Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

14/03/19 | 10 h 31 min par Yanan Wang / traduction France Tibet

PCC : Le Dalaï Lama n’est pas apprécié par les Tibétains

MARK SCHIEFELBEIN AP PHOTO

#RévolutionCulturelle2.0 : Ces affirmations de propagande vont dans le même sens que la destruction des temples

Des officiels chinois insistent pour dire que le Dalaï Lama n’est pas apprécié par les Tibétains

« Le peuple tibétain a plus d’affection pour le Gouvernement de Beijing que pour le Dalaï Lama » a déclaré mercredi dernier le chef du Parti Communiste du Tibet. Le Dalaï Lama est le chef bouddhiste du Tibet et l’a quitté après une tentative de révolte qui a échoué il y a 60 ans.

« Le Dalaï Lama n’a jamais rien fait de positif au Tibet depuis qu’il l’a quitté » ajoute le secrétaire du Parti Communiste du Tibet Wu Yingjie au cours d’une réunion du parlement chinois.

Les Tibétains sont au contraire « extrêmement reconnaissants pour la prospérité que le Parti Communiste leur a apporté » déclare-t-il.

Zhaxi Jiangcun, un délégué de la base citoyenne tibétaine à qui Wu a demandé de prendre la parole a indiqué qu’il n’y avait aucune adoration ou culte du Dalaï Lama au Tibet.

Dimanche dernier marquait les 60 ans de la rébellion de 1959 qui eut lieu à Lhassa, la capitale régionale. Le Dalaï Lama a depuis lors vécu en exil en Inde, pendant que le Tibet a dû faire face à une domination Chinoise de plus en plus dur. En 2008, des manifestations anti gouvernement ont abouti à des attaques contre des entreprises et des personnes de l’ethnie Han, la majorité ethnique du pays.
Le Gouvernement a ensuite déclaré que ces manifestations ont tué 18 personnes, le nombre de morts suite aux répressions policières qui ont suivi est par contre inconnu.

La Chine assure que le Tibet fait partie de son territoire depuis des siècles et considère le Dalaï Lama comme un dangereux séparatiste. Cependant, beaucoup de Tibétains insistent en disant qu’ils ont été indépendants pour la majeure partie de leur histoire et accusent la Chine de gouverner de manière autoritaire la région depuis que leur armée s’est frayé un chemin dans les montagnes himalayennes dans les années 1950.

Plus récemment, les région traditionnelles tibétaines ont été submergées par des auto-immolations par le feu de moines ou nonnes bouddhistes et des laïcs appelant au retour du Dalaï Lama, âgé aujourd’hui de 83 ans.

Beijing impose de sévères sanctions à ceux qu’elle accuse de promouvoir l’indépendance tibétaine. Tashi Wangchuk, un défenseur de la langue tibétaine, fut arrêté l’année dernière et condamné à 5 ans de prison pour le chef d’accusation d’incitation au séparatisme après qu’il soit apparu dans un documentaire vidéo du New York Times.

M. Wu a déclaré mercredi dernier qu’il n’existe aucune restriction sur la langue tibétaine et que les Tibétains sont au contraire encouragés à l’apprendre en plus du mandarin, la langue principale en Chine.

Il est difficile d’obtenir des informations sur les conditions de vie présentes au Tibet car les voyageurs étrangers ont besoin d’une autorisation spéciale pour pénétrer dans la région. Et cette permission est rarement donnée aux journalistes étrangers bien que M. Wu ait déclaré que tout le monde est le bienvenu au Tibet tant qu’ils passent par les canaux officiels.

Il a indiqué que certaines précautions étaient nécessaires pour protéger les touristes. La région a une altitude moyenne de 4500 mètres ce qui peut causer un mal de l’altitude.

« Beaucoup d’étrangers nous sont reconnaissants de telle précautions » assure M. Wu.

Au cours d’une visite à Prague mercredi dernier, Lobsang Sangay, Premier Ministre du Gouvernement tibétain en exil, a déclaré qu’il était ravi de voir un tel soutien pour les Tibétains en République Tchèque.

« Chaque fois que je viens ici, je suis encouragé et je reçois le carburant nécessaire pour revenir et dire qu’il y a des gens dans le monde qui nous soutiennent, qui croient en nous » nous assure Lobsang Sangay.

M. Sangay a ajouté que les Tibétains sont inspirés par la Révolution de Velours de 1989 qui a réussi à mettre fin à la domination communiste Tchécoslovaquie et a donné naissance à deux états séparés : la République Tchèque et la Slovaquie.

Il a également commenté la situation actuelle en Chine dans la région la plus à l’ouest (Xinjiang) dans laquelle vivent les minorités ethniques ouïghoures et kazakhs, majoritairement musulmanes.

L’ancien secrétaire du Parti Communiste du Tibet Chen Quanguo est maintenant le chef du parti dans le Xinjiang. Sous sa direction s’est mis en place un système étouffant de surveillance dans chaque recoin de la région et il est estimé qu’environ 1 million de ouïghours sont détenus dans des camps extra-judicaires que le gouvernement nomme sommairement « centres de formation professionnelle ».