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20/12/17 | 19 h 36 min par Béatrice DESGRANGES

Pétition en soutien à Hu Jiamin et sa femme, couple d’artistes franco-chinois, arrêtés en Chine

Un couple d’artistes franco-chinois arrêtés en Chine pour un hmage à Liu Xiaobo et à Liu Xia

Béatrice DESGRANGES

France

18 DÉC. 2017 — J’imaginais naïvement que la presse française reprendrait l’information. Mais rien, aucun journal, aucun de nos médias audiovisuels ne semble avoir eu vent de cette nouvelle qui concerne pourtant deux de nos concitoyens, victimes de la censure et de la répression implacables qui se sont abattues sur tout ce qui touche à Liu Xiaobo et à Liu Xia en Chine… Je traduis donc l’article du « South China Morning Post » dont je vous ai brièvement parlé dans ma dernière mise-à-jour. Je joins à ma traduction une photo de l’oeuvre incriminée. On y découvre, outre la chaise bleue de la cérémonie d’Oslo, outre le cordon de police, outre les barreaux de la prison et les caméras, bien des éléments symboliques.

Le titre de l’oeuvre, « Discordance des Temps », illustre la confrontation voulue par l’artiste entre le temps présent, symbolisé par la paysage urbain aux angles agressifs qui s’encadre dans la fenêtre de droite, et le passé de la Chine, symbolisé par le paysage de la baie centrale ainsi que par les courbes élégantes des portes-de-lune, des rochers et des jardins traditionnels.

Dans la première pièce, à droite, une silhouette accroupie, recouverte d’un voile, évoque Liu Xia, prisonnière du régime depuis 2010, disparue comme par enchantement depuis le 15 juillet. Derrière elle, un mur-écran, typique de l’architecture du Sud, est censé arrêter l’invasion de la demeure par les « âmes errantes », en souvenir, sans doute, des massacres de Tian An’men.

On aperçoit, derrière le mur, un rocher aux formes étranges, dont les sages faisaient un support de contemplation et de méditation. A gauche du paysage traditionnel, encadré dans la porte, un chien : il évoque peut-être le poème bouleversant de Liu Xiaobo « Mon petit chien est mort », dont je vous ai donné la traduction, à moins qu’il ne désigne « les chiens de garde » du régime. Le cheval qui lui fait pendant et dont on voit la croupe est peut-être une allusion à une expression chinoise 拍马屁 ou 排马屁, « flatter la croupe du cheval », qui fustige tous ceux qui se prosternent devant le pouvoir, comme le font, malheureusement, tant de nos politiques au lieu de s’engager, comme Hu Jiamin et Marine Brossard, pour la mémoire de Liu Xiaobo et la défense de Liu Xia.

Vous trouverez d’autres images dans l’article : http://www.scmp.com/news/china/policies-politics/article/2124573/artists-daring-tribute-late-dissident-liu-xiaobo-goes

(voir la mise-à-jour correspondante : https://www.change.org/p/mme-hidalgo-apr%C3%A8s-la-mort-de-liu-xiaobo-paris-doit-afficher-son-soutien-%C3%A0-liu-xia/u/21257938)