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21/03/19 | 14 h 28 min par colonel à la retraite Vinayak / traduction France Tibet

Tibet : trois camps de rééducation en construction

Image credit: Col. Vinayak Bhat (retd.)

La Chine affirme ne pas avoir de camps de rééducation, mais des images satellites en montrent 3 nouveaux au #Tibet

ThePrint a identifié, en construction au Tibet, au moins trois centres de rééducation ou «goulags», comme les appelaient les soviétiques.

Le ministère chinois des Affaires Etrangères affirme avec véhémence que le «système de rééducation par le travail» a été aboli et que les programmes d’enseignement et de formation professionnelle au Tibet et au Xinjiang «ne pourraient pas être plus différents du soi-disant travail forcé» comme rapporté par une partie des média occidentaux.

Image credit: Col. Vinayak Bhat (retd.)

Toutefois les affirmations de Pékin se trouvent contredites par des images satellite obtenues en exclusivité par ThePrint.

Les images montrent au moins trois centres de rééducation en construction dans la région autonome du Tibet.

En août dernier, ThePrint avait signalé l’existence de tels camps de grande taille dans la province occidentale du Xinjiang. Les Nations Unies et la Commission exécutive du Congrès américain sur la Chine ont également relevé l’existence de ces camps.

Aujourd’hui, le Tibet est soumis à un contrôle similaire sur la religion, la langue et la culture et la «sinisation» et la «hanisation» des cultures non chinoises par les Han sont quasiment abouties au Tibet selon les activistes tibétains.

Image credit: Col. Vinayak Bhat (retd.)

Selon ces militants, l’asservissement religieux des Tibétains se déroule depuis l’occupation chinoise de la région en 1958. Près de 6 254 monastères pourraient avoir été rasés jusqu’au milieu des années 1980.

On dit aujourd’hui que tous les monastères tibétains sont sinisés. Il est dit que la langue chinoise est imposée dans les écoles et les collèges tandis que le pouvoir dissuade d’utiliser la langue tibétaine.

Les monastères sont en train d’être reconstruits ou rénovés selon l’architecture chinoise. Les nouveaux monastères sont généralement loin des villes, apparemment pour éviter tout contact avec la population.

L’un de ces monastères est situé dans la préfecture de Kardze, dans la région du Kham au Tibet, dans une zone sismique. Il a ainsi été endommagé par un séisme en 2012.

Image credit: Col. Vinayak Bhat (retd.)

On pense que la zone a été choisie pour construire un monastère hautement sécurisé comprenant un mur d’enceinte de plus de 5 m de large, des bâtiments modernes d’influence architecturale chinoise  et un périmètre extérieur encerclé de doubles et de simples clôtures.

D’autres monastères récemment construits montrent également l’influence évidente de l’architecture chinoise moderne qui aiderait à surveiller toutes les activités de ces lieux de culte.

On suspecte ces monastères de servir de centres de rééducation pour les moines tibétains rebelles au totalitarisme du Parti communiste chinois.

Image credit: Col. Vinayak Bhat (retd.)

Des images satellite récemment mises à jour ont également révélé que les autorités chinoises sont en train de créer de gigantesques bâtiments dans la région autonome du Tibet. Ce sont des écoles d ‘«éradication extrémiste» ou des écoles de «rééducation».

Celles-ci seraient utilisés comme centres de détention pour l’endoctrinement politique. En journée ou en horaires postés, les détenus seraient également victimes de travail forcé dans des usines et des projets du gouvernement. Au moins trois de ces installations peuvent être identifiées à l’aide de l’imagerie satellite, mais toutes sont encore en construction.

Image credit: Col. Vinayak Bhat (retd.)

Les trois «goulags» ont de hautes enceintes bétonnées, le mur d’enceinte intérieure étant plus haut que le mur extérieur. Des tours de garde sont en place aux quatre coins du mur d’enceinte intérieur.

Les centres d’endoctrinement sont situés entre les murs d’enceinte intérieurs et extérieurs. Ils sont flanqués de bâtiments administratifs et d’autres blocs auxiliaires.