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24/02/19 | 11 h 39 min par Ngawang C. Drakmagyapon / traduction France Tibet

Répression de manifestants tibétains contre des activités minières polluantes : l’ONU demande à la Chine de s’expliquer

forces de police face à une protestation contre des opérations minière dans le comté de Dzatoe. 2013. File image

 Selon les informations disponibles dans le document A / HRC40 / 79 du 12 février 2019, publiées juste avant la 40e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, six experts des droits de l’homme des Nations Unies demandent des justifications concernant le recours excessif aux forces de police, face aux défenseurs de l’environnement et des Droits de l’Homme tibétains, pour des faits ayant eu lieu dans la province du Qinghai.

La police armée réprime une manifestation anti-mines dans le comté de Dzatoe en 2013

Dans une lettre datée du 28 août 2018 adressée aux autorités chinoises et faisant l’objet d’allégations communes (AL CHN 17/2018), ces mandats du Conseil des Droits de l’Homme indiquent que la police chinoise aurait eu recours à un recours excessif à la force en dispersant une manifestation pacifique d’une centaine de défenseurs des droits de l’Homme tibétains. Cette manifestation a été menée contre les activités minières préjudiciables à l’environnement à Kham Yushul, dans la préfecture autonome tibétaine de Yushul, dans la province du Qinghai.

« La police a apparemment agressé des manifestants et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Plusieurs manifestants ont été laissés inconscients. Au moins un manifestant a été hospitalisé à la suite de blessures causées par les coups et les gaz lacrymogènes… Environ 60 citoyens locaux ont signalé aux autorités provinciales cette utilisation excessive de la force et leur a demandé d’intervenir. Cependant, les autorités n’auraient pas répondu », déclare la lettre.

« Veuillez expliquer pourquoi les autorités n’ont pas réagi lorsque les habitants de la localité ont signalé ces actes de violence de la part de la police », demande cette communication de 7 pages à Beijing.

Selon les experts, la manifestation marquait son opposition aux activités minières sur le plateau tibétain, activités menées sans consentement libre, sans information préalable donnée à la population locale et portant atteinte à l’environnement par pollution des principales rivières.

Cette intervention indique également que les autorités « auraient omis d’informer avec précision la population locale des activités minières, en affirmant au départ que ces travaux consistaient à construire des routes ».

Dans leur enquête, les experts s’inquiètent du fait que ces actes policiers constituent une mesure de représailles directe et disproportionnée contre les défenseurs des droits de l’environnement, réprimant l’exercice légitime de leurs droits de réunion et d’association pacifiques.

Rappelant les communications précédentes du 10 février 2017 et du 16 février 2018 sur Tashi Wangchuk (considéré comme défenseur de la langue tibétaine), les experts prennent acte de la réponse de la Chine du 27 mars 2017, mais regrettent qu’elle « ne se penche pas sur la manière dont les restrictions sont appliquées aux Tibétains, comme M. Wangchuk, et ne se conforme pas aux normes internationales des Droits de l’Homme. »

Cette communication conjointe rappelle également aux autorités chinoises que Zeid Ra’ad Al Hussein, Commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies, dans sa révision des droits humains auprès du Conseil des Droits de l’Homme du 18 juin 2018, avait averti que la « situation des droits de l’Homme se détériore rapidement » dans la Région Autonome du Tibet.

Faisant référence au droit international des droits de l’Homme, les experts ajoutent que le Pacte International relatif aux Droits Economiques, Sociaux et culturels (PIDESC), duquel la Chine fait partie depuis le 27 mars 2001, établit à l’article 1 que « toute personne (…) peut poursuivre librement son développement économique, social et culturel » et, à l’article 12 : le « droit de toute personne à jouir du meilleur état de santé physique et mental susceptible d’être atteint ».

La 40ème session du Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies se déroulera du 25 février au 22 mars 2019.

DRIRI ( TIBET) : 30 Tibétains arrêtés et détenus après une manifestation contre l’ exploitation minière .