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20/01/17 | 21 h 22 min

SUISSE et Xi : Mais il manquait le CV de Xi … alors que tout signe subversif était supprimé le long du parcours du président Xi Jinping.

doc lausanne

La PCi a dû traquer les drapeaux antichinois

Entre les différents policiers et les membres de la Protection civile (PCi), ils ont été près de 2000 hommes et femmes à braver le froid pendant deux jours pour assurer la sécurité du président chinois. Assurer sa sécurité, mais aussi préserver son regard de tout message susceptible de froisser sa sensibilité. L’ensemble du personnel s’est vu distribuer un document, classé «Confidentiel», listant les symboles pouvant fâcher Pékin.

Lausanne : Sur ordre de la Confédération, tout signe subversif a été supprimé le long du parcours du président Xi Jinping.

La cause tibétaine en sourdine

Le document recense sans surprise toute image relative à la cause tibétaine: dalaï-lama, drapeaux de prières et celui du Tibet sont des signes communs d’opposition à la Chine. Pour le reste, le document contient aussi des sigles moins connus du public occidental, tels que celui de l’Organisation de libération du Turkestan oriental et celui de son mouvement islamique. La cause des Ouïgours, la secte Falun Gong ou le Mouvement démocratique chinois (opposé à l’hégémonie du Parti communiste) sont de la partie. Si les tensions entre Taïwan et Pékin semblent s’adoucir, tout drapeau relatif à cette île était également proscrit, tout comme ceux des pays en conflit avec la Chine sur des questions territoriales. Parmi eux, le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei.

 On a pour habitude de voir la Protection civile à l’œuvre le long des routes ou lors de situations d’urgence. Ce qu’on sait moins, c’est qu’elle peut aussi faire de l’observation et était, dans ce cas, chargée de dénoncer tout affichage subversif. «Nous n’avions pas à dénoncer mais à annoncer les symboles proscrits. C’est une mission de surveillance qui n’est pas courante pour la PCi mais que nous avons déjà dû accomplir», indique Louis-Henri Delarageaz, commandant de la PCi. Il cite l’exemple de l’accident de train de Daillens, en 2015, où ses troupes devaient s’assurer que personne n’entre dans un périmètre rendu dangereux par les produits chimiques.

«C’est dans cette zone que le Conseil fédéral a décidé de limiter temporairement les libertés individuelles»

Reste que, pour la visite de Xi Jinping, la mission de surveillance confiée à la PCi peut surprendre. Pour son commandant, elle est normale. «Comme l’armée, la PCi intervient dans le cadre de l’obligation légale de servir et c’est dans ce cadre que nous intervenons», dit Louis-Henri Delarageaz.

Ainsi, comme les policiers, les PCistes ont dû faire fi de leurs convictions, le temps de cette mission. «Cela répondait à une demande très précise de la Confédération», souligne Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police cantonale. Une distance de 100 mètres autour des lieux où se trouvait le président chinois formait une zone de sécurité maximale. «C’est dans cette zone que le Conseil fédéral a décidé de limiter temporairement les libertés individuelles», rappelle-t-il.

Pas de manifestation, ni d’affichage, donc. La police ne compte que «très peu d’interventions». Un groupe de policiers était chargé de discuter avec les particuliers. «Cela concernait surtout des drapeaux tibétains, dit Jean-Christophe Sauterel. Nous leur avons expliqué la situation et ils ont accepté de les retirer.» Il précise qu’aucun cas n’a nécessité l’usage de la contrainte.

(Créé: 19.01.2017, 19h04)

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Le document, classé confidentiel, a été distribué à tous les policiers et membres de la Protection civile.

Image: DR