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30/12/17 | 21 h 57 min par Lhamo Tso et Benpa Topgyal. ( trad)

SAN FRANCISCO : « Les souhaits de ma famille ont été exaucés »… interview de Lhamao Tso, épouse du cinéaste Dhondup Wangchen juste réfugié après son évasion réussie …

Dhondup Wangchen and Lhamo Tso (3rd and 4th from right) are shown with their children in San Francisco following Wangchen's escape from Tibet, Dec. 25, 2017.

Le 25 décembre, le cinéaste tibétain Dhondup Wangchen  arrivait à San Francisco sain et sauf,  après sa fuite du Tibet où il avait été emprisonné pendant six ans pour avoir produit le film intitulé « Leaving Fear Behind », documentant les conditions de vie des Tibétains. Le 28 décembre, Tashi Wangchuk, journaliste de Radio Free Asia  -RFA-, questionnait  Lhamo Tso, épouse de Wangchen, sur ses sentiments après leurs retrouvailles.

RFA: Quand Dhondup Wangchen est arrivé en Amérique, qu’est-ce qui vous a traversé l’esprit?

Lhamo Tso: Cela faisait dix ans, deux mois et dix jours que nous nous étions vus pour la dernière fois. Et maintenant, après tant d’années, nous nous sommes finalement retrouvés ce 25 décembre. En général, c’est une cause de joie parce que c’est un jour nouveau pour nous en tant que famille. Mais en même temps, c’est un sentiment de joie mêlé de chagrin. Cela fait trois jours que nous nous sommes retrouvés, mais nous nous demandons toujours si c’est vrai.

RFA : Qu’ ont dit Dhondup Wangchen et les enfants lorsqu’ils se sont vus? Quels étaient leurs sentiments? 

Lhamo Tso: Dans le passé, je pensais que les enfants oubliaient et avaient peu de souvenirs. Mais quand Dhondup Wangchen est arrivé en personne et les a étreint, et a parlé avec eux, j’ai vu que leurs visages changeaient. Leur façon de parler a également changé. Je n’ai jamais vu un tel changement dans leurs manières. Alors maintenant, quand je pense à eux, je sens qu’ils ne sont pas seulement des enfants. Ils sont comme des adultes, avec les mêmes sentiments de chagrin d’ avoir autant « manqué  » leur père. Ils couraient souvent en sautant et demandaien t: «Quand notre père rentrera-t-il à la maison? Demain ou peut-être après demain?» Même maintenant, je suis dans un état de joie et de tristesse mélangés.

RFA : Qui l’a aidé à s’échapper avec succès?

Lhamo Tso: Principalement son frère aîné Jamyang Tsultrim en Suisse, son ami Wangpo Tethong et plusieurs autres amis. C’était aussi grâce à tous ceux qui avaient aidé à la production et à la promotion de son film dès le début. Il y a eu aussi des personnes qui ont aidé au sein de divers gouvernements, qui manifestaient un intérêt particulier pour son cas et qui ont écrit au gouvernement de la Chine, demandant sa libération. À tous ces amis et sympathisants – à tous ceux qui ont aidé de bien des façons pour me soutenir -, j’aimerais dire «merci» du fond du cœur.

RFA : Y a-t-il autre chose que vous aimeriez dire ?

Lhamo Tso : A travers cette interview, je voudrais aussi dire «merci» à ces amis, hommes et femmes, qui ont manifesté leur soutien à mon mari Dhondup Wangchen. Pour ceux qui vivent dans d’autres pays, pour ceux qui m’ont appelée au téléphone, et pour ceux d’entre vous qui nous ont fait savoir que nous étions dans leurs cœurs, même si vous étiez dans l’incapacité de l’aider : je vous suis reconnaissante d’avoir partagé vos sentiments et vos préoccupations pour nous, cela m’a aidé à accroître  ma volonté et m’a montré, que dans vos coeurs, vous aviez le même souhait pour la réunion de notre famille.

Aujourd’hui, je pense que les voeux de ma famille sont pleinement exaucés et je tiens à dire que je ne me suis jamais sentie aussi heureuse. qu’aujourd’hui.

image : Dhondup Wangchen et Lhamo Tso (3ème et 4ème à partir de la droite) s avec leurs enfants à San Francisco après l’évasion de Wangchen du Tibet, le 25 décembre 2017.

Traduit du tibétain par Benpa Topgyal.

Traduction France Tibet