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06/02/17 | 21 h 15 min par Serge Coste

SCIEZ ( 74) : « Jean Luc Bidal n’est ( toujours ) pas un pékin moyen »

Sciez A

 

Source Le Faucigny

Nos lecteurs s’en souviennent, le maire LR de Sciez-sur-Léman, Jean-Luc Bidal, n’avait pas vraiment apprécié qu’une délégation diplomatique chinoise déboule dans sa commune pour lui indiquer comment censurer le vingtième anniversaire de l’association « Objectif Tibet », les samedi 5 et dimanche 6 novembre. Entré en résistance, l’édile avait même de chanté l’hymne tibétain ce week-end là. Le nouveau préfet vient de le rappeler à l’ordre. Sans plus de succès …

Le courrier, envoyé le 15 décembre par le nouveau préfet de la Haute-Savoie,   Pierre Lambert, n’a que modérément enthousiasmé la mairie de Sciez-sur-Léman.

Le représentant de l’Etat demandait « expressément» à la Commune de retirer le drapeau tibétain remonté le 5 novembre, à l’occasion du 20 ème anniversaire de l’association« Objectif -Tibet». Au motif, continue la missive, que « le principe de neutralité des services publics s’oppose à ce que soient apposés sur les édifices publics des signes symbolisant la revendication d’opinions politiques, religieuses ou philosophiques ». L’étendard illégal doit donc être retiré sur le champ.

Jean-Luc Bidal, le grand résistant qui trône à la tête de cette modeste commune, est d’autant plus étonné que le fait n’est pas nouveau. Cela fait en réalité depuis 2008 que le drapeau tibétain flotte sur la mairie de Sciez. Date à laquelle, celle-ci a rejoint la campagne« Drapeaux pour le Tibet sur les Mairies » lancée en 1998 par l’association «France-Tibet». Elles sont «jusqu’à 678 villes en France et plus de mille en Allemagne», précise l’association, à hisser le drapeau du Tibet sur leur fronton, chaque 10 mars, pour commémorer « le premier soulèvement des Tibétains à Lhassa contre l’envahisseur chinois, suivi de la fuite en exil en Inde du Dalaï-lama ». De quoi donner bien du travail aux préfets de France.

Mieux encore, lors du passage de la flamme Olympique à Paris, en juillet 2008, rappelle encore les « illégaux» « un fort mouvement de protestations s’est développé en France pour dénoncer les exactions faites au peuple du Tibet par les autorités chinoises. On ne compte plus les mairies qui ont hissé à cette occasion le drapeau du Tibet pour toute la durée des JO et certaines ont décidé de le maintenir en permanence». C’est le cas de la municipalité de Sciez. Sans que cela ne gêne personne.

A preuve, note la mairie, « depuis 2008, ce drapeau n’avait fait l’objet d’aucune interdiction, ni de la part des Préfets précédents ni des Ministres de l’intérieur des Gouvernement successifs, toutes tendance confondues ».

Alors, quelle abeille a bien pu piquer le nouveau Préfet de la Haute-Savoie pour qu’à peine arrivé, il se saisisse de ce dossier « visiblement bien plus urgent que les problèmes de pollution et de manque de neige dans les stations », s’étonne l’association France-Tibet ? Les « frondeurs » se perdent en conjectures.

Ils se repassent le film : au cours des printemps et été 2016, la commune a modifié le réseau routier autour de la mairie. Ces travaux ont nécessité le démontage des mâts. Certes ; « mais suite à (notre) demande, il a été convenu de remettre en place le drapeau à l’occasion de (notre) 20ème anniversaire, le 5 novembre ». Etant précisé qu’« il était prévu juste une petite cérémonie. Sans plus ». Du moins, le pensait-on.

Or, quelle ne fut pas la surprise du maire de voir débarquer, une quinzaine de jours avant la fête, la consule et le vice-consul de Chine, accourus « en déplacement touristique» depuis Lyon, pour déconseiller à la mairie de hisser l’étendard litigieux. Lui rappelant gentiment que « le Tibet n’est qu’une province chinoise et que son  initiative pourrait être lourde de conséquences» (le Faucigny du 3 novembre).

Résultat de cette petite pression amicale, Jean-Luc Bida,l le rebelle, a hissé le drapeau … et n’a toujours pas obtempéré aux injonctions du Préfet.

En réponse, il explique que« notre cas est bien différent de celui( … ) de la décision du Conseil d’Etat du 27 juillet 2005 concernant la commune de Sainte Anne, en Martinique. A Sainte Anne, il s ‘agissait d’un groupe local isolé, certainement séparatiste». A sciez, rien de cela. Juste un mouvement citoyen. Et de rappeler qu’il n’a rien d’une brebis égarée sur le territoire de la République Française. « Il existe à l’Assemblée Nationale un« Groupe d’étude sur la Question du Tibet» et au Sénat un« Groupe d’information Internationale sur le Tibet» qui regroupent près de 200 élus. La Campagne« Drapeaux pour le Tibet sur les mairies » a été présentée officiellement auxSsénateurs il y a quelques années. Cette Campagne est donc connue de ces Groupes et ils la soutiennent».

De plus, continue l’argumentaire,« à ce jour prés de 80 communes en France sont partenaires d’une autre Campagne connue de nos autorités : le « Parrainage d’une ville tibétaine par une ville  française». Le 11 septembre 2011, la municipalité de Sciez a voté à l’unanimité le Parrainage de la commune de Gyalthang ». Si c’est pas de la provocation, ça …

Il est vrai, conclut « France-Tibet», que« la présence de ce drapeau du Tibet, dans toutes les villes et villages de France qui adhèrent à cette campagne de parrainage, et en particulier Paris XI ème, n’est pas un geste anodin ». Il est « l’expression de citoyens qui, par le vote de leur conseil municipal, affirment leur attachement à la défense des droits fondamentaux des Tibétains, droits continuellement violés au Tibet».

Et l’association de terminer qu’« en toute logique, dans le même ordre d’idée, on pourrait aussi se demander si les Savoyards ne vont pas aussi devoir retirer ce symbole qu’est le drapeau à croix blanche arboré sur de nombreux édifices de Savoie et Haute Savoie ! »

Thonon

 

Bidal2L’HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DU PRÉFET ?
Pour l’association « France-Tibet  » l’empressement du nouveau préfet à vouloir faire tomber le drapeau tibétain de la mairie de Sciez-sur-Léman lui aurait-il été, soufflé à l’oreille par le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer en personne ? « Curieusement, expliquent ses représentants, on remarquera que M. Bernard Accoyer, ancien Président de l’Assemblée Nationale et député-maire d’Annecy-le-Vieux, est également … vice-­président du Groupe d’Amitié France Chine à l’Assemblée Nationale. Voilà une coïncidence que d’aucuns pourraient qualifier de spectaculaire. Ce que nous ne ferons pas, bien sûr ! » « Le Faucigny » non plus. (sic)

Serge Coste
Le Faucigny, hebdomadaire savoyard