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04/03/18 | 15 h 24 min

Rapport d’Amnesty International : toujours une sévère répression dans les zones tibétaines

Amnesty International, dans son rapport annuel de 2017-2018 publié jeudi, a déclaré que la répression menée dans le cadre des campagnes anti-séparatistes restait sévère dans les zones peuplées de tibétains et que le gouvernement continuait de rédiger et de promulguer de nouvelles lois sous couvert de la « sécurité nationale » présentant de graves menaces pour les droits de l’homme.

« Les tibétains continuent de subir des discriminations et des restrictions à leurs droits à la liberté de religion et de croyance, d’opinion et d’expression, de réunion pacifique et d’association », a déclaré le groupe de défense des droits de l’homme, ajoutant qu’au moins six tibétains se sont immolés cette année en protestation contre les répressions chinoises.

Depuis 2009, 151 Tibétains se sont immolés pour protester contre la domination du gouvernement chinois au Tibet, exigeant la liberté dans le pays et le retour du dirigeant spirituel tibétain exilé, Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Amnesty International craint que la « réglementation sur les affaires religieuses » révisée, entrée en vigueur le 1er février, ne soit un autre mécanisme gouvernemental permettant à l’État de contrôler tous les aspects des pratiques religieuses. « La loi révisée pourrait être utilisée pour réprimer davantage le droit à la liberté de religion et de croyance, en particulier pour les bouddhistes tibétains, les musulmans ouighours et les églises non reconnues », a déclaré le rapport intitulé L’état des droits de l’homme dans le monde.

Citant la mort en détention de Lui Xiaobo, éminent militant chinois et lauréat du prix Nobel, le rapport a noté la pratique consistant à détenir des défenseurs des droits de l’homme en dehors des centres de détention officiels et parfois au secret pendant de longues périodes. Il craint que cela ne constitue un risque supplémentaire de torture et d’autres mauvais traitements pour les détenus.

Le groupe de défense des droits a également souligné que la Chine renforçait son contrôle sur un cyberespace déjà bien censuré avec la Loi sur la cybersécurité, entrée en vigueur le 1er juin 2017. Conformément à la loi, les entreprises Internet opérant en Chine doivent obligatoirement censurer le contenu des utilisateurs.

Le rapport notait : « En septembre, WeChat, principal service de messagerie en Chine, a introduit de nouvelles conditions de service pour collecter un large éventail d’informations personnelles et a mis à la disposition du gouvernement des données sur ses plus de 900 millions d’utilisateurs. »

Traduction France Tibet