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09/05/16 | 13 h 36 min

Tibet Watch publie un rapport sur le rôle des monastères au sein du mouvement résistant tibétain

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Dharamshala, le 2 mai : Une agence tibétaine de surveillance des droits humains, basée à Londres,  publie un rapport  » Monastères rebelles du Tibet « *, donnant un aperçu du rôle de la communauté monastique tibétaine dans la résistance du Tibet sous occupation chinoise.

Tibet Watch, une ONG qui surveille les défenseurs et effectue des recherches sur les droits de l’homme au Tibet, a déclaré que la Chine a adopté différentes approches en imposant des « équipes de travail », des caméras de surveillance dans les cours des monastères, des postes de police spécialisés, des inspections fréquentes et de nombreux règlements arbitraires.

Le rapport explique comment la religion a été systématiquement attaqué pendant la Révolution culturelle, où la pratique religieuse privée est devenue illégale. « Le bouddhisme au Tibet est une partie intégrante du tissu social. Les attaques et les restrictions sur le bouddhisme au Tibet sont, par conséquent, des attaques contre le peuple tibétain, la culture et le mode de vie », indique le rapport.

Il documente aussi le plus grand soulèvement depuis 1959 : 21 moines de Drepung ont pris les rues de Lhassa en septembre 1987, ce qui a déclenché une vague de protestation à la fin des années 1980. Ces protestations ont conduit à l’incarcération de milliers de Tibétains, alors que les manifestations se propagent à travers la ville. La loi martiale a été déclarée dans la capitale tibétaine en 1989.

La situation s’est encore intensifiée avec l’arrestation du 11ème Panchen Lama Gedhun Choekyi Nyima, âgé de 6 ans lorsqu’il est reconnu par le Dalaï Lama, leader tibétain en exil, comme la réincarnation du 10ème Panchen Lama en mai 1995.

« Tout au long de l’année 1996, plusieurs arrestations ont suivi ces manifestations. Des moines appartenant aux monastères de Shigatse étaient opposés à l’intrusion du gouvernement chinois dans les affaires religieuses. Par conséquent, de nombreux moines ont été forcées de quitter leurs monastères », a déclaré l’agence de défense.

Après la disparition forcée de Panchen Lama, de nouvelles règles strictes ont été imposées aux monastères, y compris la limitation du nombre de moines et de nonnes qui pourraient être inscrits à chaque institution.

L’introduction d’un programme de « rééducation patriotique », a forcé les moines à dénoncer le Dalaï Lama.

« Plus récemment, lors du soulèvement de 2008, les moines qui ont conduit à nouveau les manifestations, ont subi le choc de la répression qui a suivi. Il est donc possible de voir une corrélation entre les institutions religieuses et la résistance politique tibétaine ». Le rapport souligne l’importance du rôle des monastères dans la résistance numérique du Tibet, compte tenu de son solide réseau de contacts assurant la transmission des nouvelles de l’intérieur du Tibet.

Le rapport mentionne également la plus récente intrusion de la Chine dans la religion tibétaine en publiant une base de données en ligne des Rinpochés l’officiel , où tous les lamas réincarnés et approuvés par le Gouvernement central sont  listés.

« Selon le Gouvernement chinois, ceux qui ne font pas partie de cette liste ne sont pas reconnus comme authentiques. Le Dalaï Lama, chef de la plus grande école de bouddhisme tibétain ne figure pas dans cette base de données », affirme le rapport.

Le rapport entier est à lire ici 

*titre original : Tibet’s “Intolerable” Monasteries: The role of monasteries in Tibetan resistance since 1950

Traduction Laetitia Fromenteau pour France Tibet