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20/01/17 | 13 h 47 min

DHARAMSALA : Sikyong Lobsang Sangay condamne le recours aux interdictions de voyager exercé contre les Tibétains du Tibet

Le Sikyong Lobsang Sangay en compagnie du ministre de la santé Choekyong Wangchuk, vice-président du comité d’organisation du Kalachakra, lors de la conférence de presse tenue le 8 janvier 2017, à l’occasion du 34ème Kalachakra à Bodh Gaya. Photo: TPI/Choneyi Sangpo

 

 

Retour sur la condamnation du Premier Ministre tibétain durant le dernier Kalachakra.

Dharamshala — L’Administration Centrale Tibétaine condamne fermement l’interdiction faite à des milliers de pèlerins tibétains de prendre part aux 13 leçons quotidiennes du Kalachakra qui se sont déroulées à Bodh Gaya, l’un des quatre hauts lieux du bouddhisme dans le monde.

“ La situation de la liberté religieuse au Tibet est critique, ″ a déclaré le Premier Ministre Dr Lobsang Sangay lors d’une conférence de presse à Bodh Gaya, après que le gouvernement chinois ait rejeté les accusations d’interdire à des milliers de Tibétains d’assister aux enseignements du Kalachakra délivrés par le Dalaï Lama. Sikyong a par ailleurs critiqué l’interdiction faite aux pélerins tibétains de se rendre en Inde.

“Des milliers de pélerins sont venus du Tibet pour tout simplement prendre part à un évènement religieux. Ils ont acquis l’autorisation légale de s’y rendre. Les menaces et les pressions du gouvernement chinois pour contraindre les pélerins à repartir sur le champ sont tout simplement inacceptables. Cela constitue une violation évidente du respect des droits de l’homme à l’échelon international ″ a affirmé Sikyong.

Le gouvernement chinois a imposé des restrictions rigoureuses de voyager aux Tibétains du Tibet afin de les empêcher de se rendre en Inde à BodhGaya pour la 34ème Initiation du Kalachakra – une cérémonie bouddhiste majeure, conduite par le chef spirituel tibétain le plus révéré, Sa Sainteté le Dalaï Lama.

Des milliers de pélerins, qui étaient déjà arrivés au Népal se sont vus rappelés au Tibet sous la menace de graves représailles. Xu Zhitao, directeur adjoint du Bureau des Affaires Tibétaines auprès du Département du Front Uni du Travail du Comité Central du Parti Communiste Chinois, a réfuté les allégations selon lesquelles des pressions auraient été exercées à l’encontre des pélerins tibétains afin qu’ils ne rendent pas au Kalachakra ; il a qualifié les enseignements d’ “ instruments de propagande politiques ″.

Le leader politique tibétain a affirmé que cette réfutation est fausse. “J’en ai personnellement rencontré des centaines. Après bien des années de dur labeur, ils ont réussi à se rendre en Inde et au Népal dans le but de simplement visiter les lieux de l’éveil du Bouddha et de rechercher sa bénédiction spirituelle.″

« Des milliers d’entre eux sont maintenant repartis en hâte vers le Tibet parce que les autorités ont menacé de supprimer les subventions et les emplois des membres de leur famille, et de représailles plus graves encore s’ils ne regagnaient pas le Tibet entre le 1er et le 15 janvier.″

S’élevant contre les mesures discriminatoires à l’encontre des Tibétains du Tibet qui font une demande de passeport, il a déclaré : “On peut affirmer catégoriquement que pour 90% des Tibétains du Tibet il est impossible d’obtenir un passeport alors que la majorité des Chinois en obtiennent un et sont en mesure de voyager dans le monde entier.″ Si les Tibétains sont les  “ maîtres de leurs régions″, ainsi qu’il l’est expliqué dans le Livre Blanc Chinois sur le Tibet, ils devraient être libres de voyager où bon leur semble″, a recommandé Sikyong.

Tout en déplorant ces avancées malencontreuses, Sikyong a remarqué que les enseignements spirituels du Kalachakra ne sauraient être restreints par des frontières géographiques et que ses bénédictions devraient s’étendre aussi bien aux Tibétains vivant au Tibet qu’à ceux du monde entier. A maintes reprises, Sa Sainteté le Dalaï Lama a rassuré les Tibétains ayant dû repartir au milieu du pèlerinage en raison des pressions chinoises, les exhortant à ne pas céder au découragement et à prier durant les jours de la principale initiation afin d’accueillir dans leur esprit le pouvoir du Kalachakra.

L’interdiction faite aux Tibétains du Tibet d’assister à l’évènement “soulève de graves questions quant aux allégations chinoises d’autoriser la liberté religieuse, ″ a déclaré Karma Gelek Yuthok, président du comité d’organisation du Kalachakra, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue très tôt dimanche matin. “Les menaces chinoises à l’encontre des Tibétains se rendant au Kalachakra sont inadmissibles, ″ a ajouté Sikyong.

Commentant l’initiation propice et douce des enseignements du Kalachakra dans la ville sainte de Bodh Gaya, Sikyong a exprimé sa profonde gratitude envers le peuple et le gouvernement de Bihar pour leur aimable hospitalité et leur contribution à la réussite de  l’évènement. Le leader politique tibétain a également adressé ses chaleureux remerciements au Ministre en Chef Shri Nitish Kumar, au DM Shri Kumar Ravi, au SSP Garima Malik.

Pourtant, des milliers de pélerins venus du Tibet, principalement des provinces du Kham et de l’Amdo, dans l’espoir d’assister aux évènements ont été contraints de rentrer chez eux, alors que d’autres étaient empêchés de quitter le Tibet. La 34ème initiation du Kalachakra est en cours à Bodh Gaya  en présence de Sa Sainteté le Dalaï Lama qui préside les rituels religieux. Plus de 100 000 pèlerins de 85 pays sont présents. Les organisateurs annoncent d’autres afflux de pèlerins.

“En aucun cas le gouvernement ne les a menacés de repartir, bien qu’il ne les encourage pas à assister au rituel″ et le rituel, organisé par le “gouvernement tibétain en exil relève à coup sûr de la politique″ a rapporté un médium gouvernemental chinois, le Global Time, citant Zhu Weiqun, bien connu pour ses prises de position très dures vis à l’égard du Tibet.

Depuis 1949, le Tibet est occupé par la Chine communiste. Depuis lors, sous la dictature de Mao, plus de 1,2 million sur 6 millions de Tibétains ont été tués, au cours de ce que les historiens considèrent comme un génocide, et plus de 60 000 instituts éducatifs et monastères ont été systématiquement détruits – les actes de meurtre, de viol et d’emprisonnement arbitraire, la torture, et des traitements cruels, inhumains et dégradants ont été infligés aux Tibétains du Tibet, ce que la Chine  appelle une “libération pacifique″ ?

Traduction France Tibet