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10/02/18 | 12 h 19 min par @EvaDou

Une Nouvelle « Guerre Froide » ? La Chine dessine une route de la soie Arctique

Pékin publie un premier document d’orientation définissant ses ambitions dans la zone arctique…

Pékin : la Chine a avancé un nouveau pion dans l’Arctique, en publiant un document stratégique qui définit ses ambitions dans une zone du globe où le réchauffement climatique ouvre de nouvelles opportunités tant à la navigation qu’à l’extraction minière.

Dans son premier document d’orientation sur l’Arctique, Pékin admet que le territoire de la Chine n’est pas contigu au Cercle Arctique. Le document affirme cependant que la Chine est un « Etat Proche de l’Arctique », avec des vues sur le développement de la navigation, sur la recherche scientifique et l’exploitation du pétrole de la région, de son gaz, de ses minerais, de ses zones de pêche et de ses autres ressources naturelles.

« La Chine est un acteur de premier plan dans les affaires de l’Arctique », affirme le bureau d’information du Conseil d’Etat, le cabinet ministériel chinois.

Le document recouvre d’un vernis politique les activités croissantes de la Chine dans les régions polaires, que ce soit sur mer, l’envoi de porte-containers durant les mois les plus chauds ou dans des investissements de plusieurs milliards de dollars dans un projet de liquéfaction du gaz dans la péninsule russe de Yamal. Cette stratégie coïncide aussi avec les efforts de la Chine pour atteindre de nouvelles frontières, telles que la recherche spatiale et sous-marine, dans une surenchère visant à dépasser les Etats Unis et d’autres puissances.

« La Chine est vraiment performante dans la planification à long terme » a déclaré Malte Humpert, fondateur du thinktank «The Arctic Institute », basé à Washington, D.C. Il affirme que les projets chinois représentent un pari peu risqué, dont les profits ne pourraient pas survenir avant des dizaines d’années « Ils ont plusieurs longueurs d’avance. »

Pékin n’a jamais caché ses ambitions polaires. En 2013, à l’issue de plusieurs tentatives infructueuses, la Chine a obtenu le statut d’observateur au Conseil de l’Arctique, un forum d’harmonisation des politiques dont sont membres les USA, la Russie, le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Islande, la Norvège et la Suède – des pays ayant tous des territoires dans la zone arctique. L’an passé, le navire chinois de recherche brise-glaces « Le Dragon des Neiges » a navigué tout autour des rivages de l’Arctique pour la toute première fois.

Le document d’orientation semble en partie viser à apaiser les préoccupations internationales quant aux ambitions chinoises, avec l’engagement à respecter les standards et la coopération internationaux. Engagement est pris aussi de collaborer à la défense de l’environnement, dans le respect des opportunités économiques offertes par la fonte de la calotte glaciaire, un phénomène qui rend l’Arctique plus attractif pour la navigation et les investisseurs.

« La conséquence du réchauffement planétaire fait que les voies de navigation vont vraisemblablement devenir des voies majeures pour le commerce international, » peut-on lire dans le document. Il donne à la Chine la mainmise sur le développement d’une « Route de la Soie Polaire » de la coopération économique et sociale.
Toujours sur ce sujet dans le Nouvel Obs, les Chinois désormais maîtres de l’Arctique