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01/03/17 | 13 h 50 min

La presse officielle chinoise encense le revirement suisse sur la question tibétaine

La police suisse réprime les manifestants tibétains lors de la visite du Président chinois Xi Jinping à Genève en Janvier 2017.

Dharamsala-le 20 février. Global Times, le porte-parole des autorités chinoises a, dans un article publié ce jour, chaleureusement accueilli le revirement du Gouvernement suisse concernant sa politique d’accueil des réfugiés tibétains. Cette volte-face juridique oblige les Tibétains à abandonner leur nationalité tibétaine ou leur condition d’apatride, statuts pourtant reconnus jusqu’en juillet 2016, pour se voir imposer  la citoyenneté chinoise.

L’article en question reprenait la vieille antienne des autorités chinoises pour lesquelles le Tibet aurait toujours fait partie intégrante de la Chine et que les groupes séparatistes conduits par le Dalai Lama se sont toujours livrés, en exil, à des activités de nature sécessionniste.

Le Global Times encensait le Gouvernement suisse pour avoir « revu sa position sur le rôle prétendu de ceux-ci » et considérait cette évolution comme inévitable au regard des « disparités affectant la gestion de la crise des réfugiés » dans le monde.

L’article précisait encore qu’« alors même que l’ordre international est en pleine modification, il semble inévitable que Berne revoit et adapte sa politique. À court terme l’Union Européenne devrait être plus encline à camper sur sa position classique en continuant à se faire le chantre du politiquement correct et le champion des valeurs indépassables face aux changements politiques en cours en Grande Bretagne et aux Etats-Unis. Le récent refus de reconnaissance de la citoyenneté tibétaine par les autorités suisse a indubitablement porté un coup aux séparatistes tibétains ainsi qu’à leur prétendu « Gouvernement en exil »  dirigé par le quatorzième Dalai Lama. Puisque leur influence est déclinante, certains pays occidentaux auront à revoir leur utilisation de la question tibétaine comme moyen de pression sur les autorités chinoises lorsque le moine bouddhiste sera mort ».

Le Gouvernement suisse a été amplement critiqué pour avoir placé en détention de pacifiques manifestants tibétains au mois de janvier dernier alors que devait avoir lieu l’allocution du Président Xi Jinping à l’office des Nations Unies de Genève.  Ce revirement affectant la politique migratoire est considéré par les observateurs « comme un acte d’apaisement à l’égard des autorités chinoises ».

Il était également rapporté dans l’article en question que « Le refus de considérer un tibétain en exil comme provenant du « Tibet » ou comme « réfugié » est la conséquence directe d’une coopération diplomatique active construite entre la Chine et la Suisse. Les autorités helvétiques ont probablement dû réaliser qu’elles avaient plus à gagner à instaurer une solide relation bilatérale avec Pékin qu’à soutenir les séparatistes tibétains. Les politiciens occidentaux avaient coutume d’utiliser l’appui apporté au Dalai Lama pour affirmer leur supériorité idéologique. Pourtant, ce sujet pourrait à présent être utilisé  pour compenser l’influence chinoise sur la scène internationale. Plutôt que de minimiser les thématiques se rapportant au Dalai lama, Pékin devrait s’efforcer de trouver des solutions alternatives tout en faisant le nécessaire pour mieux intégrer les groupes ethniques minoritaires puisque la question tibétaine ne disparaîtra pas du simple fait de la mort du Dalai Lama ».

Avec l’approbation  des autorités fédérales helvétiques, un Bureau du Tibet à Genève est en activité depuis 1964 alors même que les premiers réfugiés tibétains ont été accueillis dès 1960 par le Gouvernement suisse. Actuellement, on compte près de quatre mille Tibétains vivant en Suisse , ce qui constitue l’une des plus importantes Communautés en Europe.

Traduit de l’anglais pour France-Tibet par Éric Pegorer.