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24/11/17 | 13 h 19 min

PARIS / SALON MILIPOL / UNE PREMIERE INCROYABLE : DES ÉQUIPEMENTS DE TORTURE ILLÉGAUX ÉTAIENT PROPOSÉS À LA VENTE À PARIS… par au moins cinq entreprises chinoises !!

 A écouter sur FRANCE INTER samedi 25 novembre 2017  à 16h : « Comme un bruit qui court « 

https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court

Au moins cinq entreprises chinoises exposaient ou faisaient la promotion d’équipements interdits dans l’Union européenne. Les organisateurs ont fermé un stand et les pages des catalogues incriminés ont été déchirées.

Communiqué d’Amnesty International :

Nos chercheurs ont découvert des équipements de torture illégaux qui étaient mis en vente par des entreprises chinoises au salon Milipol qui se tenait dans la capitale du 21 au 24 novembre. Sur la base de nos constatations les services de contrôle du salon ont réagi.

L’importation et l’exportation d’équipements de torture sont interdites dans l’Union européenne (UE) depuis 2006. En 2016, l’UE a également interdit la promotion et l’exposition de ces équipements dans les salons professionnels. Milipol est l’un des plus grands salons organisés en Europe dans le domaine de la sécurité, et il se tient à Paris du 21 au 24 novembre 2017.

PRÉSENT DANS LE CATALOGUE ET SUR LE SALON DE MILIPOL

Pourtant, certains de ces articles découverts figuraient dans des catalogues présentés dans ce salon, et d’autres étaient exposés au salon, et l’on se demande comment ils ont pu être importés dans l’UE. Notamment des matraques à pointes, des fourches antiémeute à pointes envoyant des décharges électriques, des gilets envoyant des décharges électriques et de lourdes entraves pour les pieds, vendues par des entreprises chinoises sur le salon Milipol.

En ne faisant pas appliquer la législation, la France permet aux tortionnaires de venir faire leur marché. Milipol est le premier véritable test grandeur nature pour la nouvelle règlementation de l’UE sur les instruments de torture, et il est très inquiétant de constater que ces règles sont déjà bafouées, moins d’un an après leur entrée en vigueur

NOUS AVONS SIGNALÉ SES OBSERVATIONS AU SERVICE DE CONTRÔLE DU SALON.

Après quoi, la société qui exposait des équipements de torture interdits a vu son stand fermé par les organisateurs. Tandis que les catalogues des autres entreprises ont soient été retirés soit la page incriminée déchirée.

Des représentants de ce service ont dit qu’ils essaient de contrôler les stands pour surveiller la présence d’articles interdits de ce type. Il est nécessaire que Milipol accroisse de façon significative les ressources dédiées à cette tâche.

Liste complète des équipements vus par nos chercheurs au salon Milipol :

Entraves électriques pour les chevilles, fourches antiémeute à pointes envoyant des décharges électriques, gilets envoyant des décharges électriques, appareils à décharges électriques pour les cuisses, boucliers à décharges électriques pouvant être munis de pointes, entraves lestées pour les pieds, manchette de protection à pointes, lourdes entraves pour les pieds.

QUAND LA FRANCE ET L’UE MONTRERONT-ELLES L’EXEMPLE ?

En septembre, l’« Alliance pour des échanges commerciaux sans instruments de torture » a été lancée sous la houlette de l’UE par la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malström, lors de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Cette Alliance, dont fait partie la France, vise notamment à promouvoir la législation lancée par l’UE.

L’UE a ouvert la voie en ce qui concerne l’interdiction des équipements de torture, mais nous avons vu aujourd’hui des instruments de torture fièrement exposés au cœur de Paris. Si les États de l’UE ne mettent pas correctement en œuvre cette législation au sein même de l’UE, comment peuvent-ils persuader d’autres pays de mettre fin à cet atroce commerce ?

Nous demandons instamment aux autorités françaises d’enquêter de toute urgence sur l’importation de ces articles illicites. Elles doivent mettre en place des mesures garantissant la stricte application de la législation de l’UE afin que personne et qu’aucun pays ne continue de tirer bénéfice de ce commerce d’instruments conçus pour infliger des souffrances à des êtres humains

Un exposant du salon réservé aux professionnels du secteur de la sécurité intérieure des États vendait des « équipements de torture illégaux », découverts par Amnesty International.