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05/04/17 | 13 h 39 min

Selon Kanwal Sibal, ancien Ministre des Affaires étrangères indien, « la revendication du Tibet pour une autonomie est légitime »

« Le programme de Sa Sainteté le Dalai Lama reconnaît que le Tibet fait partie de la Chine mais avec une réelle autodétermination et un authentique respect pour son autonomie, ce qui constitue une revendication légitime », a déclaré hier l’ancien Ministre des Affaires étrangères et ambassadeur, Kanwal Sibal, lors de sa visite au parlement tibétain à Dharamshala.

« Si l’armée chinoise stationne au Tibet actuellement, comment peut-il être autonome ? » a-t-il ajouté, se référant au déploiement à grande échelle de l’armée chinoise au Tibet, en opposition avec les réclamations du Tibet à être une région autonome.

L’ancien Ministre des Affaires étrangères indien a apporté des précisions sur les avancées importantes que l’Inde pourrait faire politiquement afin de régler la question du Tibet. « En premier lieu, l’Inde commencerait par rappeler qu’elle a reconnu le Tibet comme une région autonome de la Chine, et non comme une région occupée militairement par la Chine. Que cette distinction soit faite progressivement. En second lieu, nous devrions dire aux dirigeants chinois qu’ils ont la responsabilité, dans l’intérêt de la relation Inde-Chine et d’autres contextes, de trouver une solution au problème du Tibet, en accord avec les aspirations du peuple tibétain. »

Appelant à une issue pacifique à la question du Tibet , l’ambassadeur a invité les dirigeants chinois à résoudre le problème du Tibet, qui n’a que trop duré, par une attitude responsable en faveur d’un dialogue pacifique.

« Le peuple tibétain veut un règlement par des négociations pacifiques basées sur la non-violence. Cette culture est tellement riche qu’il faut la protéger. Il y a également les problèmes liés à l’environnement. Si l’écosystème tibétain est détraqué cela peut avoir de graves répercussions. Ils doivent mener un dialogue pacifique et résoudre cette question de manière responsable et non-violente. »

Revenant sur les faits récents concernant la relation indo-chinoise, l’ambassadeur a déclaré: « Notre relation avec la Chine prend une dimension exacerbée. La Chine a commencé à s’opposer ouvertement à l’Inde dans trois domaines: ses « soi-disant revendications sur l’Inde »; le corridor économique Chine-Pakistan; l’opposition de la Chine à reconnaître Masood Azhar, le chef de Jaish-e-Muhammad, comme terroriste et son veto à l’adhésion de l’Inde au Groupe des fournisseurs nucléaires (NSG). »

Kanwal Sibal est un diplomate, à la carrière remarquable, qui fut Ministre des Affaires étrangères du gouvernement indien. Sa visite à Dharamshala s’est faite avec le concours du Parlement tibétain en exil. L’ambassadeur, accompagné de sa femme Elisabeth Sibal et de soeur Asha Nanda, s’est rendu au Parlement tibétain la semaine dernière pour assister aux délibérations lors de ses sessions.

(Photo en tête d’article : l’ancien Ministre des Affaires étrangères indien et ambassadeur, Kanwal Sibal, s’entretenant avec des membres du Parlement tibétain en exil et des officiels du Gouvernement central tibétain, dont le vice-président du parlement tibétain, Acharya Yeshi Phuntsok (à droite), et le directeur de l’Institut politique du Tibet, Thubten Samphel (à gauche), et du chefdu DIIR (Département de l’information et des Relations internationales du Tibet) Lhakpa Tsering Hall.

Traduction France Tibet