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29/06/17 | 16 h 00 min par AFP / JOHN MACDOUGALL

PEKIN / BERLIN : IL n’est que temps … enfin ! « Merkel dénonce vivement l’expansionnisme économique chinois »

Berlin s’inquiète de l’appétit des investisseurs chinois pour les entreprises européennes.

L’Allemagne s’inquiète du transfert de ses technologies vers la Chine. ( AFP / JOHN MACDOUGALL )

Elle avait discrètement soutenu Emmanuel Macron sur le sujet, lors du dernier sommet européen, mais avait fait face aux réticences d’autres pays. Jeudi 29 juin, la chancelière allemande Angela Merkel passe à l’attaque, en mettant en garde jeudi contre l’expansionnisme économique de la Chine, qui considère l’Europe comme une « péninsule asiatique ». Elle s’est montrée ouverte à un veto européen sur certains investissements, dans le sillage du président français.

« La Chine a pour grande tradition de penser sur une longue période historique. Vu de Pékin, l’Europe est plutôt une péninsule asiatique », a déclaré Mme Merkel dans un entretien au ton très vif accordé à l’hebdomadaire économique Wirtschaftswoche. La chancelière reconnaît néanmoins que « des pans de l’économie allemande sont dépendants de la Chine », d’où les efforts de Berlin pour mener un dialogue avec ce partenaire commercial incontournable afin d’arriver à « un développement harmonieux à l’avantage de tous ».

APPÉTIT DES INVESTISSEURS CHINOIS

Berlin s’inquiète de l’appétit des investisseurs chinois pour les entreprises européennes. En 2016, l’Allemagne et l’UE n’avaient pu que constater, impuissantes, le transfert de technologies « made in Germany » lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l’électroménager Midea, pour 4,6 milliards d’euros.

C’est pourquoi l’Allemagne a discrètement soutenu la proposition du président français Emmanuel Macron visant à laisser plus de pouvoir à Bruxelles pour contrôler les acquisitions étrangères dans l’Union européenne, afin de protéger les secteurs stratégiques. Mais cette idée s’est heurtée à des résistances au sein de l’UE, notamment de la part du Portugal, de la Grèce et de l’Espagne, qui craignent qu’une telle mesure n’entrave les investissements étrangers chez eux.

DÉFENDRE L’INFLUENCE DE L’EUROPE

« L’Europe doit travailler d’arrache-pied à défendre son influence et devrait surtout parler d’une seule voix face à la Chine », a également exhorté la chancelière, qui accueillera les dirigeants des pays développés du G20, dont la Chine, à Hambourg pour un sommet les 7 et 8 juillet.

Citant l’exemple de récents investissements allemands dans le secteur des puces électroniques, Mme Merkel a estimé que « si des pays comme la Chine veulent simplement acheter ce qui vient d’être créé grâce à d’importantes subventions, nous devons réagir »

Boursorama avec AFP le 29/06/2017 à 13:29, mis à jour à 14:21