je d’une machine à laver ? Surtout dans un ermitage. La simplicité heureuse me suffit. Quant au portable, il est très utile quand je suis en voiture au Tibet à 4 000 m sur les routes de montagne pour rendre visite à l’une de nos cliniques ou écoles. Tout objet utile est le bienvenu. Quand au superflu, c’est un soulagement de m’en débarrasser.

En cette veille de Noël, quel est votre vœu ?

J’émets le vœu que chacun redécouvre et cultive en lui ou en elle le potentiel de bonté. Il faut promouvoir les valeurs humaines prônées par les grandes figures de notre temps : Gandhi, Nelson Mandela, Dalaï lama ou le Pape François. Et ne pas célébrer Noêl au prix de la souffrance et de la mort des autres. Y compris des animaux.


Musée Dupuy : le Tibet secret

Une trentaine de photos absolument superbes de Matthieu Ricard sont présentées au Musée Paul Dupuy (13 rue de la Pléau à Toulouse) jusqu’au 21 mai 2017 dans le cadre de l’exposition De foudre et de diamant. Porte-parole du Dalaï-lama, Matthieu Ricard, auteur et photographe, invite le visiteur à un voyage dans un Tibet inédit et au périple intérieur et extérieur au cœur de la spiritualité bouddhiste. Une plongée dans le secret des monastères mais aussi l’altruisme d’un regard, la bienveillance d’un sourire, l’humanité des moines…. Au cours de cette exposition, sont aussi présentées 24 peintures tibétaines anciennes, les thangkas «choses que l’on déroule». Des objets d’entraînement à la visualisation des divinités dans le bouddhisme tantrique.

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