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30/11/17 | 17 h 53 min par Hervé Morin

« Mille milliards de mille sabords »…ne touchez pas au YETI ! … Vives protestations de Tchang, Tintin, Milou et du Capitaine Haddock …

Le yéti n’a rien d’abominable : c’était un ours.

Une nouvelle analyse de reliques supposées de la créature mythique du Tibet et de l’Himalaya montre qu’elles proviennent d’espèces locales d’ursidés.


  » Reliques  » du YETI conservées au Monastère de Syangboche en pays Sherpa   ..

Un masque de Yeti utilisé lors de cérémonies monastiques au cours des intermèdes…

Et surtout ne pas oublier …

Allons …ne nous laissons pas aller à la tristesse …. Espèce de mitrailleur à bavette, Bulldozer à réaction, Macchabée d’eau de vaisselle, Bougres d’extrait de crétins des Alpes  !

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Ours brun de l’Himalaya, dans le parc national Deosai (Pakistan). Des échantillons attribués au Yéti provenaient de cette sous-espèce d’ursidés.

Ours brun de l’Himalaya, dans le parc national Deosai (Pakistan). Des échantillons attribués au Yéti provenaient de cette sous-espèce d’ursidés. ABDULLAH KHAN / SNOW LEOPARD FONDATION

Le yéti et autres créatures mythiques prisées par les amateurs de cryptozoologie sont décidément menacés par la génétique. En 2014, l’analyse de poils prélevés sur un yéti empaillé du Tibet indien et un échantillon du Bhoutan suggéraient qu’ils avaient pour origine une espèce hybride d’ours polaire et d’ours brun. Des prélèvements supposés venir de Bigfoot, l’équivalent américain du yéti, étaient eux aussi réduits à une collection d’animaux bien ordinaires : un raton laveur, un mouton, un cerf, un cheval, des ours noirs, des canidés, des vaches… et un humain.

Une nouvelle étude ADN, centrée exclusivement sur l’abominable homme des neiges, renvoie elle aussi vers diverses espèces d’ursidés. Charlotte Lindqvist, de l’université de Buffalo (Etat de New York), et ses collègues décrivent dans les Proceedings of the Royal Society B comment ils ont comparé douze échantillons d’ours asiatiques à neuf échantillons supposés provenir de yétis. Ceux-ci ont été fournis par Icon Film, une société de production britannique qui avait déjà réalisé, en 2016, un documentaire sur la quête du mystérieux primate, dans lequel intervenait Charlotte Lindqvist.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/11/29/le-yeti-n-a-rien-d-abominable-c-etait-un-ours_5222207_1650684.html#PtWzMqRJkeKcuM2T.99

LE MONDE |  • Mis à jour le  | Par Hervé Morin

Crédits : Eric Shipton / Domaine Public

Des chercheurs ont récemment analysé des échantillons censés être des restes de « l’abominable homme des neiges ». Le « yéti » serait finalement un ours des hautes montagnes de l’Asie, selon ses analyses ADN.

Vous rappelez-vous de « l’abominable homme des neiges » dans Tintin au Tibet ? Ce yéti, qui occupe une place importante dans la mythologie népalaise et tibétaine, a-t-il réellement existé ? Ou bien s’agissait-il d’un autre animal, bien réel cette fois-ci ? La science penche pour la seconde option. De récentes analyses ADN de restes supposés de yétis montrent que cette créature mystérieuse serait en fait un ours des hautes montagnes asiatiques, selon une nouvelle étude publiée mercredi 29 novembre dans les Actes de la Royal Society B.

 Charlotte Lindqvist, biologie à l’Université de l’État de New York, à Buffalo, et coauteure de cette nouvelle étude, a récemment analysé neuf échantillons de restes supposés de yétis. Ces échantillons comprenaient notamment des fragments d’os, de dent, des morceaux de peau, des poils et de la matière fécale, le tout collecté dans les montagnes de l’Himalaya et sur le plateau tibétain de la fin des années 1930 à aujourd’hui, depuis conservé dans des musées et collections particulières.

Après analyse ADN, l’un d’eux s’est avéré provenir d’un chien. Les huit autres échantillons correspondent à des ours noirs d’Asie, des ours bruns d’Himalaya et à des ours bruns tibétains. « Selon nos résultats, le yéti est un ours qui vit dans la région actuellement », résume Charlotte Lindqvist. « Cela peut être n’importe lequel » de ces trois ours locaux. L’ours brun de l’Himalaya (Ursus arctos isabellinu) est une sous-espèce de l’ours brun. Il est doté d’une fourrure assez claire et rousse. L’ours brun du Tibet (Ursrus arctos pruinosus, ou ours bleu du Tibet), a une fourrure plus foncée avec un « collier » blanc autour du cou. Le troisième est l’ours noir d’Asie (Ursus thibetanus). Il est plus petit et porte une sorte de collier blanc sur son poitrail.

Pour Charlotte Lindqvist, les résultats de l’étude permettent de montrer que le mythe du yéti « puise ses racines dans des faits biologiques réels » et se rattache aux ours locaux. « Cela avait été suggéré auparavant mais jamais confirmé directement avec une approche scientifique rigoureuse », souligne-t-elle. Cette étude n’est en effet pas la première à s’intéresser à l’ADN du « Yeti », mais les projets antérieurs comportaient des analyses génétiques plus simples, ce qui laissait des questions importantes non résolues.

En plus de remonter aux origines de la légende du Yeti, ce travail nous révèle également des informations sur l’histoire évolutive des ours asiatiques. « Les ours dans cette région sont soit vulnérables, soit en danger critique d’un point de vue de la conservation, mais on ne sait pas grand-chose de leur passé », explique la chercheuse. « Les ours bruns de l’Himalaya, par exemple, sont très menacés, et la clarification de la structure de la population et de la diversité génétique peut aider à estimer la taille de la population et à élaborer des stratégies de gestion ».

Les scientifiques ont ici séquencé l’ADN mitochondrial de 23 ours asiatiques (y compris les prétendus yétis), et ont comparé ces données génétiques à celles d’autres ours du monde entier. Cette analyse a montré que si les ours bruns tibétains partagent une ascendance commune étroite avec leurs parents nord-américains et eurasiens, les ours bruns de l’Himalaya appartiennent à une lignée évolutive distincte qui a divergé très tôt de tous les autres ours bruns. La scission se serait produite il y a environ 650 000 ans, pendant une période de glaciation, selon les scientifiques. L’expansion des glaciers et la géographie montagneuse de la région ont en effet pu mener à séparer les ours himalayens des autres espèces, menant à une période prolongée d’isolement et à un chemin évolutif indépendant.

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