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16/07/16 | 11 h 43 min

Pékin se réjouit d’un « consensus » sur le développement du Tibet, une ONG critique

Forum

Une ONG a fustigé mardi des organisations et personnalités étrangères ayant participé à un forum organisé par le gouvernement chinois au Tibet, et à l’issue duquel Pékin s’est félicité du soutien « international » pour un « consensus » sur le développement de la région himalayenne.

Selon les articles enthousiastes de la presse d’Etat, « quelque 130 invités venant de plus de 30 pays et régions » se sont mis d’accord lors de cette conférence de deux jours à Lhassa, la capitale régionale, sur le fait que « le Tibet aurait un avenir radieux ».Le document final issu du forum rappelle la vision traditionnelle du Parti communiste chinois (PCC), selon laquelle priorité doit être donnée au développement économique du Tibet, a rapporté l’agence officielle Chine nouvelle. C’est encore « le meilleur moyen de pousser vers l’avenir la culture traditionnelle tibétaine », poursuit le texte de ce « consensus de Lhassa ».

Pour International Campaign for Tibet, une ONG basée aux Etats-Unis, ce forum n’était qu’une tentative de « blanchir » la répression politique que subissent les Tibétains et les dommages environnementaux infligés à la région. « La Chine construit de multiples barrages sur les rivières du plateau, ravage les paysages avec une exploitation minière à grande échelle, et intensifie l’urbanisation » forcée, selon L’ONG.

« Il est stupéfiant que des personnes étrangères représentant des institutions respectables appuient la propagande de Pékin, alors que des centaines de prisonniers politiques tibétains restent derrière les barreaux », a ajouté Matteo Mecacci, président de l’ONG.

La liste complète des participants internationaux au forum n’était pas disponible. Selon Chine nouvelle, un représentant de la prestigieuse Asia Society y assistait, aux côtés de chercheurs d’Italie et d’Afrique du Sud et de journalistes indiens, russes et thaïlandais. Les principaux médias occidentaux n’avaient pas été conviés.

Le document du « consensus » ne faisait nulle mention du dalaï lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain en exil réclamant davantage d’autonomie pour la région, et bête noire de Pékin qui l’accuse de mener des activités « séparatistes ».

De nombreux Tibétains dénoncent la répression de leur religion et de leur culture, estimant par ailleurs que l’essor économique profite surtout aux entreprises chinoises et endommage l’environnement.
Plus de 140 Tibétains se sont immolés par le feu depuis 2009 pour protester contre la domination chinoise.
Difficile pour les médias occidentaux de s’assurer de la situation sur place: les journalistes étrangers et ONG se voient habituellement refuser les permis pour s’y rendre.