Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

01/12/18 | 1 h 10 min par Bureau de France Tibet

PALDEN GYATSO, ardent défenseur de la cause du Tibet, moine et ancien prisonnier, vient de nous quitter …

La triste nouvelle que l’on craignait est arrivée ce matin samedi 30 novembre : celle de la mort de Palden Gyatso. Nous avons tous des pensées affectueuses pour cet homme tellement humain et en même temps tellement extraordinaire mais aussi le sentiment d’ une grande perte.
Son livre-témoignage nous a révélé son caractère résistant et compassionné, humble au-delà de l’ imaginable :« Le feu sous la neige ».
Grâce à ses récits et mémoires, nous découvrons la lutte incessante des Tibétains pour que soient enfin respectés leurs droits fondamentaux, qu’ ils puissent retrouver leur terre natale et y jouir de la liberté retrouvée. Ce qu’ il n’a cessé de défendre.
 A France Tibet, avec notre regretté ami Dominique Albert, nous l’avons reçu à Marseille et côtoyé à Dharamsala ; nous l’avons fait témoigner auprès du Groupe d’ études France Tibet de l’ Assemblée Nationale, reçu à l’ époque par le Député et Président du Groupe d’ études  pour le Tibet Jean-Michel Bélorgey ; nous l’ avons accompagné  avec tant d’autres membres des nombreuses associations participantes lors des Marches pour le Tibet, dont la Transalpine, de Nice à Genève, jusqu’ à l’ ONU.
Lors de ses interventions, il nous avait expliqué avoir absolument voulu se procurer ces instruments de torture, afin de porter à l’ Occident la preuve de l’utilisation de ces outils destinés à infliger, par ces « traitements inhumains et dégradants »* – dont Pékin semble se faire une spécialité -, de terribles souffrances aux prisonniers politiques tibétains, femmes ou hommes, dans les geôles chinoises.
En particulier, il avait expliqué l’ utilisation des matraques  électriques sur le corps et dans la bouche et expliqué avoir perdu toutes ses dents, dans des douleurs atroces, à la suite des multiples décharges électriques subies.
 Une association lui avait offert son dentier, qu’ il nous montrait  presque comme un symbole de la liberté retrouvée et de la fin du cauchemar auquel il avait survécu, voyant mourir la plupart des ses malheureux condisciples.
Nous remercions chaleureusement notre amie Danielle, de Marseille, qui vient de nous  communiquer les photos qui illustrent ce texte.
 
 
Très émue, Danielle nous confiait ce matin :
« En  2014, Palden Gyatso m’avait renouvelé ses remerciements pour toute cette motivation que nous lui insufflions. » 
 MERCI, cher Palden Gyatso pour votre exemple de courage infini et de résilience hors du commun.
 ADIEU, cher Palden Gyatso .. .
 Tashi Delek
Communiqué  France Tibet
« traitements inhumains et dégradants » : formulation onusienne 

DHARAMSALA, 29 novembre 2018 : Palden Gyatso, ancien prisonnier politique et porte-parole bien connu pour dénoncer les pratiques de torture pratiquées par la Chine au Tibet occupé, est décédé ce matin à l’hôpital de Delek.

Gyatso, qui a passé 33 ans dans une prison chinoise et dans des camps de concentration et de rééducation par le travail, au Tibet occupé, avait déclaré il y a peu qu’il souffrait de faiblesse et de complications liées au foie depuis quelques mois. « J’ai dit au médecin que je ne souhaitais pas subir une autre intervention chirurgicale, même si cela impliquait la mort », ajoutant qu’il avait eu sa part d’hôpitaux.

Le vétéran, activiste tibétain avait considérablement perdu sa masse corporelle et était dans un état physique faible, nécessitant une assistance constante. «Je suis heureux d’avoir vécu aussi longtemps. J’ai également été béni en prison lorsque j’ai failli mourir de faim, mais j’ai survécu contrairement à beaucoup de mes amis qui sont morts devant moi », avait-il déclaré à Phayul le 15 novembre.

Le moine tibétain a été arrêté en 1959 au plus fort de l’invasion chinoise pour avoir manifesté et conduit un groupe de moines à la révolte pacifique. Il avait fui le Tibet en 1992, après sa libération.

En exil, il est devenu le visage du génocide culturel chinois au Tibet et de la répression du peuple tibétain. Il a fait le tour du monde en exposant des outils de torture chinois*, qui ont tous été utilisés pendant des décennies de torture, d’interrogatoire et de «réforme mentale».

Ses récits personnels et ses témoignages de première main sur les traitements inhumains infligés par la Chine ont été entendus au Conseil des droits de l’homme des Nations unies à Genève en 1995 et au premier forum sur la liberté d’Oslo en 2009. En 1998, il a remporté le prix John Humphrey pour la liberté décerné par le groupe de défense des droits Droits et Démocratie.

Traduction France Tibet
Source phayul

 

 

 

Palden Lha conservait précieusement toutes les invitations acceptées pour les conférences données de part le monde.

A Marseille,  Padhen La s’ était montré tellement heureux d’avoir partagé ces moments avec  tous les défenseurs de la cause du Tibet.
En 2014, il m’avait renouvelé ses remerciements pour toute cette motivation que nous lui insufflions. Plus particulièrement dans nos MARCHES POUR LE TIBET telles que celles du Tigre, la Transalpine ou les 24 heures pour le Tibet, sans pour autant jamais se mettre en avant, tant sa modestie et son engagement étaient immenses.

Images aimablement transmises par Danièle de Marseille*, engagée dans cette défense des Tibétains depuis de longues années.  Avec notre regretté ami Dominique Albert, plusieurs membres de FRANCE -TIBET  partageaient ces événements, appréciant la formidable et incroyable humanité et compassion de Paldhen Lha.

https://www.facebook.com/Matchik.Labdreun

 

En anglais, vous pouvez consulter :

http://www.phayul.com/news/article.aspx?id=40985&article=Former+Political+Prisoner+Palden+Gyatso+dies&t=1&c=1

http://www.phayul.com/news/article.aspx?id=40989&article=Remembering+The+Indomitable+Palden+Gyatso+(1933-2018)%3a+By+Bhuchung+D+Sonam&t=1&c=1