Le premier site d'actualité sur le Tibet

www.tibet.fr

29/03/18 | 14 h 17 min par Cédric Alviani

REPORTERS SANS FRONTIÈRES appelle la Chine à libérer les journalistes-citoyens emprisonnés en prévision du prochain Examen Périodique Universel de l’ONU

Xi Jinping, President of China, speaks at the United Nations Sustainable Development Summit during the United Nations General Assembly in New York on September 26, 2015. AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY / AFP PHOTO / TIMOTHY A. CLARY

Dans ses recommandations en vue du prochain Examen Périodique Universel de l’ONU concernant les droits humains en Chine, RSF demande à Pékin de libérer les quelque 50 journalistes-citoyens actuellement sous les verrous.​

Reporters sans frontières (RSF), association internationale indépendante de défense de la liberté de la presse dotée du statut consultatif à l’Organisation des Nations Unies (ONU), vient d’émettre des recommandations à la République Populaire de Chine dans le cadre de la préparation de l’Examen Périodique Universel (EPU) de ce pays, qui sera tenu cet automne par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

RSF demande en particulier la libération immédiate et inconditionnelle des quelque 50 journalistes et blogueurs emprisonnés, dont dix sont directement en danger de mort du fait d’une politique délibérée de mauvais traitements et de privations de soins. RSF demande aussi au régime de Pékin de cesser de bafouer sa propre constitution, qui mentionne “la liberté de parole et de presse’’(article 35), interdit “toute incarcération illégale”, prévoit la “dignité personnelle” des citoyens et “l’inviolabilité” de leur domicile (articles 37, 38 et 39) et “la liberté et le secret des correspondances” (article 40).

Promesses non-tenues

La procédure d’EPU consiste à passer en revue à tour de rôle, de manière cyclique, la situation et les réalisations de chaque État membre de l’ONU dans le domaine des droits humains. Lors du précédent cycle concernant la Chine, en 2013, Pékin s’était engagé à améliorer la situation de la liberté de la presse, mais cette dernière s’est au contraire considérablement dégradée. En cinq années de mandat, le président Xi Jinping a placé les médias publics comme privés sous un contrôle renforcé du Parti communiste et a développé la censure et la surveillance d’internet à un niveau inédit.

Pékin avait aussi accepté des recommandations la pressant d’engager le processus de ratification du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui bannit la torture et garantit la dignité des détenus. La promesse n’a pas été tenue, bien au contraire : les journalistes-citoyens sont devenus l’une des cibles privilégiées du système dit de “résidence surveillée dans un endroit désigné” qui institutionnalise l’enlèvement, la détention au secret et la torture des prisonniers.

RSF s’inquiète enfin du risque de contagion du modèle répressif chinois : le pouvoir de Pékin est en effet de plus en plus actif à promouvoir à l’international son ”nouvel ordre de l’information”, basé sur la censure et la surveillance, et duquel l’éthique journalistique et le droit des citoyens à l’information sont exclus. En 2017, la Chine occupe le bas du classement RSF de la liberté de la presse (176e sur 180 pays). —
REPORTERS SANS FRONTIÈRES/ REPORTERS WITHOUT BORDERS
Cédric Alviani
Directeur du bureau de Taipei (Asie de l’est)
Taipei Bureau Director (East Asia)
_________________________________________________
CS 90247
75083 Paris Cedex 02