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12/01/20 | 20 h 51 min

Succession du Dalaï-Lama

Succession du Dalaï-Lama

15e législature

Question écrite n° 13697 de M. Michel Raison (Haute-Saône – Les Républicains)

publiée dans le JO Sénat du 09/01/2020 – page 101

M. Michel Raison interroge M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur les conditions de désignation du prochain Dalaï-Lama.

Le respect de la coutume tibétaine de désignation du Dalaï-Lama impose que les Tibétains choisissent leur chef religieux sans ingérence étrangère.

Le 19 mars 2019, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères a pourtant déclaré que « la réincarnation des Buddhas vivants, y compris le Dalaï-Lama, doit respecter le droit chinois ». En août 2019, le parti communiste chinois organisait pour sa part une séance de formation durant laquelle une centaine de moines tibétains ont étudié la « gestion du système de la réincarnation » par le gouvernement, ainsi que la version de l’histoire de la réincarnation et les rituels tels qu’approuvés par le parti communiste.

Ces deux évènements semblent témoigner de la potentielle détermination des autorités chinoises à empêcher le Dalaï-Lama de jouer un rôle dans sa propre succession, alors même qu’il a, en 2011, renoncé à tout pouvoir politique.

Aussi, afin de contrer ces éventuelles tentatives d’immixtion de la Chine dans la succession du Dalaï-Lama, un projet de loi – le « Tibetan Policy and Support Act of 2019 » – a été présenté au Congrès des États-Unis en septembre 2019, qui, s’il est adopté, rendra officielle la politique américaine selon laquelle la nomination d’un futur dalaï-lama et d’autres dirigeants bouddhistes tibétains ne peut être décidée que par la communauté religieuse tibétaine, et imposera également des sanctions à tous les fonctionnaires chinois qui tentent d’interférer dans ce processus.

En ce sens également, le ministre néerlandais des affaires étrangères a adressé une communication officielle détaillant la politique de son Gouvernement sur le Tibet, selon laquelle « il appartient à la communauté religieuse tibétaine elle-même de nommer un futur successeur du Dalaï-Lama ».

C’est pourquoi il le remercie de lui indiquer la position du Gouvernement français sur les risques qui pèsent sur cette succession, et de lui préciser les éventuelles démarches qu’il entend prendre pour empêcher toute ingérence étrangère.

 

En attente de réponse du Ministère de l’Europe et des affaires étrangères