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30/04/15 | 11 h 33 min

Népal: après le séisme, le chaos règne à Katmandou

La police anti-émeute a été déployée mercredi 29 avril à Katmandou pour restaurer le calme entre les sinistrés. AFP PHOTO / PRAKASH MATHEMA

Quatre jours après le séisme qui a frappé le Népal, la population de Katmandou commence à perdre patience, épuisée par les répliques, la baisse des réserves alimentaires et l’absence de logement. Le gouvernement reconnait des erreurs dans sa gestion de la catastrophe.

« Il y a eu des défaillances dans la gestion des opérations de secours ». C’est ce qu’a reconnu mardi soir le ministre népalais de l’Information, en soulignant que la catastrophe était « sans précédent », et en promettant d’« améliorer tout cela à partir de mercredi ». Mais ce mercredi matin, la population de Katmandou a commencé à perdre patience, épuisée par les répliques, la baisse des réserves alimentaires et l’absence de logement – cela fait quatre jours que les gens dorment dehors. Il y a eu des échauffourées entre habitants et police anti-émeute.

Depuis le séisme, plus de 100 000 personnes ont quitté Katmandou pour rejoindre leurs familles dans le reste du pays, en longues files d’autocars et de camions. 300 000 autres personnes devraient faire de même. Le gouvernement avait promis de mettre à disposition des bus spéciaux, en vain. Et tôt ce mercredi matin, rapporte notre envoyé spécial à Katmandou, Sébastien Farcis, une radio a annoncé qu’un ensemble d’ONG allait mettre à disposition 500 bus pour faciliter le départ vers les provinces. Des milliers d’habitants espérant pouvoir enfin partir, se sont alors rassemblés avant l’aube devant la gare routière formant une queue de plus d’un kilomètre de long.

En fin de matinée, seulement 40 bus étaient arrivés, les quelques conducteurs qui travaillent encore faisant parfois grimper les prix. Les sinistrés ont commencé à se battre pour monter dedans. La colère est montée et des échauffourées ont donc éclaté avec la police anti-émeute déployée pour que la situation ne dégénère pas – d’autant que la gare est située près du Parlement. Certains manifestants ont alors pris d’assaut un camion transportant de l’eau potable pour donner les bouteilles à la foule.

Cela montre le niveau de tension, de fatigue et d’inquiétude dans Katmandou. Depuis quatre nuits, une grande partie des habitants de la capitale dort sous des bâches, dans des parcs, dans les jardins des maisons ou sur les trottoirs, car plus personne n’ose rentrer chez soi, par peur que les habitations s’écroulent en cas de forte réplique. Mardi déjà, une manifestation s’était tenue devant la résidence du Premier ministre pour condamner un gouvernement que certains jugent « totalement absent ».