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23/01/19 | 14 h 07 min par Tenzin Saldon

SERTA ( TIBET) : Choekyi, moine tibétain du monastère de Phugu, libéré de la prison chinoise en raison de son état de santé critique.

Dharamshala : Choekyi, un moine tibétain du monastère de Phugu, Serta (Ch: Seda) de la province du Sichuan, arrêté en 2015 pour avoir célébré le 80éme anniversaire de Sa Sainteté le Dalaï Lama, a été relâché en raison de son état de santé critique, selon nos informations.

Choekyi a été arrêté par les autorités chinoises de la sécurité le 19 juin 2015 alors qu’il effectuait des achats avec son père portant un t-shirt portant un message en tibétain « kue-gya-ton-su », traduit approximativement par « Célébrer (Sa Sainteté le Dalaï Lama) Quatre-vingtième anniversaire ”. Inculpé d’incitation à des «activités séparatistes», il a d’abord été incarcéré dans le comté de Kangding, dans la préfecture de Kardze (Ch: Ganzi), avant d’être transféré à la prison de Mianyang, dans le Sichuan, pour y purger une peine de quatre ans.

Avant sa détention, Choekyi souffrait d’une maladie du rein et de problèmes de santé. La torture en détention et le dur travail en prison ont aggravé son état. De nombreux appels internationaux ont été lancés en faveur de sa libération immédiate et de ses soins médicaux.

Le 18 janvier 2018, le Parlement européen avait adopté une résolution appelant notamment les autorités chinoises à la libération immédiate et sans condition de M. Choekyi. Il a exhorté le gouvernement chinois à autoriser ses proches et les avocats de son choix à lui rendre visite, et en particulier à lui fournir des soins médicaux adéquats.  »

Selon nos sources, Choekyi s’est rendu aux environs de 21 heures, heure locale à son domicile le 18 janvier 2019, dans le village de Shosang, dans le canton de Nyitod, du Comté de Serta. Les autorités chinoises ont menacé sa famille de conséquences graves si elles informaient des personnes autres que sa famille immédiate de sa libération, afin d’empêcher tout type de rassemblement public. Seuls  les membres de sa famille ont été autorisés à venir le chercher par  les autorités  et  interdit aux autres Tibétains de le recevoir à sa sortie de prison.

«Depuis son arrivée, sa maison est sous surveillance constante. On y remarque plusieurs agents de sécurité munis de des caméras photographiant les personnes qui lui rendent visite », a rapporté notre source.

La Chine a souvent dénoncé le  «séparatisme» de Sa Sainteté le Dalaï-Lama et posséder de sa photo est considéré comme un crime ; il est encore encore moins possible de célébrer son anniversaire. Dans son récent Rapport mondial 2019, Human Rights Watch a noté que les autorités chinoises avaient encouragé les «citoyens à dénoncer les membres de leurs communautés au moindre soupçon de sympathie pour le Dalaï Lama en exil ou d’opposition au gouvernement» dans le cadre de  Campagne conduite à l’ échelon national pour la lutte contre le crime.

image : Choekyi, un moine tibétain du monastère de Phugu, Serta, province du Sichuan, a été libéré de la prison chinoise en raison de son état de santé critique. Photo / VOT

– Déposée par le bureau des Nations Unies, de l’UE et des droits de l’homme, DIIR, CTA