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29/01/18 | 16 h 37 min par France Tibet

Tension frontalière sino-indienne : de nouvelles images satellite nous montrent l’escalade militaire au Doklam

le HQ-9, lanceur de missiles chinois

C’est une zone de frontières floues et de requêtes territoriales chinoises. Alors que les tensions avaient cessé en août 2017 sur le plateau du Doklam, le long de la ligne de contrôle réelle, depuis le face à face militaire, les deux camps continuent d’asseoir leurs forces en présence sur ce terrain inhospitalier.

Le plateau, qui se place sur la tri-jonction de la Chine, du Bhoutan et de l’état indien du Sikkim. L’Inde soutient la revendication de frontière du Bhoutan.

Stratfor, entreprise de renseignements géo-politiques états-uniennes, publie des clichés satellite se concentrant sur le soutien aérien de l’escalade militaire. L’analyse de Stratfor montre quatre bases aériennes sensibles à portée du plateau du Doklam, deux chinoises et deux indiennes (images visibles sur le site de Stratfor, en attendant le droit de diffusion).

Les lignes de contrôles réelles, frontière sino-indiennes

« Les images confirment que la Chine et l’Inde poursuivent une augmentation de leur présence stratégique qui n’a fait que s’accélérer après les accords du 27 août. »

Les bases aériennes de Siliguri Bagdogra et de Hasimara montrent comment l’Inde a réagi pour renforcer sa puissance aérienne à proximité du Doklam.

Auparavant, Siliguri Bagdogra hébergeait une unité d’hélicoptères et la base d’Hasimara des MiG-27ML , avions offensifs retirés fin 2017, dans un processus de renouvellement des équipements.

Depuis la crise du Doklam durant l’été 2017, l’Inde a largement augmenté son déploiement d’avions Su-30MKI dans ces bases comme il peut-être vu sur les images.

Le Su-30MKI est un avion à réaction qui sera bientôt capable de frapper des cibles au sol avec un missile de croisière surpersonique BrahMos.

Un déploiement encore plus important

Dans le camp chinois, Stratfor remarque « sur ses clichés un niveau encore plus grands d’activités sur les bases aériennes chinoises de Shigatse et de Lhassa. »

« Cette expansion peut indiquer une encore plus grande escalade militaire de la Chine, » mais Stratfor note « que cela pourrait aussi refléter une plus grande modernité de ces bases. Plus encore, à l’opposé de l’Inde, la Chine manque de bases aériennes qui pourraient servir de soutien à ses forces sur la ligne de contrôle réelle du Doklam. » Toutefois, Shigatse est face à la frontière avec le Sikkim, et il faut prendre en compte la construction de route de la Chine, le long de toutes ses frontières avec l’Inde, du Cachemire, au Sikkim, en passant par l’ Arunachal Pradesh.

Les clichés des deux bases aériennes montrent une présence significative d’avions de combat -avec un pic en octobre d’après Stratfor – et une augmentation notable d’hélicoptères, ainsi que des déploiements de KJ-500, avions avec système de détection avancée et contrôle, des équipements de lancement de missiles longue portée air-sol du HQ-9 et les drones Soar Dragon dans l’aéroport Paix de Shigatse.

La Chine a fait d’importantes mises à jour de son aéroport de Shigatse après la fin de la crise de 2017. Une nouvelle piste d’atterrissage a été construite à la mi-décembre ainsi que l’amélioration des infrastructures.

L’Inde et la Chine ont une longue histoire de tensions frontalières. La Chine avait battu l’Inde en 1962. Il y a avait eu des escarmouches en 1967 et de longs face à face en 1986 et 1987.

Il est clair que la question des frontières floues est cause immédiate des tensions actuelles, selon la BBC.

Mais d’autres facteurs rentrent aussi en jeu, dont l’influence du nationalisme en tant que force mobilisatrice dans les deux pays et une vaste compétition stratégique entre l’Inde et la Chine alors qu’elles modernisent et renforcent leurs armées. Le nationalisme chinois est toutefois au pouvoir, tandis que le nationalisme indien BJP est dans l’opposition bien qu’il soit en ascension.

Ajoutons que la Chine maintient aussi une pression militaire sur ses deux autres frontières avec l’Inde, que la Chine a fait du Népal son allié en sponsorisant le parti maoïste au pouvoir et en investissant dans le pays. De la même manière la Chine est très proche de la Birmanie, à l’est de l’Inde, et du Pakistan, à l’Ouest. L’Inde voit ainsi d’un mauvais œil le projet de route de la soie qui donne de nouvelles infrastructures portuaires asseyant un peu plus l’étreinte chinoise.

L’analyse de Stratfor se conclut ainsi : « Il est seulement question de temps avant qu’un nouvel accrochage fasse surface sur la ligne de contrôle réelle, et comme l’augmentation des activités [militaires] le montre, chaque camp aura plus capacités pour faire pression » dans une toute autre crise entre les deux Nations.
Cet article complète l’article sur les avancées chinoises dans le Doklam :

http://www.tibet.fr/actualites/de-nouveaux-ennuis-linde-chine-continue-doccuper-militairement-nord-doklam/

Traduction France Tibet