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19/02/21 | 19 h 18 min par Pierre Martial

RANGOON / BIRMANIE : 1 million de Birmans manifestent en opposition à la junte militaire soutenue par Pékin

COUP D’ETAT MILITAIRE EN BIRMANIE. 12ème JOUR. UNE VERITABLE MAREE HUMAINE (ON PARLE D’UN MILLION DE MANIFESTANTS), ENVAHIT PACIFIQUEMENT RANGOUN. POLICE ET ARMEE IMPUISSANTES FACE AU NOMBRE.
Le Mouvement de Désobéissance Civile (MDC) sous l’appellation derrière laquelle se sont regroupées et agissent désormais de façon non-violente toutes les forces résistantes de Birmanie, l’avait annoncé hier: le mercredi 17 février, jour de l’ouverture du procès de la dirigeante démocrate Aung San Suu Kyi, arrêté et détenue illégalement par la junte militaire putschiste, ils s’empareraient de Rangoun!
Elles et ils l’ont fait! Sans haine ni violence! Avec toujours ce même calme. Cette inexorable détermination. Et ces méthodes de stratégie non-violente si particulières.
Depuis l’aube et venus de tout le pays, elles et ils ont afflué sur Rangoun . De toutes les routes et de tous les axes routiers. En voiture, en camion, à moto, en vélo ou à pied. Foule immense, démesurée. La voir si nombreuse, si serrée, si omniprésente donne le vertige. Femmes, hommes, enfants, très jeunes et très âgés main dans la main, tenant haut levé pancartes et drapeaux, photos et banderoles. Toutes et tous chantant, riant, criant, s’interpellant et s’entraidant. (photo 1)
Ce n’est plus une manifestation, c’est une marée montante, une déferlante, un tsunami pacifique!
Alors que, rappelons-le, la junte militaire a interdit depuis plus d’une semaine tout rassemblement de plus de 5 personnes sur la voie publique!!
Bloquer la ville. La ville la plus symbolique de Birmanie. Pour montrer leur force. Leur force inébranlable. Et leur volonté aussi.
A partir de 8 heures ce matin, elles et ils ont coupé tous les accès autour de Rangoun. Soudain, des hommes et des femmes se sont allongés les uns à coté des autres aux principaux carrefours pour bloquer tous passages aux voitures. A d’autres endroits, ce sont des murs de vélos entremêlés et cadenassés qui font office de barrages. Ailleurs, sur les grands ponts notamment, et en de nombreux endroits stratégiques, des centaines de voitures sont, au même moment, tombées mystérieusement en panne. Et leurs conductrices et conducteurs en sont sortis les bras au ciel sous les applaudissements de la foule et ont grand ouvert les capots de leurs voitures (photo 2), selon les consignes non-violentes du mouvement.
La police semble de plus en plus dépassée par les évènements.(photos 3) Les désertions, qui se multiplient en son sein, le montrent bien. Plus que les militaires, elle est au contact direct de la population. Elle subit ses interpellations permanentes, ses incitations à rejoindre le mouvement. Une partie des jeunes policiers ont l’air de plus en plus mal à l’aise. Et leurs chefs doivent se montrer de plus en plus autoritaires et violents pour les encadrer et leur faire mener des opérations offensives contre le mouvement.
L’armée, quant à elle, continue toujours sa stratégie de la terreur. La nuit dernière, elle a encore fait circuler des centaines de chars et de camions remplis de soldats dans tout le pays et autour de Rangoun, affolant, comme toujours, beaucoup plus les ambassades étrangères que la population.
« N’ayez pas peur de la peur » a appris Aung San Suu Kyi au peuple birman qui a bien retenu la leçon et connaît maintenant beaucoup mieux la stratégie des dictateurs.
Alors oui, bien sûr, les militaires ont les armes, les tanks, les fusils et tout ce qui va avec de sanguinaire, de destructeur et de terrifiant. Oui. Mais que faire contre cent mille, deux cents mille, cinq cents mille, peut-être un million de personnes qui n’ont pas peur et qui sont prêts à ne pas se laisser faire, à reprendre leurs droits, à libérer leurs leaders et amis. Sans armes certes. Ou plutôt pas avec les armes sales et terroristes qu’utilisent dictateurs et bourreaux . Mais avec les armes de l’intelligence, de l’obstination absolue, du courage sans limite, de l’humour aussi et de l’imagination!
Pour le moment, les militaires restent en embuscade dans leurs chars et leurs camions. Prêts à intervenir à chaque instant. Ils attendent des ordres qui tardent à venir… La junte semble encore hésiter. Le général-dictateur Min Aung Hlaing sait parfaitement à quel point le basculement dans la terreur qu’il déciderait, mènerait l’ensemble du pays et de sa population dans une spirale aussi infernale et destructrice.
Dont il est loin d’être évident qu’il en sortirait vainqueur…
Nous sommes avec vous du fond du coeur, amies et amis birmanes et birmans.
A bas les dictatures! Quelles qu’elles soient et où qu’elles soient!
Pierre Martial
A partager le plus largement possible, mes amies et amis. Vite.
Partager, c’est soutenir la résistance birmane. Elles et ils nous le demandent.
Merci à mes amies et amis birmanes et birmans pour les infos et vidéos, souvent en direct, qu’elles et ils me transmettent afin que je vous informe du mieux que je le peux.
Merci aussi à The Irrawaddy et Frontier pour les photos.
Dernière minute : mes amies et amis de la Communauté Birmane de France appellent à un rassemblement jeudi 18 février de 14 heures à 16 heures, place du Général Brocard à Paris. Solidarité!